Parcours St luc, 5ème fiche :

Les paraboles de la miséricorde (Lc 15).
I - POUR LIRE
1- La liberté de Jésus.
Nous sommes au cœur de l’évangile selon saint Luc. Jésus monte à Jérusalem. En cours de route il donne ses enseignements tantôt aux disciples, tantôt à la foule. Cette marche est sous le signe de la croix, où se révèlera la fidélité à la mission reçue de son Père : manifester la bonté de Dieu sans limites envers tous. C’est bien ce qu’il fait déjà au cours de son ministère itinérant. Il n’hésite pas à entrer en contact avec les parias de la société religieuse de son temps. Parmi ceux-là, en plus des femmes de mauvaise vie ou des prostituées, il faut compter « les publicains et les pécheurs ». Les « publicains » sont les collecteurs de taxes au service du fisc romain ; ils sont mal vus par les juifs religieux, à cause de leurs exactions, mais aussi à cause de l’impureté qu’ils contractent au point de vue de la loi juive par ce contact quotidien avec les païens. Ils sont nécessairement « pécheurs », impurs, indignes d’appartenir au peuple saint de Dieu. La liberté de contact de Jésus indispose les tenants les plus sourcilleux de la pratique des lois de pureté : les Pharisiens et les scribes, c’est-à-dire les maîtres qui interprètent la Loi. Déjà Luc a reproduit une scène de conflit de ce genre lorsque Jésus, à Capharnaüm, avait appelé un collecteur de taxes, Lévi, à le suivre, c’est-à-dire à faire partie de ses disciples, et Lévi avait alors donné un grand banquet, où se trouvait invitée autour de Jésus une grande foule de ses semblables (Lc 5, 27-32). Comme les scribes et Pharisiens grognaient, Jésus s’était justifié par un mot à l’emporte-pièce : « Ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Ce ne sont pas des justes (ou soi-disant tels), mais des pécheurs, que je suis venu appeler à un changement radical » (5, 31-32).
2 – La brebis perdue, la drachme perdue.
Maintenant, au chapitre 15, nous sommes dans une situation semblable. Luc généralise : « Tous les publicains et les pécheurs s’approchaient de lui pour l’entendre. Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : « Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux » (15, 1-2). Partager le repas est un signe de communion. En l’acceptant, Jésus brouille les signes d’appartenance au peuple saint. C’est pour répondre à ces critiques que Jésus prononce ce qu’il est convenu d’appeler les paraboles de la miséricorde. Il y a d’abord un couple de petites paraboles, avec comme personnages un homme, puis une femme ; un riche berger de 100 brebis ; une pauvresse qui balaie toute la maison pour récupérer une pièce de monnaie (une drachme est le salaire d’une journée d’un ouvrier agricole), elle n’en a que dix, il lui faut absolument la retrouver. Dans ces deux cas, la parabole met en valeur l’intensité de la recherche : pour des raisons différentes, ce qui a été perdu (la brebis ou la drachme) tient à cœur à cet homme ou à cette femme. Pas étonnant alors que l’un et l’autre invitent les amis et voisins à partager leur joie, tellement elle est grande : Je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue ! – « Je l‘ai retrouvée la drachme que j’avais perdue ». Cette joie, dit Jésus, est la même chez Dieu, quand un seul pécheur se repent, et là aussi elle est partagée par le ciel tout entier. Elle est communicative. Déjà pointe une critique contre ces prétendus « justes » qui grognent au lieu de se réjouir avec Dieu, avec Jésus, quand est retrouvé un seul pécheur qui était perdu.
3 – La parabole du fils perdu.
C’est alors que Jésus prononce une parabole beaucoup plus développée, universellement connue sous le nom de « parabole de l’enfant prodigue ». Mais il vaudrait mieux l’appeler la parabole du père de l’enfant prodigue. Vous serez invités à comprendre pourquoi en faisant attention aux personnages de la parabole, à la relation qu’ils entretiennent entre eux, à la place centrale du père. Son lien avec les deux paraboles précédentes est assuré par le même refrain final d’appel à partager la joie, et cela pour le même motif : « (mon fils) était perdu et il est retrouvé » (23.32). Mais la différence tient au rebondissement de l’action : il y en a un qui ne la partage pas, le fils aîné… Le récit de la parabole se déroule alors en deux actes : Acte I : le départ et le retour du cadet (11-24) ; Acte II : le refus de l’aîné de rentrer dans la maison pour faire la fête (25-32).
II - ET MAINTENANT AU TEXTE.
Nous concentrons notre attention sur cette troisième parabole, tout en gardant la mémoire des deux précédentes.
ACTE I - LE PERE ET SON FILS CADET(11-24)
1 – Que souligne Jésus quand il décrit le départ du fils cadet et son séjour au loin ? Qu’est-ce que ce fils a perdu ? En quoi est-il perdu ?
2 –« Rentrant alors en lui-même » (v 17) : quelle place tient exactement la conscience du péché, et de quel péché ? Calcul ? sincérité ? Quelle est sa préoccupation ? Que veut-il retrouver en revenant à la maison ?
3 – La réaction du père au retour du fils cadet :
- Observer les gestes et leur sens ;
- Observer les paroles : Que dit et que ne dit pas le fils par rapport à ce qu’il avait prévu de dire ? pourquoi ? Quelle est la réponse du père et à qui s’adresse-t-il ? pourquoi ?
- Quelle image du père apparaît à travers ses gestes et ses paroles ? Qu’est-ce qui lui importe ?
ACTE II - LE PERE ET SON FILS AINE (V. 25-32)
1 – L’entrée en scène du fils aîné : sur quels contrastes et sur quels silences joue le narrateur ?
2 – Ses relations avec son père : que révèlent ses critiques sur l’idée qu’il s’en fait ?
3 – Ses relations avec son frère : en quels termes en parle-t-il ?
4 – L’attitude du père : son geste, ses paroles ? Finalement s’il y a un appel à la conversion dans cette parabole, où se trouve-t-il ?
QUESTIONS D’ENSEMBLE :
- Revenez au début du chapitre 15 (v. 1-2) et comprenez pourquoi il y a un rebondissement dans la parabole du fils prodigue par rapport aux deux paraboles précédentes (la brebis perdue, la drachme perdue).
- Reportez-vous à la réponse que Jésus faisait aux mêmes critiques en Lc 5, 31-32, et comparez avec la réponse qu’il fait dans les paraboles de la miséricorde : est-elle de même niveau ? à quel point de vue différent se place-t-il maintenant ?
III - QUELQUES CLES DE LECTURE.
1 – Faire bon accueil aux pécheurs.
Le reproche des Pharisiens et des scribes à Jésus de faire bon accueil aux pécheurs et de manger avec eux » (15,2) - est la contestation frontale de son discours-programme de Nazareth (Lc 4, 16-21) : « proclamer une année d’accueil de la part du Seigneur » (4,19). Cette expression « année d’accueil » renvoie à la fameuse année jubilaire, instaurée par Dieu, pour que soient effacées toutes les dettes et pour que chacun puisse retrouver sa liberté et sa place dans sa terre et dans sa parenté (Lv 25, 10ss). Ce qui avait à l’origine une dimension temporelle avait reçu une interprétation spirituelle de réintégration et de pardon. C’est ce grand jubilé, manifestation de la grâce de Dieu, que Jésus déclare inaugurer. Chacun peut être « accueilli » par Dieu sans égard pour son passé. Jésus met cela en pratique dans l’accueil qu’il fait aux publicains et aux pécheurs, sous la forme très concrète de la participation à des repas communs. Le cas le plus frappant est celui où Jésus s’invite chez le collecteur de taxes de Jéricho, Zachée (19, 1-10). Scandale : « il est allé loger chez un pécheur » ! » N’aurait-il pas pu trouver à se loger chez des Juifs bon teint, plus respectables ? Réponse : « Le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ».
2 – Dieu se fait du souci pour ce qui est perdu…
Cette expression revient comme un refrain dans les trois paraboles : la brebis, la drachme, le fils ont ceci de commun qu’ils sont perdus. Le sens n’est pas directement moral ou religieux : la brebis s’est égarée, la drachme n’a rien fait pour se perdre. On ne peut pas dire tout à fait la même chose pour le fils cadet : il a voulu partir de la maison et il a mené quelque temps une vie dissolue, une vie de folie. Il a une certaine conscience d’avoir offensé son père et Dieu (le Ciel) à travers lui. Mais ce qui importe dans le récit, c’est que lui aussi est pratiquement perdu : « je suis ici à périr de faim » (17). Quand son père le voit revenir, il ne dit pas : « il s’est converti », mais : « il était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé » (23.32). Sa joie est de retrouver son fils vivant, « en bonne santé », commentera le serviteur au fils aîné (28). Naturellement, le langage de la parabole se prête à une lecture spirituelle de cette mort et de cette perdition. Mais l’accent n’est pas sur l’effort de conversion (il est nécessairement nul dans la mise en scène des deux premières paraboles), mais sur le fait que ce qui est perdu manque terriblement au berger de ces cent brebis, à la pauvre femme de ces dix drachmes, et celui qui est perdu manque plus encore au père de ces deux fils. Le berger cherche jusqu’à ce qu’il ait enfin trouvé, la femme aussi. La parabole ne dit pas que le père est parti à la recherche de son fils ; non, il l’a laissé partir selon son choix. Mais il ne l’a pas oublié un instant. On le dirait sur le pas de la porte à guetter son retour. Il court au devant pour l’embrasser sans attendre sa (pseudo ?) confession. Les trois paraboles, surtout la première et la troisième, disent le souci que Dieu se fait de ses enfants perdus. Il ne les passe pas par pertes et profits. Ils lui manquent .
On peut se reporter aux textes des prophètes, qui parlent de Dieu comme d’un berger et comme d’un père. Ezéchiel en veut aux mauvais bergers qui ont laissé s’égarer les brebis humaines dans l’idolâtrie ; alors le Seigneur annonce qu’il se fera lui-même le berger des brebis et qu’il donnera ses tout premiers soins aux chétives, aux malades, aux égarées : « Je chercherai celle qui était perdue, je ramènerai celle qui est égarée, je penserai celle qui est blessée et je ferai reprendre des forces à celle qui est malade » (Ez 34, 16). Peut-être ont-elles été fautives de s’égarer, mais le prophète en impute la faute aux mauvais dirigeants, et le Berger divin n’attend pas leur conversion, s’il y a lieu, pour les prendre en charge. Ce qui le caractérise, c’est d’aller au-devant d’elles dans leur situation de perdition pour les sauver. Jérémie compare Dieu à un père qui ne peut se résoudre à laisser son fils subir le déshonneur des fautes de sa jeunesse ; il lui est impossible de l’oublier « : Plus je parle de lui, plus son souvenir est vivace en moi ; c’est pourquoi mes entrailles frémissent pour lui. Oui, pour l’aimer je l’aime, déclaration du Seigneur » (Jr 31, 20). Ne croirait-on pas entendre déjà le père de la parabole ?
Jésus communie pleinement à ce souci de Dieu : le Fils de l’Homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Il se sait envoyé en priorité aux brebis perdues de la maison d’Israël. De Zachée le publicain il dira : « Lui aussi est un fils d’Abraham » (Lc 19, 9-10).
3 –Se convertir à l’étonnante paternité de Dieu...
Nous sommes portés à juger sévèrement le fils aîné, qui semble n’avoir avec son père que des rapports de droits et de devoirs. On se demande où est l’amour. Et l’on est tenté de reporter cette attitude sur ces pharisiens qui ne pratiqueraient la Loi que pour le salaire de leurs bonnes œuvres. « Voilà tant d’années que je te sers »… En toute religion, les meilleurs peuvent toujours céder à de telles déformations et les pharisiens du 1er siècle savaient dénoncer eux-mêmes de tels défauts parmi les membres de leur confrérie. Mais la mise en scène de la parabole ne se donne pas pour premier objectif de critiquer une possible déformation des bien-pensants et des bons pratiquants. Car le fils cadet lui aussi pense en termes de rétribution : certes il ne peut plus dire qu’il mérite quelque chose, mais il va encore se situer devant son père en termes de droit : « je ne mérite plus d’être appelé ton fils »… comme si cela se méritait.
La révélation de la parabole est que Dieu est père de manière absolument inattendue, au-delà de tout mérite ou démérite. Son accueil apparaît d’autant plus gratuit qu’il y a encore un zeste de calcul dans la confession que le cadet a prémédité de dire quand il le rencontrerait. Mais le père ne lui laisse même pas le temps d’exprimer sa requête de trouver une place de salarié sur la propriété ; aussitôt il le réhabilite dans sa dignité de fils signifiée par les vêtements : la plus belle robe (pensons à Joseph, le fils chéri de Jacob, Gen 37, 3-4), l’anneau, signe d’autorité (cf. Gen 41, 42), les sandales, tenue de l’homme libre par opposition à celle de l’esclave (TOB). Quant au fils aîné, il est appelé à découvrir lui aussi que son père est vraiment un père et non pas un patron
Car pour ce fils aussi, le Père a de la tendresse et de l’amour. Il se porte à sa rencontre, il lui dit « mon enfant ! », il essaie de le convaincre, il lui fait dépasser sa rancœur en lui montrant qu’il veut réaliser une totale communion : « tout ce qui est à moi est à toi ». C’est un père qui est toujours sur le pas de sa porte, en position d’accueil, en projet de convaincre tantôt l’un tantôt l’autre qu’il les attend. Le retour de l’un ne peut pas se faire au prix de l’absence de l’autre. La conversion est ici de se convertir à la paternité de Dieu envers tous ses fils, les perdus comme les autres ; c’est donc se convertir aussi à la fraternité. Sur le moment l’aîné dit à son père : « ton fils que voici » ; pourra-t-il aller jusqu’à dire à nouveau, comme avant, plus qu’avant : « mon frère » ? La conversion que cette parabole veut provoquer est d’abord celle du fils aîné, mais le cadet aussi qui ne dit plus rien, mais qui se trouve comme englouti dans un débordement de tendresse qu’il n’aurait jamais soupçonné.
4 –Jésus, Dieu et les pécheurs.
Jésus s’abrite derrière le comportement du père de la parabole qui représente Dieu. La défense est habile : puis-je être moins accueillant que Dieu ? Il va aussi plus loin que dans la réponse à l’emporte-pièce de 5, 31-32 : le médecin est pour les malades. Ici il ne s’agit plus seulement de justifier la réponse à un besoin, mais aussi et surtout de révéler qui est Dieu, combien peut lui manquer le moindre de ses enfants. C’est à ce manque que Jésus communie, et cela va le conduire très loin : jusqu’à s’identifier au fils cadet. « Car je vous le dis, il faut que ce qui est écrit s’accomplisse en moi : Il a même été compté avec les sans-loi » (Lc 22, 37). Pour lui, chercher et sauver ce qui était perdu ne se fait pas sans cette identification au moins dans la réputation qui lui est faite : se compromettre avec eux jusqu’à en revêtir la livrée socio-religieuse et en subir les conséquences (la croix). A l’opposé, Jésus apparaît comme la figure inversée du fils aîné : elle lui sert à se désolidariser d’une fausse fidélité ; pour lui « être toujours avec son Père » ne l’empêche pas, mais lui insuffle la volonté de rejoindre ceux que représente le cadet. « Tout ce qui est à moi est à toi », et donc cet amour qui se porte de préférence vers ceux qui ont le plus besoin de salut. On est en pleine « théo-logie », en pleine révélation du Dieu de Jésus.
IV - QUESTIONS POUR ACTUALISER :
1 - On a souvent utilisé ce texte, que l’on croit connaître (le mérite, la morale le péché) Après cette étude, qu’est-ce que nous pouvons changer à notre manière de voir, et de croire ?
2 - « Réjouissez-vous, avec moi, car je l’ai retrouvée, la brebis… , la drachme,..
Est- ce si facile, de se réjouir de la joie de l’autre ?
Identifions nos résistances
3 - L’un et l’autre fils montrent peu d’amour pour leur père. Par contre, c’est l’amour du père pour eux, qui fonde leur fraternité.
(voir aussi Caïn et Abel « qu’as tu fait de ton frère ? »)
Comment aider les rivaux à être des frères ?
4 - Laisser son enfant, vivre libre.
Pouvons-nous raconter une expérience vécue de cet amour parental désintéressé,
qui ne s’impose pas ?
V - PISTES POUR LA PRIERE
Donner à chaque participant le texte ci après, avec l’image.
On peut lire le texte ou le chanter
Puis reprendre l’une ou l’autre phrase, à haute voix
et finir par un « Notre Père «
Qui donc est Dieu
pour nous aimer ainsi fils de la terre
Qui donc est Dieu
si démuni, si grand, si vulnérable ?
Qui donc est Dieu
pour se lier d’amour à part égale ?
Qui donc est Dieu
s’il faut pour le trouver un cœur de pauvre ?
Qui donc est Dieu
s’il vient à nos côtés prendre nos routes ?
Qui donc est Dieu
qui vient sans perdre cœur à notre table ?
Qui donc est Dieu
que nul ne peut aimer s’il n’aime l’homme
Qui donc est Dieu
Qu’on peut si fort blesser en blessant l’homme ?
Texte : les paraboles de la miséricorde,
Luc 15, 1-32 01 ( version liturgique)
Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
02. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
03. Alors Jésus leur dit cette parabole :
04. « Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
05. Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules,
06. et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : ’Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’
07. Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.
08. Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
09. Quand elle l’a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : ’Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
10. De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »
11. Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils.
12. Le plus jeune dit à son père : ’Père, donne-moi la part d’héritage qui me revient.’ Et le père fit le partage de ses biens.
13. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. _
14. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère.
15. Il alla s’embaucher chez un homme du pays qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
16. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
17. Alors il réfléchit : ’Tant d’ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
18. Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi.
19. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils. Prends-moi comme l’un de tes ouvriers.’
20. Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
21. Le fils lui dit : ’Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils...’
22. Mais le père dit à ses domestiques : ’Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds.
23. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons.
24. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.’ Et ils commencèrent la fête.
25. Le fils aîné était aux champs. A son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
26. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait.
27. Celui-ci répondit : ’C’est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a vu revenir son fils en bonne santé.’
28. Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait .
29. Mais il répliqua : ’Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
30. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
31. Le père répondit : ’Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
32. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »
Texte : Luc 15,1-32 01






