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Appel décisif des catéchumènes : homélie de Mgr Aveline

Le début du Carême, c’est un moment privilégié. C’est comme si le Seigneur venait nous voir, chacun et chacune, et qu’Il nous demandait : « Que veux-tu changer dans ta vie ?Dis-le-moi et je vais t’y aider ! Que veux-tu faire pour mieux vivre ta belle vocation d’homme ou de femme ? De quoi veux-tu te dégager, te libérer ? Quels sont les liens qui t’enchaînent ? Dis-le-moi et je t’y aiderai. De quel fardeau voudrais-tu être soulagé ? De quel souci, de quelle addiction, de quelle peur ? Dis-le-moi et je te guiderai sur le chemin de ta libération pour que tu retrouves ta belle liberté d’enfant de Dieu.

Moi, dit le Seigneur, je veux prendre du temps pour toi. Ouvre-moi la porte de ton cœur. Viens et marchons ensemble. »

Voilà, chers amis, l’invitation qui nous est adressée ce matin. Comme aux premiers matins de la Genèse, Dieu est à notre recherche : « Adam, où es-tu ? »

Le Carême, le temps béni du Carême, c’est le temps d’un rendez-vous avec Dieu. Et nous, que pouvons-nous faire pour emboîter le pas de Dieu ? D’abord, on s’arrête, on se pose, on s’assied… On met un peu d’ordre dans son sac et on se prépare à partir. Non pas partir pour fuir le réel. Mais partir pour suivre le Christ.
Le temps béni du Carême, c’est celui d’un long cheminement avec le Christ, parfois dans le silence, parfois dans le dialogue, toujours dans la prière. « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Ouvre mes yeux, Seigneur, aux merveilles de ton amour !

Et nous voilà, frères et sœurs, tout impatients de partir au désert… Non pas pour jouer les touristes en prenant des photos, mais pour nous laisser saisir par le Christ, au point d’être associés à sa vie, à ses souffrances, à son propre désert. Nous l’avons entendu, le tentateur a l’art de prêter à Dieu de mauvaises intentions, au jardin de la Genèse comme au désert des tentations. Il a l’art de s’emparer de la Parole de Dieu pour se l’accommoder. Mais Jésus ne plie pas. Il ne laisse pas le soupçon envers Dieu le détourner de son désir de faire la volonté de Dieu et Il nous apprend le remède à la tentation : faire confiance à Dieu et prier pour que « sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».

Au seuil de ce Carême, que chacun et chacune d’entre nous se prépare à partir…

Que faut-il emporter ? Rien et tout à la fois. Rien, parce que ce dont nous avons besoin nous sera donné en chemin, comme la manne pendant les quarante ans du désert de l’Exode. Tout, parce qu’il s’agit de prendre tout nous-mêmes, ce que nous sommes, le bon et le moins bon… On n’envoie pas au désert une photo de nous-mêmes, prise sous notre meilleur profil. On y va tels qu’on est. Sans vouloir faire de publicité à une célèbre chaîne de restaurants, le Carême, c’est : « Venez comme vous êtes ! » avec vos pesanteurs et vos doutes, avec vos talents et vos rêves, avec vos désirs et votre amour…

Et nous avons quarante jours (moins quatre) devant nous !

Quarante jours pour laisser la grâce toucher notre désir, le purifier, l’éprouver, l’orienter, le combler. Quarante jours pour enlever peu à peu les cendres qui nous encombrent le cœur, et laisser l’Esprit Saint gratter un peu en nous, jusqu’à retrouver les braises enfouies de notre désir de Dieu et souffler patiemment sur elles un vent de conversion, jusqu’à les transfigurer dans le feu nouveau de la nuit de Pâques…

Quarante jours de combat spirituel pour nous apprendre à démêler l’écheveau parfois si embrouillé de notre humanité et retrouver confiance en Dieu. « Augmente en nous la foi »… Éprouver en nous-mêmes, dans la réconciliation sacramentelle, la confiance que Dieu nous fait, Lui qui ne se lasse pas de nous chercher des yeux, même quand nous sommes persuadés qu’Il nous a perdus de vue !

Quarante jours pour laisser ruisseler les fontaines de la miséricorde sur les parois de notre orgueil, jusqu’à ce qu’elles les brisent par amour. Quarante jours pour se laisser unifier dans le dépouillement et consoler dans la tendresse de Dieu.

Quarante jours, ce n’est pas de trop pour une si belle aventure !

Maintenant, frères et sœurs, il ne nous reste plus qu’à le vivre !

Amen.

+ Jean-Marc Aveline
Évêque auxiliaire de Marseille
4 mars 2017

Dernière mise à jour : Jeudi 9 mars 2017