L’ancienne Major

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Actuellement cet édifice ne se visite pas pour cause de restauration

Historique

intérieur de l'Ancienne Major intérieur de l’Ancienne Major Une très ancienne tradition mentionne l’implantation au V’ siècle d’un groupe cathédrale comprenant une église, son baptistère et un siège episcopal dont on a retrouvé les fondements en 1850 lors de fouilles nécessitées par le chantier de la nouvelle cathédrale. Le baptistère à plan carré, de 25m de côté à l’extérieur, octogonal à l’intérieur était remarquable par sa riche architecture : colonnades romaines, revêtement de marbre et pavement de mosaïques polychromes ; il a été détruit probablement en même temps que la cathédrale rasée par les Sarrasins en 838 lors de leurs incursions. Elle fut reconstruite peu après pour être démolie en 923. Dès cette époque, une charte l’appelle "Notre Dame de l’antique siège". Elle est donc la cathédrale des premiers évêques de Marseille. L’évêque Pons II,de la famille des vicomtes de Marseille(1014-1073) intervient dans la reconstruction de cette cathédrale. De cette époque datent la nef romane et la coupole qui subsistent encore de nos jours. Le clocher a été édifié en 1390.

Au XVI, François Ier y entendit la messe en 1516 et y revint pour le mariage de son fils Henri II avec Catherine de Médicis, nièce du Pape Clément VII qui les bénit le 12 octobre 1533. Peu après la cathédrale fut amputée de deux travées pour construire un rempart sur la mer qu’elle surplombait. En 1564, elle reçut la visite de Charles IX accompagné d’Henri de Navare ; en 1600, celle de Marie de Médicis, en 1622, celle de Louis XIII et en 1660, celle de Louis XIV.

fragment d’une peinture de Michel Serre
"Scène de la peste de 1720"


Fermée sous la Révolution, elle fut réouverte comme lieu de culte à la demande de citoyens en l795, puis en 1801 après le concordat. Elle redevient siège cathédrale en 1823, après le rétablissement de l’évêché.

Amputée à nouveau de deux travées pour la construction de la nouvelle cathédrale en 1852, elle reste un lieu de culte qui n’a jamais été désaffecté, siège de la paroisse de la Major, elle est ouverte au culte suivant les décisions de l’administration des Monuments Historiques qui la prennent en charge comme propriété de l’Etat.

Description

LA NEF : l’ancienne cathédrale du XIIème siècle comprenait 5 travées voûtées en plein ceintre avec arcs doubleaux. Il en subsiste une seule d’une ouverture de 9m.qui précède la voûte du choeur. Les voûtes en berceau des collatéraux sont dissymétriques ; celle du collatéral nord est longitudinale, tandis que la voûte sud est perpendiculaire à l’axe du collatéral.

LA COUPOLE : La coupole de la croisée du transept repose sur 10 arcs longitudinaux en plein cintre posés en encorbellement, 5 de chaque côté, appuyés sur les grands arcs doubleaux de la travée du choeur, passant ainsi du rectangle pour former un carré parfait, à l’intérieur duquel quatre trompes ornées des têtes d’animaux, symboles des évangélistes, délimitent un octogone. Sur cette base,s’élève la coupole octogonale à nervures épaisses reposant sur des culots et se réunissant au centre par un orifice circulaire d’un lanterneau qui n’existe plus.

L’ABSIDE : un choeur très étroit, voûté en berceau entre deux arc doubleaux précède l’abside heptagonale en cul-de-four à nervures de profil carré reposant sur des consoles reliées entre elles par une corniche. Les nervures aboutissent à une sorte de clef de voûte hémicirculaire qui contrebute l’arc doubleau du choeur. Le mur de l’abside est orné d’arcatures aveugles soutenues de colonnes de remploi à chapiteaux sculptés,délimitant sept niches. Une fenêtre haute cintrée s’insère au-dessus de la niche médiane.

Chapelle Saint Sérénus

major-stserenus major-stserenus Le collatéral nord, dit aujourd’hui ’Chapelle St Sérénus’ est voûté d’une croisée d’ogives du XIVème siècle, se regroupant au centre d’un large oculus ouvert. L’entrée de cette chapelle absidiale s’ouvre sur un faisceau de nervures ogivales reposant sur des piliers à 5 colonnes accolées aux chapiteaux ornés d’entrelacs. Elle renferme à son chevet l’autel-reliquaire dit de St Sérénus provenant d’un ancien sarcophage,probablement sculpté en fin du XIIéme siècle. Sur la face exposée,quatre colonnes à chapiteaux disparates délimitent trois niches à arcatures ornées de perles. Entre les arcs, au-dessus des colonnes les symboles des évangélistes occupent les espaces intermédiaires. La niche centrale montre la Vierge assise en majesté tenant sur ses genoux l’Enfant-Jésus nimbé qui porte une inscription "Ego sum lux mundi" (Je suis la lumière du monde).

Les niches de chaque côté abritent deux évêques mitrés portant la crosse que la tradition dit être St Lazare et St Cannat. La mise au tombeau occupe l’espace intérieur sur le côté nord de cette chapelle. Réalisée en faïence blanche sur fond bleu, cette scène provient des ateliers de Lucca della Robbia, sculpteur florent du XVIème siècle dont les productions émaillées sont célèbres. Devant une grande croix blanche, le corps du Christ est allongé sur le sépulcre, entouré des saintes femmes et de St Jean.

La Chapelle saint Lazare

On appelle chapelle St Lazare un monument de marbre construit sous le règne du roi René par Francesco Laurana secondé de Tomaso de Câme en 1481. Il s’agit d’une double arcade en plein cintre supporté par deux pilastres aux extrémités et une colonne au centre. Leurs chapiteaux sculptés supportent trois personnages : St Victor au centre, St Lazare à doite et St Cannat à gauche. Une corniche relie les arcades et deux frontons circulaires les couronnent. Les écoinçons sont ornés des blasons des donateurs et de l’évêque Jean Alardeau ; au centre figure l’écu de Charles III d’Anjou, dernier comte de Provence. L’autel de St Lazare s’abrite sous l’arcade de gauche : en son centre le saint est assis sur son trône, de chaque côté de lui se tiennent Sainte Madeleine et Sainte Marthe. La prédelle du rétable relate des scènes de la vie de Saint Lazare en sept bas reliefs.

Le reliquaire de Saint Lazare se loge sous l’arcade de droite. Il forme un édicule à fronton triangulaire au centre duquel on voit le buste du saint surmonté d’un petit édifice en forme de rotonde. Il est encadré de pilastres cannelés reposant sur un culot à tête d’angelot. Un tableau de marbre noir porte une inscription en vers latins comme dédicace. Un reposoir à balda en berceau lui est accolé sur sa droite.

Conclusion

Bien que mutilée, mais restaurée, la vieille Major garde toute l’affection des Marseillais. Elle mérite, malgré les restrictions d’ouverture qu’elle subit de la part de l’administration, de remplir son office de lieu de culte d’une manière plus festive.


Modifié le samedi 14 septembre 2011