Jean Chagnaud, dans un article qui paraitra dans le n° du 15 septembre de l’Eglise aujourd’hui à Marseille relate l’évènement :
C’est à l’Hôtel Forbin de Sainte-Croix, dépendance de la préfecture de Vaucluse à Avignon, que le cardinal Bernard Panafieu a reçu les insignes de commandeur dans l’Ordre de la Légion d’honneur, des mains de Monsieur Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, le vendredi 28 août.
Mgr Panafieu, qui avait reçu maints messages de félicitations, était entouré de nombreux amis et personnalités, dont MM. Gaudin, maire de Marseille, et Guérini, président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, et plusieurs évêques de la Province. Le Ministre, après avoir fidèlement rappelé le parcours pastoral du Cardinal, a souligné avec insistance « sa volonté systématique de dialogue », aussi bien à l’aumônerie des étudiants de Toulouse en 1968 qu’à Marseille dans la concertation avec les communautés très diverses, participant ainsi à leur coexistence pacifique. « Les étapes de votre vie sacerdotale tournée vers les autres ont contribué au rayonnement de l’Eglise de France et justifient la dignité qui vous est accordée », a conclu le Ministre. Dans sa réponse, le cardinal Panafieu, exprimant sa gratitude, a précisé : « Je veux croire qu’il s’agit de la reconnaissance par les autorités de ce pays du rôle essentiel de l’Eglise catholique dans un monde qui risque à tout instant de perdre cœur et qui a tellement besoin d’un supplément d’âme ». « La rencontre de ce soir, a poursuivi Mgr Panafieu, est aussi une parabole. Elle témoigne de ce que peut être une société pacifiée et pacifiante où, dans le respect des diversités d’opinions philosophiques ou de traditions spirituelles, chacun se sent respecté et reconnu. N’est-ce pas ce qui fait la qualité de ce que nous aimons appeler "la laïcité à la française", et dont il nous semble qu’elle répond bien aux valeurs républicaines de liberté, égalité, fraternité qui sont devenues aujourd’hui le patrimoine commun de la nation, en même temps qu’elles portent en elles de fortes résonances évangéliques. » S’adressant plus directement aux personnalités et élus présents, le Cardinal a résumé la mission de l’Eglise catholique : « Dans ce pays, elle se présente non comme un groupe de pression ou un pouvoir occulte, mais comme un ferment qui fait germer sur le terreau de son histoire son sens de l’humain, sa passion de l’unité, son souci de l’échange, son respect de la vie et de la famille, son attention aux plus démunis. Il se peut alors qu’elle aille à contre-courant des idées reçues, des politiques suivies, et des sondages d’opinion. Mais croyez bien qu’elle le fait dans le seul souci de défendre la dignité de l’homme, se souvenant de ce que le pape Benoît XVI disait récemment : "L’homme dans son intégrité est le premier capital à sauvegarder et à valoriser". C’est dire que vous nous trouvez toujours à vos côtés lorsqu’il faut apprendre à ne pas céder au fatalisme, à l’individualisme forcené, au racisme, ou à l’antisémitisme, à ne pas se replier sur des sécurités à court terme, mais au contraire à chercher à ouvrir les chemins de la solidarité […] ». Mgr Panafieu a achevé son propos par une question allant bien au-delà de cette cérémonie officielle : « Ce rite républicain n’est-il pas le signe de cette passion commune qui nous habite de servir la liberté et la dignité de l’homme ? ».
Jean Chagnaud
Le Cardinal Bernard Panafieu répondait ainsi au ministre : "Chers amis qui me faites l’honneur de répondre à mon invitation. Dois-je vous en faire l’aveu ? L’attention de la République à mon égard si elle me touche, me surprend cependant, ayant toujours souhaité être le serviteur discret d’une Eglise qui respecte les opinions de chacun et participe avec d’autres à l’édification d’une cité heureuse......"
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