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Le Christ aux outrages


Le Christ aux outrages
Il y a d’abord ces masses de couleurs : du rouge, du noir, du blanc.
Ces couleurs semblent s’entredéchirer, se combattre.
Même le manteau en bas à gauche de la toile est comme déchiqueté de ce combat des couleurs.
La vie, la mort, la passion se déchainent. Ecce Homo !

Pourtant le visage du Christ est paisible.
Les yeux baissés, Jésus a l’air comme ailleurs,
retiré dans la paix intérieure qui l’habite tout entier alors que le monde se déchire autour de Lui.
La couronne d’épines qui le coiffe est à l’image de son visage.
Elle semble danser sur sa tête.

Ici la couronne d’épines est comme l’écho d’un autre buisson ardent qui se consume sans se consommer et rayonne de la présence de Dieu au milieu du désert du monde.

Et puis il y a les mains, ces mains nouées qui pendent étrangement en bas à droite de la toile.
Alors que les traits du visage de Jésus sont très fins, ces mains semblent avoir été grossièrement bâclées par l’artiste.
Dans le floue de leur forme, elles ressemblent étrangement à un agneau,
un agneau ligoté pour être immolé.
Le Christ est l’Agneau de Dieu, offert pour l’humanité.

Lui, l’Agneau sans tache
est ici représenté avec les crachats de ses ennemis,
crachats de boues sur son manteau, sur son cou, sur le blanc de toile.
Tout ici est comme sali, taché.
Et c’est Dieu lui-même qui est atteint par ses crachats.
A côté du visage paisible du Christ, la croix dorée de l’amour du Père saigne…

Pascal Sevez s.j

Dernière mise à jour : Jeudi 13 avril 2017