Pèlerinage à la Sainte Baume : "Sur les pas de Marie-Madeleine".

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Quel beau visage que celui de Marie-Madeleine ! Elle apparaît de façon ponctuelle tout au long des évangiles. On sent que la rencontre de Jésus a été décisive et déterminante pour elle. Elle lui vouait une amitié fidèle. On la retrouve au matin de Pâques, selon les évangiles, seule ou avec d’autres femmes au tombeau pour embaumer le corps de Jésus, comme elle avait été au pied de la croix avec Marie, la mère du Seigneur, et Jean, le disciple bien-aimé.JPEG L’évangile lu à l’instant reprend cette rencontre au matin de Pâques. Je vous invite à en recueillir quelques fruits. « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Il nous est bon de voir Jésus ressuscité prendre les devants, venir se faire proche de Marie- Madeleine et accompagner ses larmes : « Pourquoi pleures-tu ? » Vraiment, notre Dieu a le cœur d’un père et d’une mère, le cœur d’un ami. Il vient à nous et ne nous laisse pas seuls dans nos épreuves ni dans nos larmes. Entendons-Le ce matin nous interroger : « Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Entendez-Le, vous qui êtes peut-être éprouvés actuellement, vous qui cherchez comment vous en sortir, comment tenir, vous qui peut-être vous demandez où est le Seigneur. Entendons-Le nous-mêmes en Eglise, dans notre recherche du Seigneur, notre désir de Le trouver et de L’annoncer. Qui cherchons-nous ? Que cherchons-nous dans notre vie, dans notre relation à Dieu, dans nos vies de famille, dans le travail, dans la société, en Eglise ?

Qui cherches-tu, pèlerin de la Sainte-Baume ? Peut-être, comme Marie-Madeleine, ce qui t’aveugle peut t’empêcher de Le reconnaître : elle Le prenait pour le gardien ! La manière dont Dieu vient à nous n’est peut-être pas celle que nous avions imaginée ou désirée ! Madeleine cherchait le corps d’un défunt, d’un ami disparu, comme nous disons. Et voilà qu’il faut qu’elle découvre et accueille la nouvelle présence du Seigneur, la présence intérieure : « Jésus lui dit alors : "Marie !" ». Jésus ne lui dit rien d’autre que la permanence de sa présence amicale à travers ce prénom cent fois prononcé ! Et ce matin, dans cette eucharistie, le Seigneur nous rejoint personnellement par sa Parole, par l’eucharistie, par l’invitation à la communion spirituelle, cette communion des cœurs dont l’hostie consacrée est le sacrement et qui nous conduit à la présence de cœur, à la présence de l’amitié. C’est bien Lui ! Il est là ! Il vient à nous ! Quand Il nous rejoint, c’est pour nous révéler le Père : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. ». Qui cherches-tu ? Ce Père, ce Père de toute éternité, ce Père en qui Jésus vivait durant sa vie terrestre et dont Il disait à ses amis : « Le Père ne me laisse jamais seul. »

Nous sommes montés vers la Sainte-Baume pour des raisons diverses, c’est sûr ! Le Seigneur qui vient à nous veut nous parler du Père, du sien et du nôtre, de ce lien d’amour et de vie qui nous unit à Lui, de cette présence qui s’achève en Lui au-delà de la vie terrestre. Il veut, comme le disait Paul dans la lecture, que nos cœurs ne soient pas tournés vers nous-mêmes mais vers Lui et vers les autres. Il veut aussi, comme Il l’a fait pour Madeleine, nous confier la mission d’annoncer aux hommes de ce temps qu’Il est vivant, que nous L’avons rencontré, et que cette rencontre enchante nos vies, les éclaire, les apaise, les dynamise ! Révéler que la recherche profonde des hommes ne sera apaisée que dans leur rencontre de Celui qui vient vers eux, les appelle par leur nom, les aime, les conduit vers le Père.

Demandons cette grâce de savoir témoigner de notre rencontre du Ressuscité, comme le fit Madeleine. Nous nous y essayons. Le diocèse de Fréjus-Toulon a vécu récemment une belle semaine de mission sur la ville de Toulon. A Marseille, nous voulons vivre dans ce dynamisme de la mission au long de l’année qui vient. Et pareil dans les diocèses de notre Province ! Ce lieu de la Sainte-Baume est un lieu où Marie-Madeleine poursuit la mission qu’elle a reçue du Seigneur. Ici, beaucoup montent vivre des temps forts ou chercher le silence. Ils viennent « chercher Celui que leur cœur aime », comme le disait la lecture, tout en Le connaissant trop peu ou trop mal. Au lendemain de Pentecôte, que l’Esprit Saint soit notre lumière et notre force, et surtout, que nous soyons à son écoute, qu’Il nous aide à prier le Père avec confiance, qu’Il nous aide à être de bons témoins de sa présence et de son amour !

Amen.

+ Georges Pontier_ Archevêque de Marseille

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Compte-rendu du pélerinage

Le compte-rendu des 3 jours du pèlerinage, par Bernard Pey, Président de l’Association de Soutien à la Tradition des Saints de Provence.

Article publié par Genevieve F
Modifié le mercredi 23 juin 2011