Prier 15 jours avec Claudel
par Yves Habert
édition Nouvelle cité
L’actualité spirituelle de Paul Claudel,
présentation de l’auteur, Yves Habert
Le poète et dramaturge catholique est mort le 23 février 1955, après avoir mené une double carrière d’écrivain et de diplomate. Pour cet anniversaire, Prier 15 jours avec Claudel ressuscite sa voix en montrant simplement comment elle parle aux chrétiens d’aujourd’hui. Son auteur, le Frère Yves Habert, moine apostolique de la paroisse Saint-Jean de Malte à Aix-en-Provence, nous explique sa démarche.
Dans ce livre, il s’agit de se mettre à l’école, non pas d’un fondateur d’ordre ou d’une spiritualité particulière, mais d’un grand poète théologien. Un laïc, père de famille, ambassadeur et un des plus grands écrivains du XXe siècle, ouvre un chemin de prière.
Homme de prière
Paul Claudel était un priant. Il allait à la messe chaque jour, disait son chapelet, suivait chaque vendredi le chemin de croix et faisait oraison dans l’église de Brangues où il ne voulait rien perdre de " cette inestimable demi-heure ". N’a-t-il pas pensé devenir moine en faisant un essai à Solesmes puis à Ligugé en1900 ? Sa vie est restée marquée par ces deux expériences : oblat du monastère de Ligugé, il récite son bréviaire tous les jours, mais surtout il pratique assidûment la lectio divina. Il n’a pas été favorisé d’expérience mystique ou de révélations particulières ; c’est un caractère très réaliste, mais il a puisé ses intuitions dans la Parole de Dieu, la vie sacramentelle proposée par l’Eglise et sa propre vie de prière.
Claudel a cherché à partager son expérience de prière comme dans le livre Seigneur, apprenez-nous à prier. Il a entretenu une correspondance avec des convertis ou des chercheurs de Dieu du renouveau catholique qui s’est fait jour durant la première moitié du XXe siècle. Véritable père spirituel pour certains, il a saisi combien nous avons besoin de maîtres qui soient aussi des témoins. Il n’a pas hésité, comme saint Paul, à proposer son exemple personnel. Claudel est véritablement en mission auprès de ses frères écrivains et Prier 15 jours avec Claudel voudrait poursuivre cette œuvre de traduction de la foi auprès des laïcs d’aujourd’hui.
Commentateur de la Bible
Claudel est mal connu et on le prétend difficile d’accès. Pourtant son langage et sa foi le mettent à la portée des plus simples. Nous connaissons le poète des Odes, de Connaissance de l’Est, le dramaturge du Partage de midi, de L’Annonce faite à Marie, du Soulier de Satin... Il est encore joué aujourd’hui et récemment, un hebdomadaire titrait : " Quoi de neuf ? Claudel ! " à l’occasion d’une mise en scène de L’Echange. Toutefois, un aspect de son œuvre est encore dans l’ombre, celui de commentateur de l’Ecriture, malgré l’extraordinaire travail qui a débouché sur les deux recueils Le poète et la Bible. Claudel consacre en effet les vingt dernières années de sa vie à commenter la Bible. Il opère dans les années trente une véritable seconde conversion et achève ce qu’il appelle " la partie la plus profane de (sa) vie " pour se consacrer à la Parole de Dieu.
Prier avec toute l’Eglise
Prier 15 jours avec Claudel fouille majoritairement dans les livres des vingt dernières années en éclairant les textes sacrés par ceux du poète et du dramaturge. Ces commentaires des livres bibliques sont quelquefois difficiles à trouver. D’une écriture abondante et souvent foisonnante comme une jungle, ils sont d’une grande richesse pour le chercheur de Dieu car ils témoignent de la foi du poète. Claudel nous fait goûter aux images des Pères de l’Eglise et à leur manière, toute empreinte de l’Ecriture, de s’adresser à Dieu. Il défend une spiritualité ecclésiale : il s’agit pour lui de prier avec toute l’Eglise. Pour cela le poète puise dans la grande tradition. Il évite soigneusement les dévotions qui " congèlent " notre relation à Dieu pour rester proche de l’Ecriture. Sa manière de procéder est simple : il pose des questions au texte et à l’écrivain sacré. Il fait une véritable " enquête symbolique ". Tous les éléments servent à donner du sens, il n’est pas un détail sans signification dans la Bible pour le poète et le croyant.
La poésie biblique a le génie des mots pour dire Dieu.
Frère Yves Habert






