
- St Jean Cassien (moine)
La vie de Jean Cassien nous est connue par :
* ses œuvres ; mais l’auteur reste discret et passe sur nombre de détails d’une vie riche d’expériences car il se consacre à exposer ses conceptions en matières de vie monastique, à dire la portée des exercices ascétiques pour triompher des péchés et à réfléchir sur les problèmes qui assaillent son époque,
* la notice 62 du prêtre Gennade de Marseille, parue dans le recueil qu’il écrit entre 467 et 480 sur les hommes célèbres de son époque, semble-t-il, assez fiable, puisque rédigée peu de temps après.
Jean Cassien est un chantre du monachisme au Vème siècle.
Jean Cassien est mort à Marseille, vers 435, après avoir passé sa vie à rechercher Dieu, comme moine Génobite ou anachorète, en Palestine, en Égypte ou en Gaule, depuis les années 380. Un temps revenu à la vie séculière, dès 400, auprès de Jean Chrysostome d’abord (qui l’ordonne diacre), puis du pape Innocent 1er et de l’évêque Alexandre d’Antioche (l’un des deux l’a ordonné prêtre), il renoua avec le monachisme en 416 à Marseille, après sa rencontre avec Lazare d’Aix à la demande de l’évêque marseillais Proculus. Il en devint même un témoin d’excellence, comme le pensaient les membres du clergé provençal
Ses expériences de moine lui permirent d’introduire cette part de spiritualité qui manquait au monachisme occidental de type Martinien, trop liturgique et peu ascétique. A la tête de la communauté qui lui a été confiée, il se fixe à proximité des tombes des martyrs de Marseille et de la memoria qui renfermait la dépouille de Victor, une grotte, souvenir de sa terre natale.
Jean Cassien est Roumain
Jean Cassien serait né, aux dires de Gennade, dans l’Est de l’actuelle Roumanie. Cette assertion n’a pas manqué d’être discutée, depuis le XVIIème siècle. Quelques uns ont plutôt cru à une allusion à Scythopolis (l’actuelle Beïsan, en Palestine). D’autres ont corrigé le texte en « Cassianus natione Syrus... » ; d’autres encore en « Cassianus, natus Serta... » faisant Jean Cassien originaire de Tigrannocerta (l’actuelle Siirt, près de Bitlis, dans l’ancienne province de Gordyène). D’aucuns ont évoqué un lieu de naissance en Provence, plaidant en faveur de Cirtharista qui, parce qu’elle est devenue inconnue des copistes du moyen âge, aurait été transcrit en Scytha. Cette version serait en fait la forme première du texte et il convient de lire « Cassianus, nation Scytha... » : notre moine serait donc bien originaire de la province romaine de Scythie mineure (l’actuelle Dobroudka, à l’embouchure du Danube).
Jean Cassien aime sa terre natale.
Malgré ses pérégrinations, Jean Cassien resta toujours attaché à sa « patrie » (Coll.3,2), « lieu qui renferme le domaine héréditaire de ses ancêtres » (Coll.24,1). Il en parle toujours par référence personnelle (Inst. 4,21 : « chez nous », Coll . 24,1 et 18 : « notre »), à la différence des autres contrées pour lesquelles il emploie l’adjectif démonstratif distancier « cette » (ex. pour la Palestine : Inst.4,21 et Coll 24,1) évoqués par Jean Cassien. Cette localisation serait enfin confirmée par deux inscription sous l’autorité des Cassions, en limite du district dit « des grottes ».
Jean Cassien est né dans une famille pieuse.
Jean Cassien dit pouvoir compter sur une aide de sa famille, si on lui autorisait de retourner près d’elle, afin de mieux se consacrer à la prière(Coll. 24,1) car il appartient à une gens de notables financièrement aisée et foncièrement bien établie dans les provinces balkaniques. Il en aurait reçu une éducation soignée : la qualité de son latin et sa pratique du grec en témoignent. Sa naissance pourrait intervenir en 365, date communément retenue par approche conjecturale, en tenant compte d’évènements propres aux années 380, celles de son adolescence. Il ne serait pas issu d’une famille « mixte », ayant assimilé des Goths, depuis leur migration aux III-IVe siècles dans la région. Jean Cassien est de confession catholique et non arien, à l’instar de cette famille dont il rappelle la religion et la pitié (Coll.24,1), dans une région très tôt christianisée.
{Christophe FERRERO, Historien, octobre 2002}
Sur invitation du Métropolite Daniel de Moldavie et de Bucovine, Mgr. Bernard Panafieu, archevêque de Marseille, accompagné d’une délégation, s’est rendu en pèlerinage en Roumanie du 10 au 19 octobre 2002. A cette occasion, des fragments de reliques de saint Jean Cassien, conservés en l’Abbaye de Saint-Victor, ont été remis à différentes communautés catholiques et orthodoxes de ce pays. Ce pèlerinage et ces dons ont été l’occasion de développer les liens entre nos Églises et contribueront à faire grandir l’amitié et la connaissance réciproque nécessaires pour travailler à l’unité de nos Églises.






