La peur ou l’espérance ?

Le 25 mai 1720, un navire marchand, Le Grand Saint-Antoine, se présente au large de Marseille. Malgré de forts soupçons de peste à son bord, les règles sanitaires en vigueur ne sont pas respectées : les notables qui ont financé l’expédition font jouer leurs relations pour que la cargaison soit débarquée à temps pour la foire de Beaucaire. Débute alors, pour Marseille et pour la région, un long cauchemar qui va durer deux ans. Dès le 20 juin, dans les vieux quartiers de la ville, une femme meurt en quelques heures. Ce n’est que la première d’une longue série et, à partir du 9 juillet, il est évident que la peste est présente et commence à se répandre. Mais les Échevins et les autorités sanitaires misent sur une contagion limitée et refusent de déclarer la ville atteinte de la peste. Ce qui n’empêche pas les riches propriétaires de quitter Marseille pour se réfugier dans des bastides situées dans les environs, juste à temps pour échapper à la décision du Parlement d’Aix qui, le 31 juillet, fait interdiction aux Marseillais de sortir de leur terroir et aux habitants de la Provence de communiquer avec eux. Les pauvres gens, eux, créent un vaste campement sur la « plaine Saint-Michel ». Il meurt cent personnes chaque jour, puis trois cents, puis mille… Le 24 août, on ferme les églises… Toute ressemblance avec des situations très récentes serait purement fortuite !

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