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Homélie : 70e anniversaire de la consécration de l’église du Sacré-Cœur

« Celui qui a vu a rendu témoignage, et son témoignage est conforme à la vérité, et d’ailleurs celui-là, c’est-à-dire le Christ, sait qu’il dit ce qui est vrai afin que vous aussi vous croyiez. »

L’apôtre Jean a vu le coup de lance dans le côté du Seigneur Jésus. Il avait vu les jambes coupées aux deux crucifiés à ses côtés pour qu’ils meurent plus rapidement. Mais à Lui, qui venait de mourir, on ne brisa pas les jambes. On lui ouvrit le côté d’un coup de lance et il en sortit du sang et de l’eau. Jean n’a pas oublié.
D’ailleurs, cela ne peut pas s’oublier ! Il n’a pas pu oublier la profondeur de ce cœur qui a tant aimé les hommes. L’Esprit Saint lui donnera de comprendre, avec la première communauté chrétienne, qu’à ce moment s’accomplissait la vision du livre d’Ezéchiel dont nous avons entendu la lecture tout à l’heure. Du temple sort un fleuve qui descend jusqu’à la mer morte et assainit tout ce qu’il traverse. Il rend la vie aux animaux et leur splendeur aux plantes, aux arbres et aux fleurs. C’est un fleuve de vie !

Et ce fleuve de vie et d’amour continue à assainir tout ce qu’il touche et tout ce qui se laisse toucher par Lui. Nous en sommes des témoins, comme le disait l’apôtre Jean. Le sang et l’eau évoquent pour nous les sacrements, et tout particulièrement celui de l’eucharistie et l’eau du baptême. Tous ceux qui se laissent toucher par l’amour qui vient de Dieu en sont guéris, transformés, retournés, fortifiés.
En consacrant cette église au Sacré-Cœur en 1947, juste après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’Église de Marseille invitait à contempler Celui-là seul qui donne la vraie victoire, celle qui ne passe pas par la mort de l’ennemi, mais par l’amour jusqu’au bout, par la vie donnée pour les autres, par la réconciliation.

Chers frères et sœurs, la construction de cette église a été décidée après la Première Guerre mondiale. Les vitraux du chœur nous le rappellent. Elle a été consacrée peu après la fin de la seconde. Il a fallu plus de 25 ans pour la construire. On dirait que tout cela nous rappelle qu’il faut du temps pour construire la paix, qu’il faut du temps pour construire un cœur ami de la paix, qu’il faut du temps pour retrouver la paix quand on l’a perdue. Le patronage du Sacré-Cœur nous tourne vers Celui qui est le Prince de la paix. Notre Église, qui est en Christ le sacrement de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain, doit s’abreuver à la source intarissable de l’amour pour en être à chaque époque des témoins vivants, actifs, pleins de tendresse et de bonté.

Oui, regardons ce Christ qui a tant aimé le monde. Regardons-Le dans son don de Lui-même. Regardons-Le dans son regard suppliant adressé aux hommes afin que nous vivions dans la confiance au Père et dans la réconciliation entre nous, entre nations, entre peuples. Il nous supplie d’être des messagers de la paix. Tout à l’heure, nous redirons la belle prière pour la paix avant d’être invités à faire le geste de paix entre nous et à communier au corps du Christ donné pour le salut du monde, pour éliminer tous les germes de violence, de haine, de mépris entre nous.
L’apôtre Paul écrivait aux Corinthiens que nous, les baptisés, nous sommes le temple de Dieu, nous sommes le temple que Dieu construit, que nous en sommes des pierres vivantes. Le Seigneur nous en supplie : que sortent de nos cœurs des pensées de paix, de justice, d’accueil, de don de soi, de générosité.

Chers frères et sœurs, en fêtant cet anniversaire, rendons grâce pour le don de la foi que Dieu nous a fait. Nous croyons en Celui qui a révélé le Cœur de Dieu, sa tendresse pour les hommes qu’Il a appelés à la vie, qu’Il a sauvés par son Fils bien-aimé, qu’Il rejoint par le souffle de l’Esprit. Débordons de tendresse et de bonté nous aussi. Ne nous replions pas sur nous-mêmes, mais débordons de générosité comme notre Dieu en déborde. De son cœur jaillissent des fleuves d’eau vive, des fleuves de bonté, de pardon, de compassion, de générosité. C’est pour Le fêter que cette basilique a été construite.
Qu’Il nous bénisse en ce jour ! Venons souvent boire à sa source.
Amen.

Samedi 16 septembre 2017

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Homélie : 70e anniversaire de la consécration de l’église du Sacré-Cœur

Dernière mise à jour : Lundi 18 septembre 2017