Appelés à la sainteté

La fête de la Toussaint nous rappelle chaque année l’appel à la sainteté. Le pape François nous a donné, voici huit mois, une exhortation apostolique sur la sainteté : « La joie et l’allégresse. »

Il écrit : « Nous sommes tous appelés à la sainteté en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve » (n° 14). « Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté. Permets que tout soit ouvert à Dieu, et pour cela, choisis-le, choisis Dieu sans relâche… La sainteté, au fond, c’est le fruit de l’Esprit Saint dans ta vie (cf. Ga 5,22-23) » (n° 15).

Cet appel à la sainteté s’inscrit cette année, pour chacun de nous, au cœur même de ce que nous avons à vivre concrètement dans nos vies de famille, de travail, nos vies personnelles, notre vie ecclésiale, nos engagements sociaux. Tous ensemble, nous avons à le vivre dans une période difficile pour notre Église où sont mises à jour les défaillances de prêtres peu nombreux mais trop nombreux, voire de religieux ou de religieuses, à l’égard d’enfants et d’adolescents trop nombreux. Les cris des victimes sont parvenus « aux oreilles de Dieu ». Les plaies demeurent, pour beaucoup, ouvertes. Nous ne les avions pas entendues ni en famille, ni dans l’Église, ni dans la société. Le Seigneur nous les révèle comme des drames encore vivants après des dizaines et des dizaines d’années.

Nous savions que nous étions une Église de pécheurs, une Église sainte, mais pas encore pleinement sanctifiée, une Église possédant les moyens du salut, mais dans des vases d’argile, et même dans des vases fissurés. Il n’y avait guère que l’amour de Dieu à garder sa confiance en elle, Lui qui, en son Fils, a donné sa vie pour le salut et la sainteté des hommes. Il connaît le cœur de l’homme et de quoi il est fait !
Mes amis, je voudrais faire retentir l’appel à la sainteté. Non pas à la perfection, mais à la sainteté ! La recherche de la perfection morale peut être une ambition ; celle de Dieu, c’est la sainteté, la vie avec Lui, en Lui, la vie donnée, la vie pour les autres et non pour soi-même. En Église, nous sommes appelés à une grande humilité et pénitence. L’orgueil aveugle. Nous sommes frères les uns des autres et la souffrance d’un frère est la souffrance de tous. Prions pour les victimes, agissons et soutenons leur chemin de reconstruction. Soyons les défenseurs et les protecteurs des enfants. Retrouvons notre vocation, jamais totalement abandonnée : soutenir les faibles, les petits, ceux dont Dieu s’est fait proche en priorité en Jésus-Christ.

Prions pour les responsables de l’Église afin qu’ils avancent courageusement sur le chemin d’un regard lucide sur ce qu’il y a à mettre en œuvre pour la sanctification des prêtres, des religieux, des religieuses et de tous les baptisés. Ces fautes graves, ces péchés ne doivent plus se reproduire.

Vivons une véritable vie de fraternité. Soutenons-nous, prêtres et laïcs. Nous sommes responsables les uns des autres.

Que chacun pense d’abord aux autres. Sortons de notre « entrisme ». Soyons une Église ouverte. Pensons davantage aux petits et aux pauvres, aux malades et aux étrangers, aux vieillards et aux isolés. Pensons aux enfants et aux adolescents. Servons leur épanouissement. Protégeons-les. Aimons-les pour eux-mêmes.

Retrouvons la confiance les uns dans les autres. C’est nécessaire, raisonnable et juste.

Appelés à la sainteté en ce temps qui est le nôtre, nous crions vers Dieu de toutes nos forces : « Seigneur, prends pitié des pécheurs que nous sommes ! Nous sommes tes enfants Seigneur ! Sanctifie-nous ! »

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Jeudi 8 novembre 2018