Bienheureuse paix !

« Que la paix soit sur toutes les personnes et toutes les nations de la terre ! Cette paix, que les anges annoncent aux bergers la nuit de Noël, est une aspiration profonde de tout le monde et de tous les peuples, surtout de ceux qui souffrent le plus de son absence. Parmi ceux-ci, que je porte dans mes pensées et dans ma prière, je veux une fois encore rappeler les plus de 250 millions de migrants dans le monde, dont 22 millions et demi sont des réfugiés. Ces derniers, comme l’a affirmé mon bien-aimé prédécesseur Benoît XVI, " sont des hommes et des femmes, des enfants, des jeunes et des personnes âgées qui cherchent un endroit où vivre en paix ". » Ainsi débute le message du pape François pour la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2018. Sans se lasser, le Pape ne cesse d’attirer notre attention sur cette réalité douloureuse et complexe des migrations. Il le fait en portant les personnes des migrants dans ses pensées et sa prière. On réfléchit sur une question, on pense et on prie pour des personnes.

Il faut faire les deux. Réfléchir à la question, c’est analyser, comprendre, prendre position, choisir une posture. Penser aux personnes et prier pour elles, c’est aller vers elles, les regarder comme des frères en humanité et chercher à les accueillir, les protéger, les promouvoir et les intégrer, selon les quatre mots retenus par le Saint-Père pour qualifier les actions à mener.
Je suis interpellé par les préjugés et les propos convenus sur ces personnes qui rejoignent en nombre si relatif notre pays. Il y a besoin de guérir nos pensées, nos esprits aveuglés par la peur et les égoïsmes. Plus tristement, on peut remarquer qu’elles sont l’objet d’instrumentalisation dans le discours politique. Un des meilleurs moyens de changer nos idées, c’est d’en rencontrer vraiment et personnellement, de rentrer en relation, de se connaître. L’injure, la violence, le rejet ne font qu’endurcir les cœurs, aggraver leurs situations, empêcher toute invitation à s’intégrer et tout effort pour y parvenir.
De l’autre côté, ceux qui nouent des relations fraternelles, mettent en place des propositions adaptées, ne peuvent ignorer l’ensemble de la question ni les réponses complexes à mettre en œuvre. C’est bien évident.
Nous ne pouvons pas nous en tenir à des invectives accusatrices et faire reposer toute la responsabilité de l’accueil sur l’État ou les collectivités territoriales. Notre exigence légitime à leur égard ne peut s’appuyer que sur notre engagement et nos choix significatifs en ce sens. Les responsables concernés ont besoin de sentir et de trouver le soutien d’un grand nombre, comme ceux qui s’engagent ont besoin de trouver le soutien et l’engagement des autorités.

Oui, les premiers jours de l’année sont ceux où l’on s’offre des vœux, souvent ceux d’une bonne santé, d’une bonne entente, d’un travail pour tous, de la confiance en l’avenir.
Offrir ces vœux, c’est aussi prendre notre part dans leur réalisation.
Que le Dieu de la paix nous fasse la grâce d’être des artisans de paix
Bonne année à vous tous.
+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Vendredi 29 décembre 2017