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Blue Jasmine de Woody Allen

Jasmine, mariée à un riche homme d’affaires de New York, a longtemps vécu dans l’opulence et le luxe de la haute société. Mais lorsque son mari est arrêté pour malversations, lorsqu’elle perd tout, la voilà désemparée, allant se réfugier chez sa sœur, caissière de supermarché à San Francisco.

Jasmine, mariée à un riche homme d’affaires de New York, a longtemps vécu dans l’opulence et le luxe de la haute société. Mais lorsque son mari est arrêté pour malversations, lorsqu’elle perd tout, la voilà désemparée, allant se réfugier chez sa sœur, caissière de supermarché à San Francisco.

On retrouve dans ce film les quatre grandes qualités de metteur en scène de Woody Allen : un scénario bien mené, avec de multiples rebondissements ; l’acuité de la psychologie, toute en finesse : Woody Allen sait toujours tracer des portraits saisissants de vérité, tant en milieu aisé que dans le monde populaire, puisque les deux univers se croisent ici ; il est servi pour cela par des acteurs excellents ; et enfin, il y a toujours cette petite musique de jazz, qui donne au récit sa légèreté, son ironie, sa mélancolie.

Mais la grandeur de Woody Allen ne se limite à son talent de metteur en scène. Les sujets abordés et la profondeur des analyses proposées retiennent l’attention. Cela échappe à beaucoup, car Woody Allen a d’abord été un comique et il sait traiter les sujets les plus émouvants avec légèreté et humour. C’est le propre des vrais grands comédiens.

Dans ce film, Woody Allen propose, sans en avoir l’air, trois grands sujets de réflexion.
1) Jasmine, comblée de cadeaux par son mari, entourée d’amies, est heureuse dans cet univers superficiel. Elle vit dans une bulle, elle y reste emprisonnée même quand elle a tout perdu. Elle amorce une retombée dans le réel en travaillant comme secrétaire d’un dentiste, mais cela échoue. Puis elle est à deux doigts de repartir vers une vie de rêve, basée sur le mensonge. A la fin, elle échoue sur un banc, telle une épave. Opposition très forte entre le paraître et l’être, l’être et l’avoir, appel très fort à vivre autrement, à sortir des apparences.
2) Woody en profite pour dresser un tableau sans concession de nos sociétés occidentales : à sa manière, ironique et distanciée, il dénonce la finance qui mène le monde, l’argent par lequel on détient pouvoir et bonheur, le miroir aux alouettes que représente un certain mode de vie.
3) La vie des personnes de milieu populaire n’est nullement idéalisée : elle aussi est à courte vue, simpliste, parfois portée à la violence. Mais au moins, sous des allures frustes, elle est moins superficielle, restant attachée à des valeurs, l’honnêteté, l’amour pour de bon.

Woody n’est pas La Bruyère, mais il n’en est pas si loin…

Film américain de Woody Allen avec Alec Baldwin, Cate Blanchett, Sally Hawkins et Peter Sarsgaard (1h38).

Par Jacques Lefur

Dernière mise à jour : Samedi 16 novembre 2013