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« Ce n’est pas la mort du pécheur que je désire, mais qu’il se convertisse et qu’il vive. » Ez. 33,11

Voici une belle nouvelle que nous accueillons durant ce temps de Carême. Le Seigneur est miséricordieux. Il aime pardonner, relever, voir le pécheur se convertir et vivre. C’est le propre de Dieu de pardonner et de conduire à la vie. Il n’aime pas la mort du pécheur. Il a fait don de sa vie pour que l’homme soit sauvé, pour qu’il ait la vie en abondance ! Comment accueillir cette bonne nouvelle ? Comment nous laisser changer par elle ?

Il y a dans notre société une grande tolérance en certains domaines et pour d’autres une grande violence. Le déchaînement des commentaires et des propos ne connaît que la condamnation. On dirait qu’il n’y a qu’elle qui puisse étancher la soif de punition et satisfaire l’émotion entretenue.

Qu’on m’entende bien. Je ne fais pas un plaidoyer pour de quelconques amnisties ou pour du laxisme judiciaire. Je fais un plaidoyer pour garder un regard d’espoir sur tout homme, fût-il coupable et gravement coupable. Nous nous souvenons de la rencontre émouvante entre Jean- Paul II et celui qui avait tiré sur lui, place Saint-Pierre à Rome. Le Pape n’a pas renoncé au jugement nécessaire. Mais il est allé porter la bonne nouvelle d’un possible retour à la vie pour celui qui se convertit. Celui-ci a besoin d’un regard bienveillant et d’un pardon sincère. Cela est divin. Nous ne sommes pas seulement bénéficiaires de cette bonne nouvelle. Nous en sommes aussi les témoins et les acteurs. Comment arrêter ce climat de chasse à l’homme qui se déchaîne à certains moments ? Qu’est-ce que cela signifie de notre humanité et de notre vie en société ?

Et même dans notre communauté chrétienne : quels excès parfois dans des conflits inéluctables ! Que de propos indignes d’un disciple du Christ ! On ne prie pas pour la conversion du pécheur. On souhaite sa punition. Nous manquons de tendresse, d’espérance, de confiance en l’Esprit Saint à l’œuvre dans le cœur de tout homme et capable de ramener sur le chemin de la vie celui qui a marché sur celui de la mort. Ces comportements sont accentués par l’existence, pourtant légitime, des sensibilités diverses dans la vie de nos communautés. Les mœurs du monde nous habitent toujours. Condamner nous est parfois plus attrayant que de souhaiter que le coupable se convertisse et qu’il vive. Il y a un plaisir malsain à enfoncer celui ou ceux qui ont commis une faute.

Je prie pour que, durant ce Carême, retentisse cette bonne nouvelle du désir de Dieu que le pécheur se convertisse et qu’il vive. C’est bien le sens du mystère pascal qui est un mystère d’amour, de l’amour infini de Dieu qui choisit de passer par la mort injuste pour inciter à la conversion ceux qui pourtant le blessent à tort.
« Heureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde. »
+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Mercredi 28 mars 2018