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Confirmation des Adultes:homélie de Mgr Pontier

« Quel beau signe que d’être justement confirmé lors d’une Année sainte de la miséricorde, que de penser et de méditer la parabole du Bon Samaritain. »

Ainsi s’exprime l’un d’entre vous dans sa lettre : « Quel beau signe que d’être justement confirmé lors d’une Année sainte de la miséricorde, que de penser et de méditer la parabole du Bon Samaritain. » Oui, quel beau signe !

Le Seigneur miséricordieux, patient, aimant, nous désire. Il veut établir sa demeure dans notre cœur. Et Il sait que notre cœur ne s’ouvrira vraiment que lorsque nous aurons reconnu sa tendresse, sa présence, sa bonté pour nous ! « Cette idée, cette croyance, qu’au cœur de ma vie d’adulte, Dieu était là, pour moi, à m’attendre, m’a bouleversé », poursuit le même dans sa lettre !

Chers amis, le désir de Dieu, c’est d’habiter dans votre cœur, de demeurer en vous comme le Père demeure dans le Fils et le Fils dans le Père. Et tous deux, dans un même élan d’amour, vous donnent le Défenseur, l’Esprit Saint qui sera pour toujours avec vous. Il vous enseignera tout, et vous fera souvenir de tout ce que Jésus a dit. Il vous conduira sur un chemin de paix, de lumière et de vie. Il nous a créés et Il ne cesse de nous recréer.

Le chemin spirituel que vous avez fait cette année vous a fait entrer en vous-mêmes. Vous y avez trouvé cette présence qui vous est renouvelée aujourd’hui. L’une d’entre vous écrit : « Combien de fois ai-je regardé le ciel ? Combien de fois me suis-je assise dans l’église, simplement pour m’imprégner de cette odeur si particulière qui m’apaise tant. Chercher, avancer, à tâtons… Et puis un jour, une évidence s’impose à vous : le chemin semble alors s’éclairer. Les choses s’adoucissent. Peut-être même, oserais-je dire, mon regard sur moi-même, s’est-il adouci. Honorée peut-être également d’accueillir Sa présence, avec l’espoir et le souhait de m’en montrer digne. »

Vos chemins sont uniques. Certains chaotiques et douloureux, très douloureux même. Ils donnent la mesure du pardon qu’il faudra bien être capable d’accueillir et de donner. L’Esprit Saint devra faire son œuvre. Elle est commencée et vous êtes là. Sa joie et sa paix creusent leur sillon et guérissent les plaies. Quelque part, vous êtes émerveillés de penser que Dieu vous aime, qu’Il est là, en vous, qu’Il vous a donné de Le reconnaître. Du coup, vos pensées se tournent vers Lui. Vous priez davantage. Vous lisez la Parole de Dieu, vous rejoignez la communauté, le dimanche particulièrement. Vous êtes attentifs aux autres. Vous voulez être bons comme Il est bon, proches de ceux qui souffrent et désespèrent. Vous voulez montrer le chemin du Père. Vous avez mieux saisi que Dieu n’est pas d’abord un donneur d’ordres, mais une source intarissable d’amour, de tendresse, de bonté qui jaillit en celui qui L’accueille.

L’Esprit Saint va être répandu en vos cœurs par la prière de l’Eglise. Il va poursuivre son œuvre jusqu’à la fin des temps, à la fin du temps de votre vie terrestre. Il va vous rendre libres, comme l’écrivait Paul aux Galates. De Lui viendront : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi.

Chers amis, dans sa dernière prière pour nous, dont nous lisions un extrait tout à l’heure, Jésus indiquait le chemin du croyant : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous ferons une demeure. » « Si quelqu’un m’aime », dit Jésus. C’est notre désir. C’est votre désir. Vous pensez même plus que jamais dans votre vie à Lui. Certains vivent encore cette année leur première communion après le baptême. C’est dire ! Il demeure la deuxième chose que dit Jésus : « Il gardera ma parole. » Garder les paroles de Jésus ! Vous en avez fait une petite moisson ou de belles gerbes ! Déjà, je citais tout à l’heure la parole d’amour du Bon Samaritain. Mais il y en a bien d’autres : « Personne ne t’a condamné ? Moi non plus je ne condamne pas. Va et désormais ne pèche plus. » « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. » « Heureux les artisans de paix. » « Je pars vous préparer une place et là où je suis, vous aussi vous serez. » « Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme ? » « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » « N’aie pas peur, c’est moi ! » « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » Et tant d’autres encore ! Voilà des paroles qui nous gardent en Dieu. Si nous les gardons, elles nous gardent comme des enfants de Dieu. Ne nous laissons pas reprendre par les paroles qui font naître le désespoir en notre cœur et la division entre nous. « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. » Gardons ses paroles de vie.

Vous n’êtes pas confirmés que pour vous. Vous l’êtes pour être des membres vivants de la communauté chrétienne et des témoins de cet amour de Dieu pour tout homme. L’une d’entre vous écrit ainsi : « Je vous exprime par cette lettre mon souhait de recevoir le sacrement de la confirmation afin d’être emplie de l’Esprit Saint et ainsi avoir plus de force pour annoncer la bonne nouvelle, sans l’inquiétude du jugement. Je pense que la foi se transmet par la parole, mais essentiellement par une manière d’être. En étant lumineux et plein d’amour pour l’autre. Personnellement, c’est comme cela que j’ai pu me convertir pleinement, en rencontrant des gens lumineux ayant la foi, qui m’ont regardée avec tendresse. Aujourd’hui, j’aimerais que Dieu m’aide à devenir lumineuse d’amour, afin d’essayer d’imiter le Christ, de toucher les cœurs. Je prie également pour qu’Il me fasse grandir dans l’accueil de mon prochain, en générosité, en humilité, en confiance en Dieu et en joie. »

Soyez bons, frères et sœurs, comme Dieu est bon. Soyez bons pour vous-mêmes, dans vos vies de famille, c’est si important ! Soyez bons pour ceux qui souffrent, les malades, les détenus, les étrangers, ceux qui sont dans la solitude ou le besoin. Œuvrez à la venue d’un monde de paix, de justice, de fraternité. Venez souvent vous nourrir au corps du Seigneur.

Puisque l’Esprit nous fait vivre, vivons selon l’Esprit.

Que la Vierge Marie qui gardait dans son cœur les paroles venant du Seigneur nous aide à faire de même.

Amen.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Mercredi 1 juin 2016