Homélie Mgr Pontier : confirmation

Ce soir, c’est à vous, catéchumènes et à nous tous, baptisés, que le Seigneur Jésus crie : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Ecriture : "De son cœur couleront des fleuves d’eau vive." En disant cela, Il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en Lui. En effet, il ne pouvait pas y avoir l’Esprit puisque Jésus n’avait pas encore été glorifié. »

Nous le savons, c’est dans le moment de sa passion, de sa mort sur la croix et de sa résurrection, que Jésus a été glorifié. Il y a mené jusqu’au bout le combat de l’ouverture et de la confiance dans le Père : « Le Père ne me laisse jamais seul », avait-t-il dit à ses amis, et surtout pas au moment de l’épreuve. Il y a exprimé le désir de Dieu quand Il s’écrie sur la croix : « J’ai soif », cette soif que Dieu a de chacun de nous. Nous avons été appelés à la vie par Dieu. Nous sommes faits pour Lui. Et c’est quand la rencontre s’accomplit que nous sommes comblés, apaisés, relevés, réconfortés. Sur la croix, au moment où le soldat enfoncera la pointe de la lance dans son côté, il libérera symboliquement et pour toujours l’Esprit et son flot de grâces, de bontés, qu’Il continue à déverser sur ceux qui s’approchent de Lui, particulièrement au moment des sacrements. « Un des soldats, d’un coup de lance, le frappa au côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l’eau. »

Mes chers amis catéchumènes, mes frères dans la foi, vous êtes nombreux à avoir expérimenté la rencontre de Dieu dans des moments où votre cœur saignait, où votre chemin semblait perdu, où votre recherche se faisait épuisante et paraissait sans fin, où la mort d’un proche et l’épreuve de santé avaient semé le trouble en vous, au point de se demander : « Dieu est-il là ou bien n’y est-il pas ? » Certains encore, vous avez vécu cela par le réveil d’une foi qui s’était endormie, ou plutôt qui avait été étouffée par les incertitudes de l’adolescence ou l’absence de témoins de la foi près de vous. Mais voilà cette foi retrouvée grâce à des rencontres providentielles.

L’un de vous, après un de ces longs détours que la vie nous fait plus ou moins faire, pouvait écrire : « Une seule conclusion s’imposait à moi ; s’il existe un Dieu, il faut que ce soit celui-là. Un Dieu qui s’abaisse jusqu’à l’homme, un Dieu qui se sacrifie, un Dieu qui sauve et un Dieu qui nous invite à une relation d’ami, une relation d’amour. Un Dieu séparé de nous, qui existe par lui-même, contrairement à la vision orientale qui nous amène à penser que nous sommes Dieu ; un Dieu créateur qui nous a faits à son image et qui nous invite à vivre avec Lui, à approfondir notre relation, à vivre en communion. »

Evidemment, la lecture des Evangiles, le visage de Jésus contemplé, écouté, supplié, fut pour vous tous ce médiateur qui conduit au Père, ce Bon Pasteur qui porte la brebis fatiguée, ce bon Samaritain qui soigne les plaies ouvertes, ce Père de famille qui attend et pardonne. Il vous a conduits pour la première fois, ou pour une nouvelle fois, vers l’auberge où l’on soigne en son nom ceux qui entrent, l’Eglise, la communauté chrétienne, la fraternité toute simple. Parfois, vous pouvez même dire, parce que votre expérience est telle : « J’ai trouvé une nouvelle famille, une vraie famille. »

Voilà que ce soir, par l’Eglise, vous est donné l’Esprit qui reposait sur Jésus, qui a révélé le visage du Père, qui l’a conduit et soutenu, cet Esprit qui donne vie, qui souffle et purifie, qui réchauffe et console, qui conseille et développe notre amour filial et fraternel.

Comme au jour de Pentecôte, dans la chambre haute où demeuraient les disciples de Jésus, Marie elle-même, quelques femmes encore, voici qu’est répandu l’Esprit qui fait disparaître les peurs, qui donne l’audace pour être témoins de ce Dieu qui se fait si proche. Il vient encore pour que l’on se comprenne, l’on se respecte, l’on fasse fraternité. Il vient envoyer les amis de la paix, les assoiffés de justice, ceux qui donnent à manger à ceux qui ont faim, ceux qui accueillent les étrangers, les sans-abri, ceux qui sont remplis de miséricorde, ceux qui gardent le cœur humble et ne confondent pas Dieu et l’argent. Il vient ouvrir nos yeux si peu ouverts parfois, afin que nous regardions les autres et nos vies à la manière dont Dieu regarde.
Il vient même nous donner cette audace de la foi qui nous fait espérer au-delà de toute espérance en Celui qui est maître de la vie, ressuscite et donne la vie éternelle.

Nous l’attendons, nous l’espérons, nous voulons lui plaire dans nos vies.

Mes amis, mes frères, demeurons-lui fidèles. Il a les paroles de la vie éternelle. Ne gardons pas pour nous cette Bonne Nouvelle. Soyons-en témoins surtout par notre manière de vivre et d’être présents aux autres, par notre effort pour Lui ressembler.

Et que Marie, notre Bonne Mère, nous garde près de Lui.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Mercredi 7 juin 2017