Homélie:dimanche de la Miséricorde

L’oraison de cette messe se tourne vers Dieu en l’appelant ainsi : « Dieu de miséricorde infinie ».

Huit jours après Pâques, nous rendons grâce à Dieu pour son infinie miséricorde qui s’est déployée dans la passion du Fils bien Aimé. Celui-ci a bu la coupe qui lui était donnée à boire, celle du don de sa vie pour le salut des hommes, celle du pardon accordé sans mérite ni réparation, celle de l’amour jusqu’au bout. Au cœur de la révélation du Dieu, Père, Fils et Saint Esprit, se trouve cet abime d’amour qui se répand en pardon infini, en inventivité de l’amour.

Dans l’extrait de la lettre de l’Apôtre Pierre que nous venons d’entendre, nous bénissons avec Lui le Père de notre Seigneur Jésus-Christ : « Dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour un héritage qui ne connaîtra ni corruption, ni souillure, ni flétrissure. » Grâce au Christ, nous découvrons que la miséricorde du Seigneur nous poursuit depuis toujours. Dieu trouve plus de plaisir à pardonner qu’à punir, à serrer dans ses bras qu’à réprimander, à se rapprocher qu’à se tenir loin.
Dans les textes d’évangile de cette semaine, nous avons vu le Ressuscité rejoindre certains de ses amis pour renouer les liens rompus par la déception de sa mort mal comprise. Il ne reproche rien, ni le reniement de Pierre, ni le manque de courage de la plupart de ses disciples, ni les exigences de Thomas pour naître à la foi. Juste un léger reproche à Thomas qui lui permet de donner la nouvelle béatitude de la foi : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Pendant l’année du jubilé de la miséricorde, nous avons médité sur cette qualité première de Dieu. Le Pape François nous disait dans la bulle d’indiction au n°2 : « Nous avons toujours besoin de contempler le mystère de la miséricorde. Elle est source de joie, de sérénité et de paix. Elle est la condition de notre salut. Miséricorde est le mot qui révèle le mystère de la Sainte Trinité. La miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. » La miséricorde n’est pas un sentiment admirable. La miséricorde c’est un acte, l’acte par lequel on rend la vie et l’avenir possibles. C’est vraiment une source de vie, de bonté. C’est un moteur. Elle nous pousse en avant.

Chers frères et Sœurs, quelle beauté, quelle puissance s’exprime dans la miséricorde. Il y en a bien plus que dans la haine, la vengeance ou la méchanceté. Pour être miséricordieux, il faut laisser travailler la grâce de Dieu en nous. Pour être méchant, il suffit de suivre son instinct ! Nos vies quotidiennes nous permettent de faire cette expérience. Nous ne pouvons pas louer la miséricorde de Dieu et ne pas la vivre dans nos vies.
Sœur Faustine qui a œuvré pour que soit institué ce dimanche de la miséricorde écrivait : « J’ai découvert que la plus grande puissance est cachée dans la patience. Je vois que la patience conduit toujours à la victoire, même si cette victoire n’apparaît pas immédiatement mais bien des années après. La patience s’associe à la douceur. »
Oui, c’est le grand lieu de notre conversion : devenir dans la vie de tous les jours, patient, doux, bon, espérant, aimant, maître de soi, prévenant, fidèle. Prions les uns pour les autres. Mais prions aussi pour notre monde afin que dans les relations entre les peuples tout ne soit pas régi par la domination et l’intérêt, mais par la bienveillance et la justice. Que de violence, de duretés, imposées aux peuples et aux plus petits de tous les peuples.

J’emprunte encore à Sœur Faustine ma conclusion :
« Exalte, ô mon âme, le Seigneur pour tout et loue sa miséricorde car sa bonté est infinie. Tout passera, mais sa miséricorde n’a ni bornes, ni limites ; même si la méchanceté atteint sa mesure, la miséricorde est sans mesure. »
Qu’Il soit béni le Dieu tendre et miséricordieux ! Que nous nous laissions faire par son Amour.

+Georges Pontier

Dernière mise à jour : Dimanche 30 avril 2017