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Eglise Saint-Ferréol

Au début du 19ème siècle, notre église, qui faisait partie de l’ancien couvent des Grands-Augustins, sur le Vieux-Port, prit le nom de SAINT-FERREOL.

Saint-Ferréol
Ferréol, militaire né à Vienne au 3ème siècle, se fit remarquer par son engagement à la suite du Christ et par son zèle, à l’origine de nombreuses conversions. L’empereur Dioclétien avait décrété une persécution pour éradiquer la nouvelle religion. Ferréol fut emprisonné. Selon la tradition, un ange le délivra : il traversa le Rhône à la nage, mais fut repris et mis à mort à Vienne, le 18 septembre 304.

En 473, Saint Mamert, évêque de Vienne, décida de transférer son tombeau dans une église. En Provence, pas moins de 5 églises sont aujourd’hui dédiées à Saint Ferréol. A Marseille, dès le 11ème siècle, une chapelle porta son nom. Une église fut édifiée rue Sainte, puis au 17ème siècle, rue Saint Ferréol le vieux. En 1740, enfin, fut consacrée par Mgr de Belsunce la grande église de Saint Ferréol, sur la place du même nom, lieu actuel de la Préfecture. Elle fut démolie en 1794. Le buste ancien de Saint Ferréol, du 18ème siècle, classé Monument Historique, provient de cette même église

Bref historique par Bernard CORMIER (Archives Diocésaines)

Situés aux bords du Lacydon, s’élevaient au XIII siècle la commanderie et l’église des Templiers dont le souvenir s’ est perpétué par le nom de la Brasserie des Templiers à défaut de la rue qui a disparu. Après la condamnation de l’ordre, les bâtiments ont été affectés aux Hospitaliers de St Jean lesquels les ont vendus en 1367 aux Augustins venus s’installer à l’abri des remparts de la Ville. Durant tout le XVème siècle, des travaux auxquels s’intéressaient le Roi René et les notables de Marseille aboutirent à la consécration de l’église le 15 janvier 1542. Toutefois, la voûte en pierre ne fut achevée qu’en 1588. Auparavant le Il octobre 1533, le Pape Clément VII était reçu en cette église à l’occasion du mariage de sa nièce Catherine de Médicis avec le duc d’Orléans, fils de François Ier.

Sur ce site privilégié, les Augustins accueillent des confréries de métier, les portefaix ayant déjà leur autel dédié à St Pierre et St Paul depuis le 17 mars 1390 du temps des Templiers, puis les boulangers fêtant Saint Michel et Saint Honoré, ainsi que les ferblantiers, les auffiers, les caissiers, menuisiers, la grande fête avait lieu le 25 juin pour la Saint Eloi, avec les maréchaux, forgerons, selliers et carrossiers.
En 1670 fut érigée aux Augustins l’Archiconfrerie de Notre Dame de la Ceinture qui regroupait les personnes frappées par les épreuves de la vie. Une statue de la Vierge en argent y était vénérée : elle fut envoyée à la fonte pendant la Révolution qui chassa les Religieux Augustins.

En 1792,1’église fut érigée en paroisse constitutionnelle, puis en entrepôt, ce qui la sauva de la démolition. Après la signature du Concordat, Mgr Champion de Cicé institua le 1 mai 1803 l’église des Augustin comme deuxième paroisse avec le titre de St Ferréol,du nom d’une église détruite qui était alors située place de la Préfecture actuelle.

L’ouverture d’une rue à travers l’ancien couvent entraîna l’amputation d’une travée de l’église qui dut être consolidée avec la réfection de la façade en 1875. L’église eut à subir des menaces de démolition sous les municipalités anticléricales des années 1931-35..

Depuis 1969 St Ferréol-Les Augustins n’a plus le statut d’église paroissiale (les actes de catholicité n’y sont plus célébrés) mais celui de sanctuaire consacré aux célébrations communautaires, à la prière silencieuse, à l’écoute des fidèles et aux conseils spirituels.
Description

Le style de l’église a subi de nombreux réaménagements au cours des siècles. Seuls,les murs-maîtres de la nef et des chapelles latérales semblent correspondre à la phase originelle de construction du XVéme siècle. Les fenêtres, ouvertes à cette époque, ont progressivement été obturées partir du XVIème siècle. Les chapelles latérales communiquent entre elles par un passage pratiqué entre les murs de refend, sans pour autant former des collatéraux.

La réhabilitation de l’intérieur des voûtes et des parements des murs, la restitution de l’abside avec décoration de colonnettes, fausses fenêtres en ogives, à meneaux et rosaces en pierre rapportée, est due à l’architecte Louis Bérengier (1848-1905) qui crée ainsi une oeuvre originale gothique du XIXème siècle.
Après redistribution des chapelles et redécouverte de certaines pièces funéraires enfouies, on peut voir en la première chapelle, le tombeau de la famille Montolieu-Montolivet.grand trapézoèdre en marbre noir gravé, au sculpteur Jean Mathias,selon Michel de Léon et Achard. La seconde chapelle nord garde le rétable et l’autel dédié à N-D.de Grâce avec le tableau représentant St Pierre et St Paul, la troisième conserve le tombeau de la famille Mazenod. Dans celle proche du sanctuaire,on remarque la relique de Saint Louis d’Anjou, évêque de Toulouse, dérobée par Espagnols au XVéme siècle, puis restituée récemment par l’évêque de Valence. Le buste de St Ferréol (XVIIIéme siècle) provient de l’église de ce nom détruite sous la Révolution.

La chaire du XVIIIéme siècle aurait été transportée de l’église St Hommebon qui se trouvait sur le Cours et a été transformée en ce qui a été l’Alcazar.

Ce qui frappe la vue en entrant c’est évidemment l’autel en marbre polychrome de Dominique Fossati surmonté de son ciborium. Il a été récemment aménagé de façon à permettre la célébration de la messe face au peuple sans pour autant détruire la perspective de son unité.

De nouvelles statues ont remplacé celles qui meublaient l’église au début du siècle, ainsi St Augustin par Raymond Servian, Ste Jeanne d’Arc par Louis Botinelly ou Ste Thérèse de L’Enfant Jésus par E-J.Vézien. Des espaces de prière ont été aménagés dans les chapelles pour permettre la vénération des saints ou des icônes ou encore la lecture de la Bible avec un mobilier approprié.

Le clocher qui fait partie du décor du Vieux-Port, s’élève en hors d’œuvre a été repris, dans sa partie supérieure, dans un style néo-classique su un module octogonal. La salle du rez de chaussée de ce clocher a gardé un voûtement de stuc orné de liernes et tiercerons.

La façade,après les amputations de 1804, a été refaite sur les plans Joseph Letz, architecte en chef du département, en 1874, avec les techniques de revêtement du cimentier Désiré Michel. Sous un fronton brisé qui répond au clocher, un grand arc central abrite une statue de l’Immaculée Conception sculptée par Coulange.

Conclusion

Ancien couvent de moines mendiants qui ont accueilli la ferveur populaire des Marseillais vivant autour du port, l’église St Ferréol-les Augustins est devenue la seconde paroisse concordataire durant un siècle et demi. Elle est actuellement l’église qui reçoit de nombreux fidèles, habitants du quartier comme venant de tous horizons vers un pôle où affluent clients de la rue, passants, visiteurs, promeneurs désireux de s’arrêter pour un halte spirituelle.

Dernière mise à jour : Jeudi 19 septembre 2013