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En union avec le pape François : Messe pour la paix en Syrie à la basilique du Sacré-Coeur

Être disciple du Christ : la lecture de l’évangile vient de nous en rappeler toute l’exigence ! Ne rien Lui préférer : ni nos liens affectifs, ni nos idées bien arrêtées, ni nous-mêmes. Le préférer à tout ! Comment se comporter en disciple de Jésus dans ces événements dramatiques que nous connaissons ? C’est cela, qu’avec un cœur de père, le pape François nous a invités à chercher au cours de cette journée de jeûne et de prière pour la Syrie, en cette veille de la fête de la Nativité de la Vierge Marie.

Les drames se multiplient, des populations civiles innocentes souffrent de manière épouvantable, déjà durant ces dernières décennies, et maintenant tout spécialement en Syrie. Les scènes que nous rapportent les médias sont difficilement soutenables. Des réfugiés toujours plus nombreux s’exilent dans leur propre pays ou ailleurs et vivent dans des conditions souvent inhumaines. Des pays déjà fragiles se voient dans le devoir de les accueillir. Et les parties en présence donnent l’impression de n’envisager d’issue que dans le rapport de force, l’écrasement de l’adversaire, la domination. La force qui s’impose et qui en impose ! Et puis les calculs politiciens locaux ou internationaux, et puis les ambitions, et puis les intérêts économiques et puis les projets de société qu’on veut imposer aux autres ! Et l’orgueil qui aveugle et tout le reste !

Mais là-dedans aussi des solidarités non médiatisées, des gestes de fraternité qui humanisent ces événements inhumains, de courageux et persévérants artisans de paix. Et encore la prière des uns et celle des autres !
Et l’espérance mise à l’épreuve ! A qui s’en remettre ? Qui changera les cœurs de pierre en cœur de chair ? Qui peut faire taire les armes ? Qui peut faire s’asseoir à la même table ceux qui ont la possibilité et le devoir de trouver et de proposer des compromis acceptables ? Qui soutiendra ceux et celles qui crient : c’est assez, nous avons assez souffert, assez pleuré, assez enterré ! Nous voulons vivre en paix, ensemble, Syriens de longue date !

Nous Le connaissons Celui qui change les cœurs, éclaire les intelligences, donne à l’homme de se surpasser, de servir ses frères, d’abandonner son intérêt personnel pour chercher le bien du plus grand nombre ! Nous Le connaissons, c’est notre Dieu et Père de tous les hommes, Lui qui a donné son Fils unique pour que la réconciliation triomphe. Il a vaincu la haine, ce poison qui ne cesse d’inventer des moyens nouveaux et toujours plus cruels pour se venger et s’enfermer dans le cercle infernal de la violence et de la vengeance ! Il a rompu le cycle de la vengeance et ouvert celui de la réconciliation.

Cela paraît impossible à atteindre ! Et ce n’est pas faux ! Les hommes laissés à eux-mêmes, enfermés dans la recherche de leurs seuls intérêts, victimes de leurs peurs, fragilisés par leurs blessures, aveuglés par leur orgueil, ne pensent pouvoir être des hommes qu’en se vengeant !
Et Jésus nous montre la grandeur humaine dans le pardon, l’oubli de soi, la recherche du bien de tous, le dialogue, la recherche des solutions justes et acceptables, et jusqu’au don de sa vie !

Alors oui, nous nous tournons vers Lui ce soir, remplis d’humilité et animés par une grande confiance ! Nous le reconnaissons : seul Dieu peut ouvrir le cœur des hommes, les retourner, les convertir. Nous sommes habités par cette espérance et nous crions : hommes et femmes en conflit, hommes et femmes en responsabilité, grands et petits, soyez des artisans de paix, de justice, de partage, d’oubli de soi, d’humilité. N’écrasez pas vos frères, ne tuez pas ! Créez les conditions d’un vivre ensemble retrouvé.

Le Christ Jésus a livré la puissance de son Esprit Saint. Il l’a répandue dans les cœurs. Écoutons l’Esprit de vie, l’Esprit de pardon, d’espérance, de persévérance. Écoutons-le faire de nos cœurs des cœurs de frères ! Obéissons à notre devoir de fraternité !

Chers amis, si le Saint-Père nous a demandé aussi de jeûner pour la paix, c’est pour que notre prière soit accompagnée par un geste sur nous-mêmes, en nous-mêmes. C’est demander au Prince de la paix de venir apaiser ce qui en nous est troublé, agité à la vue de ces événements lointains. Qu’Il vienne faire de nous des artisans de paix pour que nous prenions notre part dans la victoire de la culture du dialogue et de la paix aujourd’hui dans nos vies, à notre mesure, et aussi dans notre manière de parler de ces événements.

Que Marie, qui a enfanté le Prince de la paix, qui a versé des larmes maternelles au pied de la croix, qui a tenu jusqu’au bout dans l’espérance, nous donne un cœur fraternel et tourne nos yeux vers son Fils bien-aimé.
Qu’elle soutienne nos frères chrétiens de Syrie qui la prient avec intensité et dernier espoir.
Qu’elle nous soutienne pour que cette prière de ce jour ne soit pas un moment où nous nous donnons bonne conscience, mais un moment où nous entendons l’appel du Christ à être des artisans de paix ici et ailleurs et à Le suivre en portant, s’il le faut, notre croix sur le chemin de nos vies.

+ Georges Pontier

Dernière mise à jour : Lundi 24 août 2015