Expo Smell of Marseille

Smell of Marseille du 8 février au 5 mars
Eglise St Ferreol Vieux-Port

Eric Pringels
#smellofmarseille

Architecte de formation, touche-à-tout invétéré (il est un des pionniers de Marseille Capitale Européenne de la Culture) Eric Pringels a toujours réalisé des photos mais ne s’y est mis sérieusement que récemment quand la prise de vue est devenue indétectable. Aujourd’hui, jusqu’à la mise en ligne sur son profil Instagram avec son hashtag préféré #smellofmarseille l’image n’aura jamais quitté son iPhone. "Ces photos sont devenues possibles grâce aux nouvelles technologies présentes dans nos smartphones" confirme-t-il. Sa photo street art est ainsi éminemment furtive et terriblement révélatrice. "Personne n’est photographié en le sachant. Je n’ai jamais demandé d’autorisation, je n’ai jamais osé le demander surtout, ce sont des photos dérobées". Dérobées au fil de ses allées et venues dans le centre-ville, de la Canebière au Vieux Port, de son foyer à son travail. Le photographe a deux lieux de prédilection : la Maison de la Région et l’église Saint-Ferréol sur le Vieux-Port "ces bâtiments sont deux grands réflecteurs de lumière, les gens sont éclairés des deux côtés, comme au cinéma".
Par ses photos naturalistes, très structurées, ses visages burinés, ses sujets pris dans le mouvement, Pringels livre une vision de la ville à l’inverse de celle que créent de toutes pièces les pouvoirs publics pour attirer touristes et nouveaux habitants. "Les images trop belles, je ne les garde pas" confie-t-il. Interprétons-le comme une revendication d’authenticité pour une ville d’adoption avec laquelle ce Belge d’origine britannique entretient une relation fusionnelle. "Cette série de photos, c’est ma déclaration d’amour à Marseille, à sa lumière". Et après leur première vie sur Instagram, il était peut-être temps de donner un nouvel écho à ce travail de longue haleine. Et, pourquoi pas, à l’endroit même où beaucoup d’entre elles ont été conçues ? L’exposition de l’église Saint-Ferréol recoupe toutes ces figures dans une classification adaptée au lieu, avec ses vierges, son baptême, ses saints et ses ermites... "Mon grand-père a peint, sculpté, réalisé des fresques dans des églises en Belgique, ma sélection pour cette exposition se fait en résonance avec les lumières divines, les attitudes christiques qu’on peut trouver ici au quotidien, dans la rue". Cour des miraculés, cour des miracles, le bitume marseillais est propice à cette récolte improbable, qui rappelle une forme de classicisme de la photo française, réaliste pour son caractère parfois sociologique, absurde de par son humour. "Marseille est une ville qui possède sa propre odeur, qui ne ressemble pas autres villes, avec ses personnages, très photogéniques. Chacun est intrigant, possède sa propre histoire". Et susceptible de se retrouver dans #smellofmarseille, longue pellicule qu’Eric Pringels déroule pour révéler la vérité fugace d’un Marseille rendu à ceux qui la sillonnent au quotidien.

Hervé Lucien, octobre 2017

Dernière mise à jour : Mercredi 31 janvier 2018