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François Gomez, nouveau président de la délégation de Marseille

Au mois de juillet, François Gomez a été nommé président de la délégation de Marseille du Secours catholique. Rencontre avec un passionné qui aime prendre soin des autres.

Donner une place à chacun

Il prévient : « J’ai mauvais caractère, je suis soupe au lait. Parfois l’Espagne pousse un peu en moi sa corne, comme disait Claude Nougaro ! » Né en Catalogne, François Gomez se considère, aujourd’hui encore, comme un immigré. « Et pourtant, Dieu sait si j’aime la France ! » Quand il est arrivé dans le petit village de Talairan, dans l’Aude, Francisco ne parlait pas un mot de français. « En 1960, avec ma mère et mon petit frère, nous avons rejoint mon père qui avait trouvé du travail chez un viticulteur près de Narbonne. À huit ans, j’ai découvert un monde nouveau. » Et Francisco est devenu François...

Une famille nombreuse...
Son père a été ensuite manœuvre, sa mère femme de ménage. « J’ai eu des maîtres extraordinaires qui m’ont poussé à faire des études. » En faculté à Toulouse puis à Montpellier, François se destine au métier de professeur d’espagnol... sans beaucoup de conviction. « Comme mes parents étaient pauvres et la bourse à peine suffisante, j’ai commencé à travailler dans une maison d’enfants pour aider aux devoirs. » Et il n’a plus quitté le secteur ! Il devient éducateur spécialisé dans une Maison d’enfants à caractère social à Montpellier. « Un jour, j’ai appris que les Filles de la Charité cherchaient quelqu’un pour diriger un établissement à Marseille. À l’époque, j’étais un peu loin de l’institution Église... » Arrivé en 1984 comme directeur du Mas Joyeux, une petite maison d’enfants inscrite dans le quartier de Saint-Loup depuis 1873, il y restera trente-cinq ans avec sa famille, devenant par la suite également directeur d’un second établissement, Les Mouettes : « Les Filles de la Charité m’ont donné ma chance et j’ai été accompagné tout au long de ma carrière par Sœur Marcelle Porro. » En plus des siens, François devient le père de quarante-quatre enfants confiés par l’Aide sociale à l’enfance, « des enfants parfois difficiles, mais pleins de potentialités ».
La difficulté ne le rebute pas. « Je suis sensible aux fragilités et j’aime prendre soin des autres. Dans ma mission, j’ai essayé d’être fidèle à l’esprit de saint Vincent de Paul et à Matthieu 25, confie ce fervent lecteur de la Bible. Pour moi, le visage de chacun de ces enfants était un visage du Christ. Certains sont devenus animateurs, quelques-uns ont été baptisés, l’école Sainte-Marie a accueilli des enfants dont personne ne voulait. » Ce qui a le plus coûté à François quand il a pris sa retraite, ce fut de les quitter.

Le souci de l’autre
Après quelques mois de récupération, le Secours catholique est arrivé par hasard. « Mon engagement me portait plutôt vers le secteur de l’enfance. Puis on m’a sollicité pour prendre la présidence du Secours catholique. J’en avais une vision un peu passéiste, qui se résumait à l’aide aux pauvres. » Il rencontre alors les équipes, Béthanie, l’Accueil mobile de nuit... Il découvre la complexité et la richesse du Secours catholique : « Je suis émerveillé de voir la générosité, l’engagement, le partage, le souci de l’autre. J’y retrouve la dimension expérimentée auprès des Filles de la Charité : aider les pauvres à se prendre en charge, être leur avocat, les écouter, les respecter, les aider à se former à la prise de parole, ne pas plaquer sur eux notre vision du monde. C’est plus facile de parler à la place des autres. On mesure mal le mépris que peuvent ressentir les pauvres, même si l’aide est généreuse. » Il adhère pleinement au projet politique de l’association : « Changer le monde, donner une place à chacun. Mais on ne peut le changer qu’avec les personnes elles-mêmes. Nous ne nous sauverons pas les uns sans les autres. » François Gomez utilise volontiers l’image du tissage : « Le tapis de la création n’est pas fini. Il faut continuer à tisser les uns avec les autres, avec le souci de chacun et en même temps du bien commun. »
François Gomez a donc accepté cette nouvelle mission, « même si je ne me sentais pas être la personne idoine : quand vous êtes né pauvre, vous vous demandez quelle est votre place dans certaines assemblées. J’imaginais plutôt un président notable, ou du moins, avec une carte de visite et un réseau ! » Il n’a pas de réseau, mais la volonté de se mettre au service de la délégation, du délégué et de son équipe, « en restant ouvert et attentif, en respectant le temps et l’allure des bénévoles, qui sont essentiels pour le Secours catholique ».
Ce passionné de l’enfance souhaite développer certains projets : l’aide aux familles, le soutien scolaire, le soutien à la parentalité « pour qu’ils ne baissent pas les bras. En soutenant les parents, on peut les aider à franchir le pas, à inverser des trajectoires, à ne pas être prisonniers de l’histoire. C’est un défi pour toute la société. »

Dominique Paquier-Galliard

Dernière mise à jour : Mardi 12 novembre 2019