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Homélie 22 septembre : inauguration de la chapelle restaurée de l’Hôpital Saint Joseph

Au cours de cette neuvaine qui précède la béatification de l’abbé Fouque, il est tout naturel qu’après l’avoir ouverte hier à l’église des Réformés, lieu de son baptême, nous soyons ici à l’Hôpital Saint Joseph où Jean-Baptiste Fouque mourut le 5 décembre 1926, à l’âge de 75 ans.

La fondation de cet hôpital est bien le fruit de son habileté à défendre une cause, de sa confiance inouïe en la Providence et de son souci des plus pauvres, ceux dont la santé était altérée. Son corps est revenu ici, dans cet hôpital. Il y est comme un signe et un rappel de son enracinement dans la charité de Dieu pour son peuple dont l’abbé Fouque fut animé.

Parmi les étapes de notre neuvaine, je voudrais ici que nous rendions grâce pour tous ceux et celles dont l’abbé Fouque a su s’entourer pour assurer la permanence de ses œuvres. Je pense bien sûr aux communautés religieuses : celle des Sœurs Dominicaines de la Présentation de Tours et celle des Filles de la charité de Saint-Vincent de Paul, dont il a su obtenir le concours nécessaire et apprécié. Je pense encore aux généreux donateurs et donatrices. Et je veux y ajouter l’aide précieuse de femmes qui l’ont entouré, et tout spécialement sa sœur Joséphine. Voici ce qu’il a noté dans son testament : « Par les présentes, en toute et pleine possession de moi-même, après m’être confié en la bonté de Notre Seigneur, en le suppliant d’avoir pitié de moi et d’étendre sur ma pauvre âme toute sa grande miséricorde, je lègue à ma chère bien-aimée sœur Joséphine Fouque tout le patrimoine reçu de nos bons parents, la somme déposée à Sainte-Anne, les objets, mobiliers, et la part de maison, souvenir de famille, de la rue des Cordelles, 21.
Je ne mets aucune entrave aux volontés de ma sœur, elle fera de tout ce que je lui remets entre les mains l’usage qu’elle voudra. Mais associée intime comme elle l’a toujours été à ma vie, elle répondra à mes vœux, elle répondra à mon désir, si de tout ce qui lui revient, elle a soin à son décès d’en disposer pour Sainte-Anne et pour l’hôpital, et les autres maisons qui feront appel à sa charité. En retour, je demande à notre bonne mère supérieure de Sainte-Anne de prendre soin de ma sœur jusqu’à la fin de sa vie. Je ne saurai trop reconnaître ce qu’elle a été pour moi. Je demande qu’on donne suite à mon désir exprimé de vive voix qu’une maison dépendant de Sainte-Anne lui soit affectée, dans laquelle elle attendra à l’abri du besoin son heure du départ pour l’éternité.
Enfin, je demande à tous ceux à qui j’ai pu faire de la peine de me pardonner. À mes enfants de se souvenir auprès du bon Dieu de celui qui les a beaucoup aimés ici-bas et qui les attend au ciel. »

Voilà le beau testament qui nous fait saisir la profonde foi de l’abbé Fouque en Dieu, sa sérénité devant la mort, sa confiance faite au Ressuscité, sa certitude de la vie après la mort. Il nous fait aussi percevoir sa reconnaissance envers sa sœur Joséphine qu’on ne peut oublier, ainsi que les autres Dames qui l’ont tant entouré, Madame Prat tout particulièrement.

Je sais qu’ici, vous vous savez héritiers de la foi et de la charité audacieuse d’un prêtre exceptionnel. La réfection de cette chapelle manifeste combien vous voulez toujours fonder votre action dans la foi chrétienne qui a inspiré l’abbé Fouque. Il voulait soulager les corps et guérir les âmes. Il avait la certitude que les deux étaient profondément unis. La présence d’un aumônier et d’une équipe d’aumônerie porte aujourd’hui ce souci avec l’aide de personnes travaillant dans cet hôpital et aussi de bénévoles. Vous prenez des initiatives en faveur des pays pauvres. Les réalités du monde de la santé ne sont plus celles de la fin de la guerre de 1914-1918.

Aujourd’hui, d’autres questions se posent à nos consciences de chrétiens. Je pense à ce qui se réfléchit autour des questions liées à la révision des lois de bioéthique, à celles sur la fin de vie. Je pense encore aux questions financières et à la nécessité de garder vif à l’esprit le souci de préserver la dignité de tout homme, quel que soit ce qui arrive à son corps. Le soin du malade, son bien-être doivent guider les choix stratégiques. Les progrès techniques et les possibilités qu’ils offrent ne peuvent prendre le pas sur le bien des malades, celui des soignants et du personnel. On ne peut ignorer les contraintes financières, mais elles ne peuvent devenir, seules, celles qui imposent leur loi.

Rendons grâce pour tout ce qui se vit ici pour le meilleur soin des corps et des âmes. Cherchons dans la lumière de notre foi chrétienne les éléments d’un discernement respectueux de la dignité de tout être humain, de sa conception à sa mort naturelle.

Que le Seigneur soutienne notre foi, qu’Il la garde inventive, imaginative, créatrice, porteuse de la Bonne Nouvelle de Celui qui est passé en faisant le bien, en guérissant et en pardonnant, en soignant et en réconfortant.

Qu’Il soit béni Celui qui nous a fait le don de la vie, celui de l’amour comme source du bonheur, celui de la foi comme lumière qui nous oriente vers le Dieu fidèle, doux et humble de cœur.

Que la Vierge Marie, qui tenait une grande place dans la vie spirituelle de l’abbé Fouque, nous entoure de sa maternelle présence et prie pour nous tous « maintenant et à l’heure de notre mort ».

Amen.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Lundi 24 septembre 2018