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Homélie Vigile de Pentecôte : confirmation des catéchumènes : 8 juin2019

« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi !

Ce cri de Jésus rapporté dans cet extrait de l’évangile de la Vigile de Pentecôte nous rejoint profondément en cette célébration de votre confirmation, chers amis.
« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : de son cœur couleront des fleuves d’eau vive. » En disant cela, Il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en Lui.

La soif ! La soif d’unité de nos vies, la soif de savoir qu’on n’est pas seul, la soif de se donner à Celui qui donne tout, la soif de Le reconnaître, la soif de lâcher prise, la soif de Le connaître et de L’aimer vraiment, la soif d’en faire l’ami de notre vie, le premier, la soif que seul, Lui, peut étancher, alors qu’on a essayé d’autres breuvages, d’autres boissons. Et aussi cette évidence qu’Il est là tout près de nous, attendant patiemment et amoureusement que nous Lui ouvrions la porte de nos cœurs, non pas timidement ou trop peu, mais totalement et délibérément.

Rappelez-vous, chers catéchumènes comment vous L’avez reconnu, comment Il est venu. Vous êtes cent-cinquante. Vos lettres m’ont fait part de cent-cinquante itinéraires, cent-cinquante histoires, toutes personnelles, mais toutes semblables à l’arrivée : Il est là ! Je désire qu’Il fasse sa demeure en moi. Je désire vivre de Lui.

Ainsi, je puis bien vous rapporter quelques mots exprimant cela. L’une de vous décrit longuement son chemin avec le Seigneur. Après L’avoir tenu à distance, sans jamais L’oublier, elle s’est ouverte à sa fidèle présence. « Aujourd’hui, il me semble que sur mon chemin, le Seigneur s’est souvent placé sur le côté, assez près pour que je sente sa présence, mais juste assez loin pour que je sois libre de Le rejoindre ou de L’éviter. » Elle décrit ensuite les diverses occasions d’une rencontre en devenir et ajoute : « À cette aspiration, je trouve une réponse dans ma confirmation. En choisissant d’être confirmée, je choisis de devenir témoin du Christ. Devenir témoin, c’est reconnaître que ma foi est centrale et accepter qu’elle unifie ma vie pour que, par elle, je témoigne. Reconnaître que toutes les dimensions de ma vie ne sont pas équivalentes et que ma foi, que je considérais comme l’une d’elles, peut être le ciment de toutes les autres… Par ailleurs, en demandant le sacrement de la confirmation, je voudrais que mon chemin de foi ne subisse pas la contingence des événements qu’on ne choisit pas, mais qu’il ait la force de ceux qu’on confirme, avec sérénité et conviction. En quelque sorte, que mon chemin ne trouve pas le Seigneur sur son côté, de manière fortuite, mais qu’il Le suive délibérément. »

L’apôtre Paul, dans l’extrait de la Lettre aux Romains entendu tout à l’heure, écrivait : « Tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; c’est en Lui que nous crions "Abba ! ", c’est-à-dire : Père ! »
Chers catéchumènes, en ce jour de votre confirmation, vous recevez l’Esprit de Dieu, l’Esprit qui rend libre de toute peur, l’Esprit qui garde nos cœurs assurés que nous sommes aimés de Dieu comme ses enfants bien-aimés, l’Esprit qui nous montre le chemin de la paix et de la fraternité comme le chemin sur lequel Il nous accompagne et nous sauve. L’une de vous écrit encore : « J’ai eu à réaliser que malgré tous les manquements que j’ai pu réaliser envers Lui, Il était toujours là dans ma vie à me consoler quand j’étais triste, à me rassurer quand j’ai eu peur et à me donner le courage et la force de surmonter les nombreuses épreuves que j’ai pu rencontrer jusqu’à aujourd’hui. J’ai expérimenté sa présence et son amour et réalisé que rien ne peut se faire sans Lui. »

Rien ne peut se faire sans Lui ! « Sans moi, vous ne pouvez rien faire », a-t-il dit un jour ! Seul, on ne peut rien faire ! Seul, le fils qui s’éloigne du Père devient le fils prodigue. Dans ce dialogue avec Dieu, nous L’entendons-nous dire : « N’aie pas peur, suis-moi. M’aimes-tu vraiment ? Que veux-tu que je fasse pour toi ? Va et ne pèche plus. Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. Tu as du prix à mes yeux et moi je t’aime. Si je ne m’en vais pas, le Défenseur, l’Esprit de vérité ne viendra pas en vous. »

Chers catéchumènes, chers frères et sœurs, rendons grâce à Dieu. Rendons-Lui grâce pour le don de la vie, pour le don de la vie vécue dans l’amour, rendons-Lui grâce pour le don de la foi, rendons-Lui grâce pour l’Église dont le Christ est la tête, rendons-Lui grâce pour le chemin de vie, de joie et de paix qu’Il nous propose et nous donne de choisir et de vivre. Rendons-Lui grâce de faire de nous des ouvriers de sa moisson, des témoins de son amour et des bâtisseurs d’un monde plus fraternel, plus soucieux des plus pauvres, des plus souffrants. Rendons-Lui grâce pour la paix et la joie qu’Il met dans nos cœurs. Rendons-Lui grâce pour la confiance que nous avons en Lui. Rendons-Lui grâce pour la communion avec Lui. Rendons-Lui grâce pour la joie d’être totalement en Lui au-delà de cette vie. Rendons-Lui grâce pour le Dieu qu’Il est, Dieu d’amour, plein de tendresse et de bonté.

« Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi ! »
Avec confiance, allez à Lui et buvez sa Parole de vie.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Vigile de Pentecôte
Confirmation des adultes
Cathédrale de La Major
Samedi 8 juin 2019

Dernière mise à jour : Jeudi 4 juillet 2019