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Homélie de Mgr Pontier : fête du Sacré-Coeur 8 juin 2018

Chers frères et sœurs,

C’est une joie de se retrouver chaque année pour célébrer ensemble cette fête et prier pour notre chère ville de Marseille.

Quand Mgr de Belsunce propose, en 1720, aux échevins de la ville de la consacrer au Sacré- Cœur de Jésus, c’est au cours du drame de la grande peste de Marseille et au terme d’une épreuve troublante qui a décimé de très nombreuses vies et perturbé les esprits des survivants. Malgré le trouble, il faut poursuivre la route et retrouver des raisons d’espérer.

Dans une société profondément marquée et unifiée par le christianisme, on se tourne vers le Christ, on contemple, comme le dit saint Paul, la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de l’amour de Dieu pour les hommes, révélé et manifesté par le témoignage du Fils de Dieu fait homme. Au cœur du drame personnel que vit Jésus le Christ condamné, crucifié, se laisse voir la profondeur de son amour dans le pardon et la vie donnés, le côté ouvert par la lance du soldat d’où vont sortir l’eau et le sang, les paroles réconfortantes qui confient Marie à saint Jean et l’ami à sa Mère qui porte l’espérance des hommes dépassés par ce qui leur arrive. S’ouvrent ainsi les chemins de la fraternité, de la solidarité, de l’engagement, pour exprimer et donner chair à la foi en Dieu et en l’homme. Sa résurrection viendra confirmer la fécondité de ce chemin qui triomphe de la mort spirituelle comme de la mort charnelle et ouvre à la vie qui ne finit pas.

Nous poursuivons cet engagement et nous continuons à croire en la fécondité du chemin de la fraternité, de la solidarité et de l’engagement pour les plus éprouvés de la vie.

Cent cinquante ans après Mgr de Belsunce, rayonnera un prêtre marseillais dont nous allons faire mémoire à l’occasion de sa béatification, le 30 septembre prochain. L’abbé Jean-Baptiste Fouque a su réveiller les consciences, fédérer les générosités et prendre des initiatives généreuses adaptées aux défis de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième : œuvre pour les jeunes filles abandonnées, œuvres pour les garçons orphelins, Hôpital Saint-Joseph, et d’autres encore qui nous seront rappelées en temps voulu. L’espérance, la confiance, la sérénité, la paix sont le fruit d’un monde où la solidarité, le soin des petits et des pauvres, l’accueil et la fraternité inspirent des initiatives et des choix de société.

Nous ne pouvons pas oublier le visage de ceux et de celles qui souffrent dans ce monde du vingt-et-unième siècle. Au loin et chez nous, en Afrique, sur la Méditerranée et dans nos grandes villes françaises. Comment mettre plus d’humanité dans ce monde ? Nous le savons et nous l’entendons encore en ce jour de mémoire. N’oublions pas le message du Sacré-Cœur ni l’engagement d’hommes et de femmes dans notre monde ni le chemin ouvert par le Christ. Éloignons de nous les peurs et les solutions inspirées par la crainte. Empruntons celles inspirées par la confiance, la générosité et la fraternité. Le cierge que, dans un instant, nous allons échanger avec Monsieur le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie est semblable à celui que nous allumons pour la nuit de Pâques, mais aussi à ceux qu’on allume dans nos églises ou encore lors des drames divers de notre monde. Nous cherchons la lumière qui peut vaincre les ténèbres de nos vies personnelles ou collectives. Nous en recevons des signes dans la générosité immédiate des Arnaud Beltrame, des Mamadou Gassama, et aussi de tant d’autres anonymes dont les gestes ne seront pas connus de tous, mais qui auront enchanté la vie par leur fraternité et leur proximité.

Chers frères et sœurs, nous sommes tous devant des choix de vie divers dans les situations que nous avons à affronter. Il y a ce que nous vivons dans nos vies familiales, puis professionnelles, puis dans nos engagements au service des autres, au service de notre pays et du monde. Laissons le Sacré-Cœur de Jésus répandre en nous la puissance de vie qui vient de la profondeur de son amour pour les hommes, pour tous les hommes. Que notre foi chrétienne nous tienne en éveil. Que la Vierge de la Garde nous accompagne dans notre marche de vie éclairée par son Fils, Jésus, qui nous aima jusqu’au bout. Et prions pour les responsables de notre pays sur qui pèsent de lourdes charges et obligations.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Vendredi 8 juin 2018