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Homélie lors de l’appel décisif des catéchumènes : 2015

« Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Ainsi allait Jésus lorsqu’Il s’est mis à parcourir la Galilée pour proclamer l’Evangile de Dieu, comme le disait le texte que nous venons d’entendre.

Cette page de l’Evangile ne cesse de se réécrire jusqu’à la fin des temps et vous-mêmes, vous en êtes une merveilleuse illustration. « Les temps sont accomplis pour vous. » Vos lettres rendent témoignage de cela : à 20 ans, 30 ans, 40 et jusqu’à 73 ! Voilà que les temps sont accomplis pour vous et que le regard de Jésus porté sur vous vous a saisis. Voici que la parole de l’Eglise vous disant : « Il est proche de toi » vous a éclairés. Pour l’un, c’est le témoignage d’un conjoint, pour l’autre, l’appel à être parrain ou marraine, pour un autre, la lecture de la Parole de Dieu, la participation à des célébrations, pour un autre encore, une expérience spirituelle étonnante, forte et source de paix profonde, ou encore une conviction ancienne : Dieu était là, Dieu ne m’a pas abandonné, Il ne m’a jamais laissé seul.
« Je veux remercier Dieu de son accompagnement avec moi, tout au long de ma vie, malgré les difficultés rencontrées », écrit l’une d’entre vous âgée de 45 ans. Et un autre de 27 ans écrit en relisant ses années incertaines : « Il me manquait toujours quelque chose, sans pouvoir le dire : la reconnaissance que Dieu m’aime et veille sur moi. »

Et voilà qu’aujourd’hui, en cette célébration de l’Appel décisif, votre joie est profonde, une joie particulière, intérieure, unique, la joie de l’enfant qui reconnaît son Père, la joie de celui qui va recevoir pour la première fois Celui qui pourtant l’aime depuis toujours, la joie de se sentir aimé, reconnu, accueilli. Et là encore, l’Eglise, la communauté chrétienne, a été ce lieu où vous avez trouvé un accueil fraternel, délicat. Et l’un de vous peut écrire, au terme d’un chemin qui a pris de nombreuses décennies : « Je frappe à la porte de l’Eglise. Je souhaite retrouver ma famille. »

Vous avez peut-être noté la manière dont saint Pierre, dans la seconde lecture de tout à l’heure, parlait du baptême : « Le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ. »
Vos lettres témoignent encore de cet engagement envers Dieu avec une conscience droite. Vous voulez vraiment répondre à son amour par le vôtre, vous voulez mener une vie droite, selon son désir et sa volonté. Déjà, vous avez vu les fruits que produit la rencontre du Seigneur : « Aujourd’hui, écrit l’une d’entre vous, je vois la vie différemment, je pardonne plus facilement, je garde la foi quoi qu’il se passe, même si la vie n’est pas tendre. Mais je cherche le côté positif des choses. J’ai pardonné aux personnes qui m’ont fait du mal et reste tolérante face au monde. »

Tout cela est le fruit de la résurrection de Jésus, comme dit l’apôtre Pierre. Le ressuscité déploie la puissance de son Esprit sur les hommes qu’Il aime. Il mène en chacun le combat qu’Il a mené ici-bas en lui-même pour nous tous. Il a vaincu le péché qui atteint son paroxysme dans le désespoir, l’égoïsme à outrance et la haine. Il fait triompher la confiance, le pardon, l’espérance. Il installe dans l’alliance d’amour que Dieu propose et réalise, Lui qui aime l’humanité arc-en-ciel, diverse, fraternelle.

Chers amis, ce temps du Carême dans lequel vous entrez avec et dans la communauté chrétienne est un temps où nous prenons conscience de la fragilité de notre réponse et de la profondeur de la fidélité de Dieu. Vivez à fond ce temps de conversion, ce temps d’écoute de la Parole de Dieu. Des étapes vont encore vous accompagner jusqu’à Pâques. Il vous sera parlé à vous comme à nous tous de combat spirituel, car rien n’est jamais fini dans la vie à la suite du Christ. Il y a toujours des choses à mettre en ordre dans nos vies, des zones d’ombre à éclairer, des fruits nouveaux à laisser pousser. Vous pourrez même être tentés d’arrêter, des doutes pourront habiter encore votre esprit. Entrez surtout dans une vie d’amour, vie d’amour pour Dieu à travers la prière et les célébrations, vie d’amour pour ceux au milieu desquels vous vivez. Que votre témoignage les ouvre à l’amour de Dieu pour eux.

Que la Vierge Marie, la Bonne Mère, vous accompagne. Peut-être êtes-vous déjà allés lui confier tout cela ? Sinon, faites-le. Elle est notre Mère dans la foi à qui Jésus nous a donnés.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Eglise Saint-Joseph IM
Dimanche 22 février 2015

Dernière mise à jour : Vendredi 13 mai 2016