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Homélie lors de l’installation du P.Olivier Spinosa, nouveau recteur de Notre Dame de la Garde

La Parole de Dieu qui nous est proposée en ce dimanche insiste sur le pardon, sur les attitudes de fraternité.

On y a comme une illustration de la demande du Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. » L’histoire que raconte Jésus à l’apôtre Pierre pour lui ouvrir le chemin du Royaume des Cieux est tout à fait claire. « C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Pardonner du fond du cœur. Se comporter comme le Père du Ciel qui pardonne 70 fois sept fois, c’est-à-dire toujours. Imiter le Seigneur Jésus qui, sur la croix, s’écrie : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
Ici, à Notre-Dame de La Garde, les chapelains peuvent témoigner de la libération qu’apporte le pardon cherché et reçu dans le sacrement. Ils peuvent aussi témoigner de la souffrance vécue par ceux et celles qui sont enfermés dans des histoires de méchanceté, de haine, de rancune, de vengeance, comme en parlait la première lecture du livre de Ben Sirac le Sage. On monte ici pour voir la belle vue sur Marseille et ses environs magnifiques. Mais on y monte surtout comme attirés par la présence de ce beau sanctuaire dominé par la statue de Marie présentant son Fils Jésus. On y monte pour chercher la paix, le soulagement, le réconfort. On y monte pour un moment de répit, pour recueillir le regard bienveillant du Seigneur Jésus et de sa mère Marie. On y monte parce qu’on a besoin de supplier et de remercier, de verser des larmes de souffrance et d’autres de joie. On y monte pour chanter le Seigneur et la Vierge Marie. On y vient pour prier avant de redescendre dans l’ordinaire de nos jours.
Ici, la présence de Dieu est palpable. Ici, la présence de Marie à laquelle est consacré ce sanctuaire touche bien des cœurs.
C’est dire l’importance de ce lieu dans la vie et la mission de notre Église diocésaine. La responsabilité du recteur, des chapelains et de tous ceux qui y travaillent est celle de l’hôtelier de la parabole chez qui est conduit l’homme laissé aux mains des brigands. C’est encore celle de la maison située sur une montagne qui ne peut passer inaperçue et qui doit sans cesse tenir sa lampe allumée. C’est encore celle de la maison où le Père attend le retour du fils qui s’est éloigné. Ici, on peut entendre la parole de l’apôtre disant : « Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur. Car si le Christ a connu la mort, puis la vie, c’est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants. » Ici, on doit entendre qu’on n’est pas seul, qu’on n’est pas abandonné. Ici, on doit entendre qu’on est aimé de Dieu, que la Bonne Mère nous est proche, qu’on est faits les uns pour les autres et qu’on ne retrouve la paix que lorsqu’on la donne aux autres.
Oui, frères et sœurs, nous appartenons au Seigneur. Nous sommes à Lui. Nous lui sommes chers. Nous sommes faits pour Lui. Avec Lui, nous ne craignons rien. Avec Lui, nous savons que nous passerons.
En ce dimanche où un nouveau recteur est installé, c’est une bonne occasion pour se redire tout cela, se redire la richesse spirituelle de ce lieu, son importance pour annoncer le Christ Sauveur, le Père de toute bonté, l’Esprit consolateur. C’est une bonne occasion pour se redire que l’accueil doit être toujours mieux servi, l’accueil de tous, l’accueil du croyant et celui du visiteur sans repères religieux chrétiens. Se redire que le visage de Marie, Bonne Mère, parle à tous les Marseillais et à bien d’autres, et que Marie évangélise en ce lieu aujourd’hui.
Comme Marie se savait au Seigneur, comme elle n’a cherché qu’à faire sa volonté, comme elle a tenu dans la confiance jusqu’au bout, comme elle, nous sommes ces chercheurs de Dieu qui se reconnaissent aimés de Dieu avant même que notre réponse ne mérite quoi que ce soit. Le Seigneur nous a aimés en premier. Il nous a fait don de la vie, de la foi, de l’amour, de l’espérance. Supplions le Seigneur par Marie pour qu’en ce lieu, soit donné le témoignage de la compassion du Seigneur, de sa tendresse, de sa présence, de son amour, que chacun soit assuré d’être accueilli et qu’on le porte dans la prière comme on porte notre monde qui se cherche et ne sait pas qu’il est fait pour Dieu et qu’il lui appartient.
« Nous sommes à Toi, Seigneur. » Merci ! Alléluia !

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Jeudi 28 septembre 2017