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Homélie lors de l’ordination de Noël Couchouron s.j 29 mars 2014

Quelle belle page d’Evangile ! Quel beau récit que cette guérison de l’aveugle-né par Jésus, avec ces dialogues si forts entre Jésus et l’aveugle, entre celui-ci et les Pharisiens !
Cette page d’Evangile nous rejoint au cours de cette ordination presbytérale de notre frère Noël Couchouron, et en même temps dans notre marche vers Pâques, où nous essayons de laisser la Lumière du Christ nous guérir de nos aveuglements.

Vous le savez, en français, deux mots désignent ce qui empêche d’y voir : la cécité qui altère les capacités physiques de la vue : on ne voit pas la lumière du soleil !
Et puis l’aveuglement, qui est une maladie du cœur ou de l’esprit qui empêche de voir autre chose que soi-même, que ses propres idées ou obsessions. La cécité se guérit par un travail sur l’œil, l’aveuglement par un travail sur l’esprit et le cœur.
Dans le récit que nous venons d’entendre, nous voyons l’aveugle de naissance atteint de cécité et les Pharisiens d’aveuglement. L’aveuglement dont il s’agit ici porte sur l’identité de Jésus : qui est ce Jésus ? Qui est celui qui a guéri cet aveugle-né ? Les Pharisiens tiendront jusqu’au bout qu’il est un pécheur puisqu’il n’a pas respecté la loi du sabbat, tandis que l’aveugle guéri proclamera sa foi en Celui qui l’a guéri : « Crois-tu au fils de l’homme ? » lui demande Jésus. « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! », et il se prosterna devant lui.
Voilà la foi, voilà notre foi : face au Christ, nous disons : « Je crois ! »
La foi est cette lumière qui nous guérit de l’aveuglement qui nous empêche de voir au-delà de nos seules capacités physiques, au-delà des apparences comme disait la lecture. Elle nous fait voir les choses de la vie à la manière de Dieu. Elle est une lumière.
Jésus affirme en ce récit : « Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde » ou encore : « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir et que ceux qui voient deviennent aveugles. »

Le pape François a intitulé sa première encyclique « La lumière de la foi ». La foi éclaire l’ensemble de l’histoire des hommes. Elle fait percevoir son mystère, son origine et son terme. Nous venons de Dieu et nous allons vers Dieu ! Et Jésus le Christ, le Fils bien-aimé fait homme, nous révèle la miséricorde infinie de ce Dieu, Père, plein de tendresse et d’amour !
Toute la mission de l’Eglise est d’annoncer le Christ, témoin du Père, sauveur des hommes, présent par son Esprit en ce monde et dans le cœur de chacun. Il ouvre l’esprit des hommes à la connaissance de Dieu. Le ministère du prêtre est au service de cette annonce, de cette révélation. Toute sa vie est éclairée par la rencontre du Christ, par une interpellation perçue de plus en plus clairement : « Venez à ma suite et je ferai de vous des pêcheurs d’hommes. »
Grâce au déroulement de la liturgie d’ordination, ce soir, nous nous laissons introduire dans l’œuvre de l’Esprit qui fait de Noël Couchouron un prêtre pour son Eglise et pour le monde. Nos yeux de chair verront la surface des choses, mais ceux de la foi vont nous permettre d’aller au-delà, de percevoir l’œuvre de Dieu. Désormais, Noël entre dans ce corps des prêtres qui, sous la responsabilité des évêques, servent par leur ministère la rencontre de Dieu et des hommes. Ils ont pour mission de révéler cette lumière intérieure qui guérit de tout aveuglement et permet de reconnaître le Christ et d’accueillir l’œuvre de Dieu en ce temps qui est le nôtre et en nos cœurs. Ils ont la charge d’annoncer et d’enseigner, de célébrer les sacrements et d’ouvrir les cœurs à la prière, de servir aussi les plus pauvres, les malades, les nécessiteux, car l’amour de Dieu ne peut pas se voir sans la lumière qui jaillit d’une vie vécue pour les autres.
Merveilleuse mission que celle des prêtres : des messagers de Dieu, des passeurs, des guides, des frères ainés, des serviteurs des œuvres de Dieu bien au-delà de leur sainteté personnelle ou même de leur perception de l’œuvre de Dieu à travers leur ministère !

Déjà Noël, vous vivez de cela depuis quelques temps ! Mais dès aujourd’hui vous allez célébrer votre première eucharistie ! Vous allez pouvoir dire en vérité de ce pain et de ce vin qu’ils sont pour nous, par la puissance de l’Esprit invoqué, les sacrements de la présence du corps et du sang versé par amour, par le Christ. Vous allez pouvoir dire la parole de miséricorde et de pardon, la parole d’espérance sur ceux qui viendront reconnaître leur péché pour repartir dans une vie d’amitié avec Dieu et avec leurs frères. Vous allez pouvoir rejoindre les malades et les mourants pour encore là les assurer qu’au-delà de ce qui leur arrive, le Seigneur est avec eux, les accompagne et les accueille ! Oui, le prêtre, témoin de l’espérance, porteur d’espérance : quelle belle mission !
Par votre appartenance à la compagnie de Jésus, conduit par le charisme reçu par saint Ignace de Loyola, vous vous emploierez, avec vos compagnons, à orienter toute chose et toute personne vers la recherche de la plus grande gloire de Dieu.
Vous contribuerez à servir cette ouverture des esprits et des cœurs à la lumière qui vient de la rencontre et de la connaissance du Christ, Lumière du monde.
Avancez avec confiance ! Déjà, vous avez goûté la joie et le bonheur que procure la rencontre du Christ, l’amitié avec Lui. Puissiez-vous servir son désir de guérir les hommes de tout aveuglement !
Etre ordonné à Marseille est une grâce ! Comme la Bonne Mère présente son Fils à tous ceux qui gravissent les pentes de la colline, vous aussi annoncez le Christ sans relâche et avec beaucoup de bonté.

+ Georges PONTIER
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Mardi 1 avril 2014