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Homélie lors de la messe avec les chrétiens d’Orient : 12 juin 2015

Au pied de la croix, alors que le soldat perçait avec sa lance le cœur de Jésus, se tenaient Marie, sa mère, Jean le disciple bien-aimé, Marie Madeleine et l’autre Marie, comme nous dit ailleurs saint Jean lui-même.

Quelle épreuve et quel mystère

Ils sont là, impuissants devant ce drame, mais si précieux pour Jésus par leur présence fidèle et aimante, et si précieux pour nous, par leur espérance et leur foi malgré tous les "pourquoi" qui habitaient leur cœur.

Puis-je oser dire que nos frères chrétiens d’Orient et nous-mêmes sommes là impuissants devant le déchaînement de violence et de cruauté qu’ils subissent, mais que notre présence fidèle et aimante est précieuse et nécessaire ? Dans les épreuves où l’absurde et l’inhumanité l’emportent, seules la fraternité et la présence sont sources de réconfort et d’encouragement.

Nous voulons d’abord recevoir la leçon de courage et de foi qui nous vient de leur témoignage. Ils ont préféré tout perdre et tout quitter que de renoncer à leur foi en Christ. Et plusieurs sont là ce soir avec nous, témoins de la foi qui fait tenir dans l’épreuve. Ils nous interrogent sur la profondeur de notre foi, ici en Occident, dans nos vies personnelles et communautaires.

Mais nous voulons aussi être là pour vivre l’accueil, le soutien, la fraternité. Il nous appartient d’entendre leurs besoins, administratifs, matériels, moraux, spirituels, et de nous engager à notre mesure pour aider et accompagner. Il nous appartient de faire entendre leur voix et celle de leur peuple auprès de nos élus et de nos gouvernants, afin que les puissances internationales prennent leur responsabilité dans la recherche de la paix juste et durable.

Chers amis, la prière commune ce soir, en cette fête du Sacré-Cœur, est un moment de foi : nous croyons à la fidélité de l’amour de Dieu, nous croyons à la résurrection, nous croyons au pardon et aux nécessaires réconciliations. C’est pour gagner cela que Christ a fait don de sa vie.

Veillons à être des ouvriers de paix, en parole et en action. Demandons au Sacré Cœur de nous donner un cœur semblable au sien, un cœur donné, un cœur confiant au Père, un cœur infatigable et fidèle. Qu’Il rende notre charité active et délicate.

Amen.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Lundi 15 juin 2015