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Homélie lors de la messe chrismale : 14 avril 2014

« Cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. »

Frères et sœurs,
Je voudrais faire résonner dans nos cœurs cette phrase qui vient d’être proclamée : « Cette parole de l’Ecriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. » Il s’agit de l’accomplissement de l’œuvre de Dieu. Il s’agit du lien entre Dieu et les hommes. Il s’agit de l’œuvre de Dieu aujourd’hui en nous, pour nous et pour le salut des hommes.
Nous regardons Jésus comme l’envoyé de Dieu annoncé par le prophète Isaïe. D’ailleurs, Il se présente ainsi : « Le Seigneur m’a consacré par l’onction. » Mais nous, nous croyons bien plus que ce qu’Isaïe avait imaginé en prophétisant. Ce Jésus, cet envoyé de Dieu vient de Dieu. Il n’est des nôtres que parce que Dieu a choisi de se faire homme en celui qui est le Fils bien-aimé. Ce n’est pas un homme que Dieu aurait élevé au-dessus des autres pour les contraindre ou les dominer. C’est Dieu qui s’est abaissé pour relever l’humanité blessée, tombée, aveuglée et l’entrainer à sa suite. Et cet abaissement de Dieu par amour pour nous est la Bonne Nouvelle. La Bonne Nouvelle n’est pas que Dieu serait tout puissant, jugerait, sanctionnerait mais qu’Il s’abaisse, qu’Il vient jusqu’à nous, qu’Il déploie la puissance de sa miséricorde, qu’Il relève celui qui est tombé, qu’Il se comporte à notre égard comme un vrai père et une vraie mère.
Tout au long de cette Semaine sainte, nous allons contempler Jésus s’abaissant, s’abaissant par amour aux pieds de ses disciples et leur lavant les pieds pour leur apprendre à se servir les uns les autres et à s’aimer. Nous Le verrons prendre le pain et le vin et Le leur donner comme nourriture d’espérance et de foi, comme sacrement de sa présence jusqu’à la fin des temps. Nous Le verrons non pas abaissé, mais humilié par les hommes sur le chemin de la croix et allant encore plus profond dans l’amour pour les autres et dans la confiance en son Père. Il triomphe de la haine et de la vengeance par l’amour. Il triomphe du désespoir par la confiance. Il révèle et partage la force d’aimer qui vient de Dieu, qui est Dieu, qui est salut des hommes et force des croyants !
Il s’agit de l’œuvre de Dieu en notre faveur, en faveur de l’humanité ! Il vient à nous et nous rejoint par l’Eglise, par la Parole de Dieu qu’elle transmet fidèlement, par les sacrements qu’elle célèbre, par la vie de communauté qui fait de nous des frères et des sœurs, par la charité pour ceux au milieu desquels nous vivons. Aussi n’est-ce pas étonnant que ce soit au cours de cette Semaine sainte que les huiles saintes qui serviront à dire la douceur et la force de l’amour de Dieu pour nous soient consacrées et bénites.
L’huile des catéchumènes accompagne le combat spirituel qu’entreprend le catéchumène pour reconnaître Dieu comme un Dieu d’amour, pour convertir dans sa vie ce qui en a besoin, pour entrer peu à peu dans une vie nouvelle.
Le saint chrême vient marquer profondément les disciples de Jésus. Au baptême et à la confirmation il vient servir et soutenir l’orientation de nos vies vers le Père à la suite de Jésus, avec la force de l’Esprit. Il accompagne notre ressemblance au Christ encore en devenir, encore en construction, encore et toujours à faire. Nous demeurons si fragiles. Mais nous puisons dans cette onction et dans la bonne nouvelle du baptême et de la confirmation la force pour être prêtres, prophètes et rois comme le dit la liturgie. C’est-à-dire capables d’offrir nos vies à Dieu, d’être témoins de Lui auprès des autres et d’être acteurs d’un monde fraternel et juste.
L’huile des malades permet au Seigneur par l’Eglise de rejoindre l’homme éprouvé dans son corps pour lui redire sa présence et soutenir le combat de l’espérance.
Le saint chrême oint encore les mains du prêtre le jour de son ordination pour que désormais dans son ministère il puisse être pour ses frères le serviteur de Celui qui veut dire à chacun : « Cette parole de l’Ecriture c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit pour toi, pour vous, pour le monde, pour son Eglise. »
Et cette parole est une parole de compassion, d’humanité, de soutien, de présence affectueuse comme le fit Jésus tout au long de sa vie. Cette parole s’accomplit sous forme de foi, d’espérance et de charité.
Mes amis, nous avons chanté au début de la célébration que nous étions l’Eglise, le Peuple de Dieu. Oui, nous sommes appelés à être l’Eglise de Jésus, son corps, c’est-à-dire ce par quoi Il se donne à voir en ce monde.
Supplions-le d’accomplir son œuvre en chacun de nous et dans notre manière de faire Eglise. Supplions-le de nous emplir de compassion pour les personnes fragiles et blessées par la vie. Soyons des témoins de l’amour de Dieu pour les hommes, Lui qui s’est abaissé pour nous relever, nous sauver et nous permettre de regarder tout être humain comme un frère ou une sœur.
Que le Seigneur guérisse en nous ce qui est blessé et fasse de nous des témoins de son amour pour tous en nous abaissant, nous aussi, à sa suite et à sa manière, par amour et tout spécialement pour les petits et les pauvres.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Mardi 15 avril 2014