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Homélie lors de la messe de minuit 24.12.2014

Soyons des artisans de paix et de fraternité. Joyeux Noël. Tenez bon dans l’espérance et la bonté !

Messe de Minuit à La Major

La fête de Noël est étonnante, toujours étonnante pour ceux qui veulent bien y réfléchir, pour nous autres, chrétiens. C’est à la fois un très grand mystère et un événement de l’histoire aux formes ordinaires, banales même !

D’un côté, nous voyons une naissance dans des conditions difficiles, loin de chez soi, dans une étable, et de l’autre, l’assurance que Celui qui naît est Celui qui, en Dieu, est le Fils bien-aimé.
D’un côté, Marie et Joseph qui se souviennent des annonces faites par les archanges, et de l’autre, un tout petit enfant comme tous les petits enfants, rempli de fragilité et porteur de joie.
D’un côté, Marie et Joseph qui n’oublient pas : vous l’appellerez « Emmanuel, c’est-à-dire Dieu avec nous » ou « Jésus, Dieu qui sauve », et de l’autre, un environnement hostile : il n’y a pas de place pour eux dans la salle commune.
D’un côté, Dieu qui se fait homme pour sauver l’humanité, et de l’autre, Hérode et tout Jérusalem qui prennent peur.
D’un côté, Dieu qui se fait homme pour sauver l’humanité, et de l’autre, seuls les bergers, marginaux de l’époque, qui viennent auprès de Lui et L’adorent.
D’un côté, Dieu qui se fait homme pour sauver l’humanité, et de l’autre, une manière de venir si simple, si humble, si peu à l’image de ce que les hommes imaginent des manières de Dieu !

Et l’on pourrait continuer la liste des étonnements suscités par ce Noël-là !

Et nous autres, ce soir, comment regardons-nous ce mystère, cet événement ?
Pour le comprendre, il faut s’en approcher comme les bergers. On ne peut pas le comprendre de loin ! Ce qu’ont compris les bergers, c’est que Dieu se faisait proche d’eux, les marginaux, les petits, les pauvres, les rejetés de leur temps. La manière de Dieu, c’est de se faire proche, de rechercher le cœur, de venir dans l’ordinaire des jours, et même dans les fragilités de l’existence, et d’y faire rayonner la lumière de son amour, de sa fidélité, de sa présence. Il sauve et Il relève en étant reconnu présent, en trouvant place dans la vie et le cœur des hommes.

Nous avons été émerveillés par le témoignage des chrétiens de Mossoul préférant fuir et tout perdre pour que ne leur soit pas enlevée leur espérance en la fidélité du Christ. Cette nuit, ils vont célébrer Noël. Ils ont perdu leurs biens matériels. Ils ont gardé leur espérance et leur foi.
Nous sommes toujours émerveillés quand nous côtoyons des frères en humanité qui disent combien ils ont reconnu le Christ présent, proche dans leur vie, à des moments où l’épreuve se faisait forte.
Nous sommes émerveillés quand s’échange une parole de foi alors que les réalités sont éprouvantes.

Il en est toujours ainsi : faire entendre une parole de foi qui dit ce qui ne se voit pas avec les yeux de chair mais qui se reçoit du mystère de Noël : « Il y a parmi vous quelqu’un que vous ne connaissez pas, Il est Seigneur, Il est Sauveur ! » Ou encore, comme nous aimons le chanter : « Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l’image de Dieu. » Quel respect devons-nous avoir devant tout être humain : Dieu s’est fait petit d’homme, embryon, fœtus, nouveau-né, enfant !

Chers amis, ouvrons-nous au mystère de Noël : Dieu vient à nous par amour. Il est présent. Le reconnaître nous sauve. Ouvrons-Lui encore notre esprit et notre cœur.
A sa manière, éclairons les ténèbres des vies humaines en y allumant des lumières de présence, d’amitié, de bonté, de fraternité, d’humilité, de paix.

Il se fait appeler : « Prince de la Paix ». Soyons des artisans de paix et de fraternité.
Joyeux Noël. Tenez bon dans l’espérance et la bonté !

Amen.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille
Mercredi 24 décembre 2014

Dernière mise à jour : Samedi 27 décembre 2014