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Homélie : messe chrismale 15 avril 2019

La messe chrismale, célébrée à Marseille le lundi de la Semaine sainte, est un très beau moment de la vie de notre Église diocésaine. Nous sommes là, venus de toutes les paroisses de notre diocèse.

Les prêtres et les diacres vont renouveler les engagements pris le jour de leur ordination diaconale et presbytérale. Religieux, religieuses, jeunes et personnes plus âgées, jeunes qui seront confirmés dans les semaines qui viennent, catéchumènes avec leur écharpe violette qui vont être baptisés à Pâques, qui communieront pour la plupart et qui recevront le sacrement de confirmation, visiteurs des malades, chrétiens engagés proches des pauvres, des petits, des migrants en difficulté, nous sommes tous là, « les yeux fixés sur Jésus », comme ceux qui, dans la synagogue de Nazareth, ont entendu proclamer le texte d’Isaïe annonçant sa venue et sa mission.

Homélie de Mgr Pontier pour la Messe Chrismale from Diocèse de Marseille on Vimeo.

Nous sommes là, le cœur et les yeux ouverts, désireux nous aussi d’être consacrés par l’onction de l’Esprit. La prière de la préface dira tout à l’heure : « C’est Lui, le Christ, qui donne à tout le peuple des rachetés la dignité du sacerdoce royal. » Nous sommes ce peuple racheté, nous les baptisés. Le baptême nous a donné la dignité royale. Nous avons été greffés au corps sacramentel du Christ, l’Église. Ensemble, baptisés, nous sommes chargés d’annoncer les merveilles que le Seigneur fait pour nous, et cette merveille extraordinaire de la révélation de l’amour de Dieu pour ses créatures. C’est Lui, le Christ, qui nous a révélé la folie, la profondeur de l’amour de Dieu, en venant vivre une vie humaine semblable à la nôtre, en la vivant dans l’amour des petits, des aveugles, des prisonniers, en triomphant du péché et de la mort.

Oui, nous pouvons témoigner de la libération que provoque en nos cœurs la connaissance et l’expérimentation de l’amour de Dieu pour nous. Cela nous donne joie, paix, humilité, foi, bienveillance, bonté, persévérance, confiance, espérance. Qu’il est beau ce peuple sacerdotal des baptisés quand il vit dans la louange de Dieu et le service de ses frères ! Qu’il est beau quand il est fraternel et généreux ! Qu’il est beau quand il est humble et serviteur de la paix !

La prière de la préface, tout à l’heure, se poursuivra ainsi : « C’est lui qui choisit, dans son amour pour ses frères, ceux qui, recevant l’imposition des mains, auront part à son ministère. » Et le texte poursuivra en développant ce que les prêtres transmettent aux fidèles de la part du Seigneur dans la célébration des sacrements. Le Seigneur a choisi Simon et aussi Judas parmi ses apôtres. Il a confié à Pierre, qui l’a pourtant renié, la charge de ses brebis. C’est lui, le Christ, notre solidité, notre force, notre salut. Des prêtres ont failli dans leur vie personnelle, et cela est notre souffrance à tous. Nous formons un seul corps en Christ, et lorsqu’un membre est atteint, tous les membres souffrent. Mais cela ne nous fait pas oublier tout ce que nous recevons par la présence et le ministère des prêtres et des diacres dans la vie de nos communautés chrétiennes, dans nos vies personnelles. Nous sommes nombreux à pouvoir en témoigner ! Seul Dieu connaît toute chose.

Chers frères et sœurs, dans un instant, je vous demanderai de prier pour les prêtres. Redoublez de ferveur. Qu’avec eux, nous saisissions l’épreuve du temps présent pour en faire un temps de purification personnelle, un temps où grandisse la vérité dans nos vies, un temps où ne sont pas oubliées dans nos prières et notre écoute les personnes qui en ont été victimes. Qu’avec elles se trouve dans nos communautés chrétiennes la juste place donnée à chacun, fidèles laïcs, hommes et femmes, diacres et prêtres. Que tout soit service, que tout soit écoute, que tout soit respectueux de chacun.

Chers frères et sœurs, ne doutez pas de la présence de Dieu dans la vie de notre Église comme dans la vie du monde. N’en doutez pas plus dans vos vies personnelles. Sur la Croix, Jésus a vaincu le péché. Il a demandé au Père le pardon pour les hommes quand ils ne savent pas ce qu’ils font, il a assuré au malfaiteur repenti qu’il serait avec lui dans le Paradis, il a remis son esprit dans les mains du Père. Forts de notre foi, nous avançons humblement, convaincus que le Seigneur nous a confié la mission de prendre notre part dans le combat de la justice, de la paix, de la fraternité, dans celui de l’espérance.

À l’écoute de la Bonne Mère, entendons-la dire aux serviteurs des noces de Dieu avec l’humanité : « Faites tout ce qu’Il vous dira. » Et Il nous dit : « Tu es aimé de Dieu, tout homme est ton frère, l’amour ne mourra jamais. Sois fort, garde courage, et comme moi, tiens-toi près de l’homme en croix. Un jour, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

Amen.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

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Dernière mise à jour : Jeudi 18 avril 2019