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Homélie messe de rentrée 13 octobre 2013

Chers amis, chers frères et sœurs

Les lectures de la Parole de Dieu que nous venons d’entendre m’invitent à vous proposer trois attitudes spirituelles pour notre vie et notre mission chrétienne, personnelle et communautaire, durant cette année pastorale.

J’appellerai la première « notre devoir de louange ou mieux, notre mission de louange à Dieu en ce monde ». Dix lépreux ont été purifiés en chemin, un seul est revenu pour rendre gloire à Dieu. Un seul a reconnu que tout vient de Dieu par le Christ. Il est venu se jeter aux pieds de Jésus la face contre terre, en Lui rendant grâce. Et Jésus loue son attitude et lui dit : « Ta foi t’a sauvé ». C’est dans la louange que s’exprime la totalité du chemin que la foi accomplit dans le cœur du croyant. N’oublions pas que nous sommes tous des sauvés, des pécheurs pardonnés, des éloignés de Dieu qui ont reconnu le Dieu qui se fait proche d’eux. N’oublions pas de Lui rendre grâce pour nous-mêmes !
Mais voyez-vous, frères et sœurs, nous pouvons considérer notre mission dans ce monde d’aujourd’hui comme celle d’un grand service de louange au nom de toute l’humanité. Le Christ est venu sauver tous les hommes. Paul s’adresse à son disciple Timothée et lui dit : « Souviens-toi de Jésus-Christ, le descendant de David : Il est ressuscité d’entre les morts, voilà mon Évangile. » Notre mission en cette culture moderne qui oublie ou marginalise Dieu, qui efface les signes de sa présence, qui conteste parfois l’expression publique de la foi, n’est-ce pas de dire sans provocation mais clairement : « Souviens-toi de Jésus Christ ! » Souviens-toi de Dieu ! Tout vient de Lui ! Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Ne sois pas orgueilleux ni ingrat. Nous sommes ce dixième lépreux purifié qui revient vers le Christ chaque jour et chaque dimanche et en toutes occasions pour Lui rendre grâce et reconnaître tout ce que Dieu, par l’œuvre de son Esprit d’amour, ne cesse de susciter en ce monde pour que l’espérance dure, tienne, pour que l’humanité ne demeure pas défigurée par sa lèpre. Nous sommes cette portion de l’humanité qui, jusqu’à la fin des temps, reconnaît dans le Christ l’œuvre de salut que Dieu accomplit en faveur de tous les hommes et nous Lui rendons grâce. Et le fait que ce soit un Samaritain, un étranger, qui revienne vers le Christ nous rappelle que le salut, en Christ, est vraiment pour tous. Oui, frères et sœurs, mission de louange au nom de tous !

Le deuxième appel que je voudrais retenir est celui-ci : à la manière du Christ, entendons le cri de ceux et celles qui, en ce monde, sont comme les lépreux du temps de Jésus, des exclus, des blessés de la vie, des marginalisés, des persécutés. Oui, vraiment, le Christ ne nous laisse pas tranquilles ! Par sa parole et son exemple, sans arrêt Il nous invite à entendre le cri de ceux qui n’en peuvent plus, qui sont à la marge. Notre pape François dirait aux périphéries de l’existence ! Nous le savons bien : il y a là un lieu particulièrement signifiant de notre mission de chrétiens. Chacun seul, nous n’y arrivons pas. Nous ne sommes pas les seuls à s’y essayer dans cette société. Il est vraiment impensable que nous n’entendions pas les cris et les appels des plus pauvres, des plus défavorisés, des plus rejetés. Dans la variété des engagements de chacun, l’Église qui est dans le diocèse de Marseille n’est pas totalement sourde. Elle doit encore améliorer son écoute et son engagement. Mais elle ne fait pas rien. Certains d’entre nous vivent au plus près des plus pauvres dans ces quartiers où parfois la violence se déchaîne, mais où se vivent aussi de belles solidarités. D’autres s’engagent auprès des populations d’origine bulgare ou roumaine au sort si révoltant. D’autres vivent auprès des malades, des personnes en fin de vie, des handicapés. D’autres défendent la dignité de la vie humaine à tout âge et en toutes circonstances. D’autres se démènent pour maintenir des emplois. D’autres portent le souci des populations persécutées, les chrétiens au Moyen Orient en particulier. D’autres encore ceci et d’autres cela ! Oui, frères et sœurs, dans notre vie personnelle comme dans la vie de nos communautés, vérifions où en est notre engagement auprès de ceux qui, un peu à l’extérieur de la vie ordinaire, crient leur souffrance vers nous pour être guéris, soutenus, accompagnés. Sachons aussi recevoir de leur courage le signe de la force que Dieu leur donne dans leur épreuve.

Et enfin, la troisième attitude que je voudrais nous proposer est celle contenue dans la parole de Jésus au lépreux : « Relève toi et va : ta foi t’a sauvé. » Nous sommes appelés à témoigner de la force de salut, de vie que nous donne la foi en Christ. Relève-toi et va ! Nous pouvons parfois être éprouvés personnellement. Nos communautés peuvent traverser des périodes plus difficiles à cause de nos péchés, de nos faiblesses ou de la difficulté de la mission aujourd’hui. C’est vrai ! Mais tous, nous n’oublions pas combien la foi nous porte, la foi a éclairé de belle manière les grands moments de nos vies. Et nous ne voulons pas le garder pour nous. Nous n’oublions pas l’appel à la mission adressé par le Christ à ses premiers disciples et redit pour nous à notre baptême, à notre confirmation et à chaque eucharistie quand le prêtre, au nom du Christ, nous envoie en mission. Oui, nous avons un devoir d’annoncer le Christ, de Le faire reconnaître comme présent à la vie de chacun, comme Celui qui ne peut nous rejeter à cause de son indéfectible fidélité, comme disait Paul à Timothée. Continuons à prendre des initiatives pour mieux L’annoncer à ceux qui viennent vers nous à l’occasion des sacrements, et aussi à ceux qui ne viennent pas vers nous. Osons annoncer le Christ à l’extérieur de nos communautés, dans nos relations de voisinage, de vie associative et de travail et jusque dans nos familles. Que beaucoup puissent se relever en connaissant le Christ, en en faisant leur ami.

Voilà frères et sœurs, tenons notre devoir de louange, notre devoir de service des plus affligés par la vie et notre mission d’annoncer le Christ.

Notre année sera marquée aussi par les 800 ans de la présence chrétienne sur la colline de la Garde et par les 150 ans de la consécration de la basilique actuelle. La Bonne Mère est notre modèle. Elle présente le Christ à tous, elle entend les prières, les souffrances et les joies de tous ceux qui montent jusqu’à elle, et même plus largement de tous ceux sur lesquels elle porte un souci maternel, et elle ne cesse de rendre grâce à Dieu pour tous ses bienfaits : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur. Il s’est penché sur son humble servante. Saint est son nom ! » Apprenons d’elle ces attitudes spirituelles et, avec elle, avançons dans l’espérance en écoutant la parole de Dieu et en la mettant en pratique.
Amen.

+ Georges Pontier

Dernière mise à jour : Lundi 14 octobre 2013