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Homélie, messe de rentrée : 8 octobre 2017

Aujourd’hui, c’est notre diocèse qui célèbre sa messe de rentrée. Cela nous rappelle la fraternité diocésaine, mais surtout que l’Église ne vient pas de nous. Nous la recevons du Seigneur....

Chers frères et sœurs,

J’imagine que dans beaucoup de vos paroisses a été célébrée une messe de rentrée dans cette année pastorale. Pour certains d’entre vous, ce fut même une messe plus spéciale s’il y a eu un changement de curé ou l’arrivée de tel ou tel nouveau prêtre. Aujourd’hui, c’est notre diocèse qui célèbre sa messe de rentrée. Cela nous rappelle la fraternité diocésaine, mais surtout que l’Église ne vient pas de nous. Nous la recevons du Seigneur à travers l’œuvre de l’Esprit Saint dans nos cœurs et dans les sacrements de l’Église d’une manière précieuse et essentielle. Nous ne sommes pas les propriétaires de la vigne du Seigneur, de son Église. Nous en sommes au mieux les serviteurs ou les vignerons à qui Il l’a confiée. C’est Lui qui donne la croissance. Nous en sommes les bénéficiaires.

Cette parabole qui vient d’être lue, appelée souvent la parabole des vignerons homicides, vient opportunément nous rappeler des attitudes spirituelles importantes.

La première que je noterai est celle-ci : la disponibilité pour la mission. Le Seigneur confie sa vigne à des vignerons pour qu’elle porte son fruit. Pour porter son fruit, il est nécessaire que nul ne s’en fasse le propriétaire : ni l’évêque, ni les prêtres, ni les diacres, ni les religieux, religieuses, ni les laïcs. Quand quelques-uns s’en font les propriétaires, la vigne ne donne plus son fruit. La vigne ne peut plus porter les fruits que le Seigneur donne à travers l’engagement et les dons de chacun. La dimension diocésaine sert à rappeler cela à l’intérieur du diocèse, et l’universalité de l’Église le rappelle à tous les diocèses. Vraiment, nous sommes des serviteurs, disponibles, humbles et vaillants. Il nous confie sa vigne, mais Il en reste le propriétaire.

La seconde attitude que je voudrais noter, c’est la manière de vivre le temps des épreuves. Il n’est pas étonnant que nous en connaissions. Ce peuvent être des épreuves venant de l’extérieur, telles celles que connaissent de manière dramatique les chrétiens d’Orient et d’ailleurs dans le monde. Les épreuves peuvent être aussi intérieures à la vie de nos communautés à cause de nos péchés, de nos limites, de notre orgueil, de nos étroitesses, de notre appétit de pouvoir. Dans cette parabole, le Seigneur nous montre comment la vigne va reprendre vie malgré l’état dans laquelle les vignerons l’ont mise. Le sang a coulé. Mais « la pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ». Bien sûr, il s’agit du Christ lui-même. Il sera rejeté par les grands prêtres et les Anciens auxquels Jésus s’adresse, mais voilà que la vigne du Seigneur ressuscite et sera confiée à « une nation qui lui fera produire ses fruits ». C’est le Christ qui est la pierre d’angle, et personne dans l’Église ne peut se croire le seul à porter son avenir. C’est un appel à l’humilité, à la confiance et au travail ensemble, au-delà des sensibilités diverses, en gardant le regard fixé sur le Christ.

La troisième attitude que je retiendrai consiste à faire résonner ce cri du propriétaire, ce cri de notre Dieu : « Ils respecteront mon Fils. » Ce cri exprime le grand amour du Père pour le Fils bien-aimé qui se fait homme et vient partager notre vie par amour. Il vient après que d’autres serviteurs aient été mis à mort. Alors, le Père envoie le Fils pour remettre en ordre les choses. Et voilà que le Fils est mis à mort. C’est terrible pour le propriétaire, pour Dieu : les vignerons ne respectent même pas son Fils. Ils le tuent. La manière dont nous vivons les uns à l’égard des autres affecte notre relation à Dieu, au Père. C’est souvent que j’entends ce cri du Père lorsque je vois la violence qu’il y a entre les hommes, fils du même Père : la violence dans nos familles parfois, dans nos communautés, dans le monde. Cette violence qui a frappé sauvagement Mauranne et Laura sur le parvis de la gare Saint-Charles, cette violence qui tue dans notre ville de Marseille et ailleurs dans le monde, à Las Vegas et ailleurs encore.

« Ils respecteront mon Fils. » Comment ce cri du Père doit nous toucher, nous mettre en mouvement, nous convertir. J’y puise la vie de charité qui doit sortir de nos communautés chrétiennes à la vue du sort de bien de nos contemporains victimes du chômage, de la maladie, de la migration contrainte, de l’absence de logement. Et le Père qui dit devant eux : « Ils respecteront mon Fils. » Comme il est important que nous soyons des ouvriers de charité, d’accueil, de solidarité, de respect, de paix.

Je voudrais enfin attirer votre attention sur un événement qui marquera la vie de l’Église universelle en 2018 : c’est le Synode des évêques à Rome sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel ». Il s’agit des jeunes adultes de 18 à 35 ans. Nous allons nous y engager dans notre diocèse en créant un Conseil pastoral des jeunes de cet âge pour une durée de deux ans. Il fera des propositions pour le temps de préparation et pour le temps de mise en œuvre. Mais c’est nous tous qui sommes invités à rejoindre des étudiants et des jeunes professionnels. Nous poursuivons également l’Année Saint-Cassien pour de jeunes adultes portant la question de l’appel au sacerdoce. Nous y ajoutons des propositions pour les jeunes filles pensant à la vie religieuse et encore quelque chose pour les plus jeunes. J’espère que les paroisses, les services et mouvements répondront selon leurs possibilités à ces propositions. Enfin, le 2 décembre aura lieu une journée de formation pour tous ceux, prêtres et laïcs, qui accueillent des fiancés en vue du mariage religieux. Ils ont le plus souvent entre 20 et 35 ans ! Là encore, j’espère que beaucoup de ceux qui sont concernés se libèreront.

Pour terminer je reprends les mots de saint Paul dans la lecture entendue tout à l’heure : « Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte. Ce que vous avez appris et reçu, ce que vous avez vu et entendu de moi, mettez-le en pratique. Et le Dieu de la paix sera avec vous. »

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Jeudi 19 octobre 2017