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Homélie pour les ordinations diaconales et presbytérales : 22 juin 2014

« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel. »

L’Eglise rend grâce aujourd’hui pour le don de l’Eucharistie, pour le sacrement de la présence du Christ, nourriture de la vie des croyants.

« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel. »

L’Eglise rend grâce aujourd’hui pour le don de l’Eucharistie, pour le sacrement de la présence du Christ, nourriture de la vie des croyants.
L’Eucharistie dans la vie de la communauté chrétienne catholique sollicite notre foi profonde. Devant le pain et le vin consacrés par la puissance de l’Esprit Saint, nous reconnaissons la présence du corps et du sang du Seigneur. Nous proclamons qu’Il est là, présent au milieu de nous. Nous nous adressons à Lui, nous Le recevons en nos cœurs, nous proclamons qu’Il fait de nous des frères et des sœurs. Nous réalisons qu’Il nous envoie témoigner de son amour pour tout être humain. Tout dans la liturgie vient solliciter notre foi : nous Lui parlons parce qu’Il est là ; nous L’écoutons parce qu’Il s’adresse à nous ; nous Lui disons « Amen » parce que nous croyons en sa présence. Et à vrai dire, là est notre foi ! Croire que Dieu existe est une chose, croire qu’Il est vraiment là en est une autre. Il ne s’agit plus de disserter sur Dieu, il s’agit de reconnaître sa présence comme Il l’avait promis, il s’agit de goûter peu à peu cette présence jusqu’à la rechercher, l’adorer, venir s’y abreuver.

Frères et Sœurs, Christ est là. Dieu nous est bien présent comme la source de toute vie et de tout amour, comme l’amour offert aux hommes jusqu’au bout, comme Celui qui demeure en nous pour que nous demeurions en Lui. Il est la nourriture de nos vies, la joie de nos cœurs, la force dans les épreuves, le souffle qui nous pousse vers les autres, la tendresse qui se déverse sur tout être humain au point de se donner à manger en nourriture qui fait échapper à toute mort : celle du corps et celle de l’esprit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. » Et nous allons dans toute notre vie nous efforcer de Lui plaire en vivant par Lui et comme Lui, en aimant, en pardonnant, en nous faisant proches des plus pauvres, en devenant amis de la paix.

La Parole de Dieu peut ne pas manquer au chrétien. Il dépend de lui de l’emporter pour la lire et la méditer. Ce qui peut lui manquer, c’est bien l’Eucharistie, ce sacrement de la présence de Dieu, ce sacrement que le Christ a laissé à ses amis, leur a confié, leur a ordonné de refaire sans cesse en mémoire de Lui, une mémoire qui Le rend présent. Il y a à l’Eucharistie un climat de présence : nos chants s’adressent à Lui, nos silences nous unissent en Lui et entre nous. Le prêtre est là pour servir cette présence, la rendre visible dans la célébration. A lui est confié de pouvoir proclamer au nom du Christ sur le pain et le vin : « Prenez et mangez, prenez et buvez en tous : ceci est mon corps livré pour vous, ceci est mon sang versé pour vous et pour la multitude. Faites ceci en mémoire de moi. »

La joie du peuple de Dieu est grande le jour où un prêtre lui est donné. Il sait qu’il pourra entendre dire ces mots qui rendent Christ présent. Il sait qu’il pourra entendre la parole du pardon, celle de l’amour lors des mariages, celle de l’espérance dans l’épreuve de la maladie. Il sait, le peuple de Dieu, qu’au milieu de lui, Dieu est présent, réconfortant les cœurs, triomphant des divisions, abolissant les haines, annonçant la victoire sur la mort. Il sait que l’Esprit constitue le corps du Christ comme témoin d’espérance en ce monde, comme charité de Dieu pour l’humanité. Il sait que le Christ ne lui a pas donné des chefs qui commandent en maîtres, mais des prêtres qui vont le servir à sa manière.

Telle est notre joie ce soir en entourant Matthieu Desjardins qui va être ordonné prêtre pour le service de l’Eglise et du monde. Matthieu, avance avec confiance. Tu as pressenti la fécondité de ce ministère à travers ton cheminement. Tu as découvert que c’est l’Esprit Saint qui, à travers la disponibilité et le don de la vie des prêtres, ouvre les cœurs, relève ceux qui sont tombés, soutient la vie chrétienne des baptisés. Garde-toi un cœur disponible, humble, tout donné à Celui qui t’appelle son ami et qui t’envoie pour servir.

Le fait que dans la même célébration soient ordonnés un prêtre et un diacre en vue du ministère presbytéral n’est pas sans signification. Le jour du diaconat, la grâce de servir est donnée. C’est la manière du Christ. Après avoir lavé les pieds de ceux dont Il allait faire ses prêtres, Il leur dit solennellement : « Vous m’appelez "le Maître et le Seigneur" et vous dites bien, car je le suis. Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi. » Romain, tu vas être marqué de cette grâce du service. Matthieu, tu l’as été voici quelques mois. Ce jour-là, vous vous êtes engagés au célibat pour le Royaume, orientant votre vie dans un lien d’amitié privilégié avec le Christ. L’Eglise, en vous demandant cela, vous indiquait cette manière du Christ qui a fait de sa vie et de sa personne un don pour tous. Gardez ce lien premier dans votre vie. Comme l’Apôtre Paul, puissiez-vous dire et redire : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. »

Que le Seigneur soit loué et béni, Lui qui n’est pas loin de nous. Il a fait sa demeure en nous, Lui qui nous a appelés à la vie et nous rend capables de vivre en Lui, dans l’amour. Qu’Il fasse de nous un peuple de frères qui, par son service des hommes, témoigne de l’amour que Dieu porte à la multitude. Qu’Il donne à notre Eglise diocésaine les prêtres et les diacres dont elle a besoin pour vivre de sa présence et dans sa présence.

Amen.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Lundi 23 juin 2014