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Interview de Mgr Lhernould

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Journées de l’abbé Fouque

Retour sur la messe à l’église de La Trinité- La Palud avec les remerciements de Mgr Aveline en video, l’homélie de Mgr Ardura et le reportage photos

Cher Monseigneur,
Chers frères prêtres
Chers frères franciscains,
Frères et Sœurs dans le Christ,

Après la splendide célébration de la béatification du cher abbé Fouque, qui a vu l’Église de Marseille réunie dans un élan de foi pour exprimer sa joie de voir l’un de ses fils proclamé Bienheureux par le pape François ; après la solennelle et émouvante translation de son corps dans cette église de la Sainte-Trinité, nous voici réunis aujourd’hui pour célébrer sa mémoire liturgique et rendre grâces à Dieu pour le don de ce prêtre qualifié par le pape François de « prêtre selon le cœur de Dieu ».

Le secret de sa vie fut, sans conteste, sa communion intime et habituelle avec le Christ, qui a nourri une charité apparemment sans limite, lumière rassurante pour tant de personnes – enfants, jeunes, malades, vieillards – perdues dans les ténèbres de la misère matérielle ou morale, dans la solitude d’un désert aride, stérile, privé d’amour. Si notre Bienheureux fut un père spirituel estimé et recherché, s’il fut un confesseur dont de multiples témoins ont souligné la bonté et la miséricorde, c’est bien parce qu’il vivait une telle union de foi et d’amour avec le Seigneur Jésus, qu’il pouvait dire sans danger de présomption les paroles de saint Paul dont il fit graver une partie sur la pierre de cet autel, l’autel de la chapelle des orphelins et enfants abandonnés, aux Saint-Anges sur le chemin de Mazargues et maintenant au cœur de cette église : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. Ce que je vis aujourd’hui dans la chair, je le vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. »

« Prêtre selon le cœur de Dieu », le Bienheureux Jean-Baptiste Fouque encore aujourd’hui nous confirme, nous tous baptisés, et d’une façon toute spéciale, nous, prêtres de Jésus-Christ, il vient nous confirmer que le secret d’une vie chrétienne heureuse et féconde, que le secret d’un ministère pastoral généreux, résident dans la communion d’amour avec le Cœur du Christ, source intarissable de charité.

Durant le procès de béatification, Mgr Castellan, son ancien condisciple au séminaire de Marseille, devenu archevêque de Chambéry, l’avait bien compris lorsqu’il définissait ainsi son vieil ami : « L’abbé Fouque était un mystique. Il se plongeait dans la prière et dans l’union à Dieu. » Seule, en effet, son union à Dieu pouvait lui inspirer un zèle pastoral hors du commun, ce qu’il exprimait dans le langage de son temps : « Il me faut toutes les âmes, je les aime toutes, comme je ne puis l’exprimer. »
C’est ce témoignage d’amour et de service accompli au nom de Jésus, avec et pour l’amour de Jésus, qui peut faire de nous aujourd’hui d’authentiques missionnaires de la bonté et de la miséricorde du Seigneur.

Dans le passage de l’Évangile selon saint Marc, judicieusement choisi pour célébrer cette fête, nous assistons à la rencontre et au dialogue entre un père très éprouvé par l’infirmité de son fils, qui vit comme beaucoup de parents d’enfants malades ou infirmes, dans l’angoisse de le perdre. Ce père de famille a, sans doute, perdu bien des illusions, mais il n’a pas perdu l’espérance. C’est pourquoi il conduit son enfant d’abord aux disciples de Jésus, puis à Jésus lui-même, dont l’attitude suscite en nous l’étonnement. Il nous fait penser à ces parents ou à ces enseignants qui ont cherché à transmettre aux jeunes une partie de ce qu’ils ont de meilleur et dont les réactions déconcertantes semblent mettre la patience à l’épreuve : « Combien de temps devrai-je vous supporter ? » Mais l’amour de son cœur le fait céder aux instances de la misère : « Amenez-le-moi. »
Devant l’échec des Apôtres pour guérir l’enfant, le père s’adresse timidement, prudemment à Jésus : « Si tu peux quelque chose, viens à notre secours, par compassion envers nous ! » Alors s’engage ce magnifique dialogue : « Pourquoi dire : "Si tu peux"… ? Tout est possible pour celui qui croit. » La grande devise de l’abbé Fouque, omniprésente pour éclairer sa vie entière. Aussitôt, le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »

Le cœur du Christ est riche de compassion : sur la Croix, il a pris avec Lui tous nos péchés et leur cortège de souffrances et de misères. Vainqueur de la mort et du péché, il nous comble de son amour qui vient nous ouvrir les portes de la vraie vie : nous pouvons vivre en Lui pour que ce soit Lui qui vive en nous.

Désormais, le Bienheureux Jean-Baptiste Fouque, homme de Dieu et père des pauvres, repose dans cette église, à proximité de l’autel sur lequel il a célébré tant de fois l’Eucharistie, et du confessionnal où pendant 38 ans, il a largement, généreusement répandu la grâce du pardon du Seigneur.

Selon une tradition qui s’enracine dans la liturgie des catacombes romaines, qui fut ensuite généralisée sous l’impulsion de saint Ambroise, évêque de Milan, nous avons déposé le corps du Bienheureux sous la table de l’autel de l’Eucharistie. Le disciple n’est pas au-dessus de son Maître, mais dans sa vie et dans sa mort offertes par amour, il s’est constamment uni à son Seigneur, comme en témoigne cette belle prière jaillie du cœur de notre Bienheureux : « Mon Dieu, encore une fois, pardonnez-moi, gardez-moi une place, tout indigne que je suis, une pauvre petite place dans votre cœur, et bénissez-moi ! » Oh ! Si nous faisions, chaque jour, avec amour, cette prière ! « Gardez-moi une toute petite place dans votre cœur ! »
Nous voici dans le temps de l’Avent, temps de l’attente joyeuse de la venue du Sauveur. Comme le faisait quotidiennement notre Bienheureux, ouvrons notre cœur à la l’Évangile, pour nous préparer à accueillir en nous le Seigneur Jésus.

Lorsque, le 10 juin 1941, de nombreux membres du clergé et du peuple de Marseille remirent leur supplique à Mgr Delay, leur évêque, pour demander d’ouvrir le procès de canonisation de l’abbé Fouque, ils écrivirent : « Il a ouvert l’Évangile ou plutôt, il a ouvert son cœur où l’Évangile avait gravé de bonne heure son empreinte. […] En effet, s’il fut un grand réalisateur, c’est qu’il fut un grand mystique. »

Puissions-nous, nous aussi, ouvrir notre cœur à l’Évangile, pour qu’il grave en nous l’empreinte du cœur du Christ ! Amen.

Mgr Bernard Ardura
Postulateur de la cause en canonisation du Bienheureux Jean-Baptiste Fouque

Dernière mise à jour : Mardi 7 janvier 2020