L’espérance pascale

Christ est vraiment ressuscité, Alléluia ! Laissons la lumière de Pâques se déployer en notre vie. Elle éclaire nos routes humaines. Elle est lueur dans les épreuves, réconfort immérité. Elle nous tire en avant. Elle ouvre une brèche dans des horizons fermés, dans celui de la mort inéluctable. Nous sommes faits pour Dieu.

Il y a un au-delà de la mort que la résurrection du Christ nous révèle et nous ouvre. Il est notre lumière électoral. Nous aspirons à une vie apaisée, fraternelle, plus juste et équitable

Parfois, nous perdons confiance en l’avenir et en ceux qui se proposent pour le prendre en charge. Sous peu, notre pays aura un nouveau président de la République et bientôt de nouveaux députés. Le temps électoral s’effacera.

Le message de Pâques nous révèle la fécondité des vies données pour les autres, « pour la multitude », dit la liturgie.
Il ouvre nos horizons. Il nous libère de toute peur. « N’ayez pas peur » seront ses premiers mots, chaque fois répétés par le Ressuscité allant à la rencontre de ses disciples désorientés. Ceux-ci vont trouver là cette force d’orienter leur vie vers les autres, vers les plus souffrants, les petits, les étrangers. Ils parcourront le Bassin méditerranéen.
Parfois, durant ces dernières semaines, nous avons pu avoir le sentiment que nous jouions à nous faire peur. Le Christ élargit l’horizon des siens en les ouvrant aux autres.
« Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdreson âme ? » (Matthieu 16, 26) « Celui qui veut sauver sa vie la perdra. Mais celui qui la perd à cause de moi l’assurera. »
Et bien d’autres encouragements à faire de sa vie un don pour tous. Nous sommes faits pour Dieu et rien d’autre que Lui ne pourra combler nos soifs profondes.
Le temps pascal croise également celui de nos vies personnelles pour y faire naître l’espérance. Que de témoignages qui souvent habitent nos prières ! Les nouveaux baptisés en ont été des témoins lumineux. Leur vie s’est éclairée.
Il y a aussi ceux qui confient leurs soucis de santé, de chômage, de famille, d’argent. Ou encore ces réfugiés venus récemment d’Irak ou de Syrie, croisés lors des célébrations pascales avec leurs épreuves récentes, et maintenant l’incertitude de la reconstruction.
La lumière de Pâques est là encore,nous ouvrant à l’espérance : Celui qui a souffert la Passion, qui a été condamné injustement, qui a été flagellé et moqué, renié et trahi, mis à mort, est vivant, ressuscité. À aucun moment Dieu ne L’a abandonné. Il Le tenait en son coeur.

Croyant au Ressuscité, nous sommes des messagers d’espérance. Nous nous savons dans les mains de Dieu, le Vainqueur de la mort, le Maître de la vie. Nous sommes des défenseurs de la vie. Nous ne pouvons pas nous accommoder de ce qui abîme ou détruit la vie humaine. Nous portons la préoccupation de la vie de tous les peuples, et pas seulement du nôtre. Nous ne sommes jamais meilleurs porteurs d’espérance que lorsque nous sommes proches des autres, fraternels, engagés pour la défense des plus éprouvés.
Le Christ a ouvert les chemins de l’espérance en sa résurrection.
Déjà, Il en avait montré la lueur « en passant en faisant le bien » (Actes 10,38).

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Vendredi 12 mai 2017