Accueil > Œcuménisme - Interreligieux > Œcumenisme > L’unité des chrétiens, un acte de foi

L’unité des chrétiens, un acte de foi

Le 18 janvier, nous avons entamé la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qui durera jusqu’au 25 janvier, le jour de la fête de la conversion de saint Paul. Ce choix n’est pas fortuit. Il souligne que le sommet de nos prières vise à nous engager sur un chemin de conversion, se dessinant toujours devant nous.

Télécharger le document au format pdf

L’unité personnelle, l’unité de nos communautés, l’unité des Eglises ne peuvent exister qu’au prix d’une conversion personnelle, mutuelle et de chacune de nos Eglises. Si un membre d’une communauté ou si une Eglise se pensaient justes, parfaits, accomplis,… donc exempts du nécessaire souci et de l’incontournable travail de conversion, l’unité serait rendue impossible.

Pour parler de l’unité entre chrétiens, l’Eglise use d’un mot qu’il nous faut bien comprendre sinon nous risquons de tomber dans l’amalgame. Ce mot est celui d’œcuménisme. Quand l’Eglise l’emploie, elle le fait en pensant à ce qui appartient en commun aux chrétiens. Elle définit alors l’œcuménisme comme la démarche qui vise à l’unité entre les chrétiens, démarche qu’elle distinguera du dialogue inter-religieux. Ce dernier recouvre tout ce qui est mis en œuvre pour une reconnaissance mutuelle des richesses des diverses religions [cf. Vatican II, Nostra aetate].

L’unité des chrétiens, des disciples du Christ, appartient à toute l’histoire de l’Eglise, dès son commencement.
Les lettres de Paul, qui représentent les premiers écrits chrétiens, en témoignent. Pourquoi Paul écrit-il aux différentes communautés qu’il a fondées ? Pour susciter entre elles, une cohérence et une unité, mais aussi parce qu’il y a en leur sein des tensions, voire des divisions. Il suffit de rappeler ces versets de la première lettre aux Corinthiens : Mais je vous exhorte, frères, au nom de notre Seigneur Jésus Christ : soyez tous d’accord, et qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis dans un même esprit et une même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des discordes parmi vous [1, 10-11] .
Nous pourrions relever dans chacune des lettres des appels de ce genre. Si, avançant dans le temps, nous considérions la rédaction des évangiles et l’établissement du canon des Ecritures, nous percevrions que c’est la même raison qui en est l’origine : veiller à établir une unité entre les disciples du Christ. Cela trouve son sens dans le fait qu’il n’y a qu’un seul qui a opéré le salut, qu’il n’y a qu’un seul qui a révélé l’être même de Dieu… Réunis au nom de cet Unique, les chrétiens ont vocation à vivre l’unité.
En quelque sorte, il est possible d’affirmer qu’un des lieux d’expression de la vocation de l’Eglise, qu’une des manifestations de ce qui la fonde, … c’est l’unité en Christ.
Nul ne peut dire que Christ est son maître, son guide, son chemin, sa vérité et sa vie et n’être pas habité par le souci de l’unité qu’est le Christ, lui qui a brisé toutes les barrières qui pouvaient s’élever entre les hommes [cf. l’épître aux Romains]. Ce que Paul exprimera de manière ma-gistrale avec l’image du corps, la reprenant à plusieurs reprises dans ses lettres : le Christ est la tête, nous sommes ses membres.
Aucun membre n’existe par et pour lui-même, d’où la nécessité de toujours travailler à l’unité pour être soi-même et pour que le corps soit.
Travailler à l’unité devient un acte de foi en Christ qui donne vie.

Jean-Luc Ragonneau s.j

Semaine de prière pour l’Unité des chrétiens

Dernière mise à jour : Dimanche 19 janvier 2014