Accueil > Diocèse > Patrimoine > Eglises de Marseille > La cathédrale Sainte-Marie-Majeure

La cathédrale Sainte-Marie-Majeure

Sa construction, décidée par Mgr Eugène de Mazenod, dura 41 ans. Ouverte au culte sous l’épiscopat de Mgr Louis Robert, le 30 novembre 1893, elle fut érigée en basilique mineure par le pape Léon XIII, sous le vocable de Sainte-Marie-Majeure, le 24 janvier 1896.

De style romano-byzantin, en forme de croix latine, la cathédrale-basilique montre sur le tympan de la porte d’entrée le couronnement de la Vierge Marie.

Le porche

La voûte du porche est recouverte d’une mosaïque représentant la voûte céleste. En son centre, la croix, entourée de deux colombes, de l’alpha et de l’oméga et de l’inscription « Salus mundi », Salut du monde. De nombreuses lettres « M » avec des étoiles évoquent Marie, étoile de la Mer.
Mgr Charles Place (1814-1893) décida de l’attribution des statues qui ornent le porche. Au centre, le Christ en majesté. A sa droite : saint Pierre, saint Lazare et sainte Madeleine. A sa gauche : saint Paul, saint Maximin et sainte Marthe. Se trouvent ainsi réunis, avec les deux colonnes Pierre et Paul, les saints traditionnels de Provence.
Les statues qui se trouvent à l’intérieur du porche représentent des saints de l’histoire de l’Eglise de Marseille. De l’intérieur vers l’extérieur, côté mer : saint Cannat, le Bienheureux Urbain V et saint Victor ; côté Panier : saint Théodore, saint Serenus et saint Mauront.

Qui sont ces saints ?
Saint Cannat (Ve siècle) n’est fêté comme évêque de Marseille qu’à partir du XIIe siècle. Il semble qu’il soit plutôt un laïc du diocèse d’Aix, lettré et pieux, vivant dans sa villa, sur l’emplacement de laquelle s’élèvera plus tard le village qui porte son nom.
Le Bienheureux Urbain V, né en Lozère en 1310, après des études à Montpellier et Toulouse, fit profession à l’abbaye bénédictine de Saint-Victor de Marseille. Conseiller des papes d’Avignon, nommé le 2 août 1361 abbé de Saint-Victor, il est élu pape le 28 septembre 1362. Son rêve est le retour de la papauté à Rome. Il quitte Avignon au printemps 1367 et, durant trois ans, il œuvre à restaurer basiliques et quartiers romains tombés en ruines. Grand érudit, il s’efforce de soutenir les universités en Europe et crée des collèges en Provence et Languedoc. Revenu à Avignon, il meurt le 19 décembre 1370. Ses restes furent transférés le 5 juin 1372 à l’abbaye de Saint-Victor.
Saint Victor est martyr lors de la persécution de Dioclétien (303-304).
Saint Théodore (VIe siècle) lutta longuement avec le chef du pouvoir politique, le patricien Dynamius, pour le contrôle de la ville ; il fut arrêté et emprisonné à deux reprises. En 591, le pape Grégoire le Grand le critique pour avoir imposé le baptême à des juifs sous la contrainte.
Saint Serenus (596-601) reçut en 600 des reproches du pape Grégoire le Grand (590-604) pour avoir pris l’initiative de faire détruire toutes les images des saints dans son diocèse. Grégoire lui écrit : « L’image est utile dans l’église, afin que les illettrés puissent, en contemplant les murs, apprendre ce qu’ils ne peuvent pas lire dans les livres ; il faut conserver ces images mais interdire au peuple de les adorer... »
Saint Mauront (VIIIe siècle), évêque de Marseille et abbé de Saint-Victor, essaie de sauvegarder le patrimoine de son Eglise et celui de l’abbaye. Il demande justice pour recouvrer des biens indûment enlevés par divers seigneurs.

Les fonts-baptismaux

La petite porte de la façade, coté mer, s’ouvre sur les fonts-baptismaux, œuvre de Henri Antoine Revoil (1822-1900). Hauts de 3 mètres, ils sont en onyx, marbre et bronze. Une vasque ronde repose sur une colonne carrée, entourée de quatre colonnes circulaires en marbre. Tout autour de la cuve, sur une frise, plusieurs décorations bibliques et symboliques évoquent le Salut. On y trouve le monogramme du Christ, l’Agneau mystique représenté par un calice surmonté d’une croix entourée de deux agneaux , dans une circonférence, une fiole pour contenir le saint chrême, avec une croix et en son centre un orant, l’arche de Noé avec la colombe et son rameau d’olivier, une coquille Saint-Jacques pour verser l’eau sur la tête des baptisés, une croix pattée et, de part et d’autre, deux dauphins, signes de la Résurrection, un grand vase avec la représentation de l’Agneau surmonté d’une croix, entouré par deux palmiers. Au sommet du vase une inscription grecque et une croix, et de chaque côté un cerf. Ces cerfs s’abreuvent aux quatre fleuves du Paradis, évocation du psaume 41 : « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche, Toi, mon Dieu ».
La cuve est surmontée de quatre piliers couronnés d’une coupole en bronze, elle-même surmontée d’une croix. A l’intérieur de la coupole est représentée une colombe, symbole de l’Esprit Saint.

Visiter La Major, en prenant le temps de s’arrêter aux détails, permet de découvrir l’extrême originalité de cet édifice.

Bernard Lorenzato

Dernière mise à jour : Mercredi 7 novembre 2012