La fraternité, source de toute paix

L’Église nous invite à commencer l’année civile par une journée de prière pour la paix. Dans son message écrit à cette occasion, le pape François propose la fraternité comme source de toute paix, comme fondement de la paix. Se considérer comme frères en humanité donne une vision généreuse, ouverte et courageuse de notre responsabilité les uns à l’égard des autres, que ce soit entre individus, que ce soit entre nations et peuples. Se reconnaître comme frères en humanité invite à rechercher le bien de tous et de chacun, pousse à refuser « la mondialisation de l’indifférence ».

JPEGLe Saint-Père écrit : « La mondialisation nous rend proches mais ne nous rend pas frères. »
Oui, grâce aux moyens modernes de communication, voilà que nous avons connaissance de tout ce qui se passe sur la planète et une crise économique ou financière qui se produit à l’intérieur d’une zone entraîne les autres dans sa chute.
Nous sommes devenus économiquement dépendants, nous ne le vivons pas encore de manière fraternelle, c’est-à-dire avec le souci du bien du plus grand nombre, des plus nécessiteux en particulier.

Seule une conscience vive de notre origine commune, et plus encore de notre filiation commune, pourra révolutionner nos coeurs et nos comportements, afin de vivre selon une culture de la fraternité et de la justice, une culture de la sobriété et du partage.

Voici cent ans, l’Église créait la Journée mondiale du Migrant. Elle se célèbre dans l’Église entière le 19 janvier. Le thème proposé cette année invite à vivre ce phénomène croissant des migrations à la lumière de cette fraternité et selon une belle solidarité : « Migrants et réfugiés : vers un monde meilleur. »

Je vous invite à lire le message du Saint-Père. Il poursuit la réflexion de l’Église. On ne peut le taxer de naïveté. Il rappelle la nécessité d’une politique mondiale à ce sujet, alliant la responsabilité de chaque État à l’égard de sa population à celle de tous pour tirer de cette réalité une occasion d’enrichissement humain à travers l’accueil et l’échange des personnes et des cultures.
L’Église qui est à Marseille fait l’expérience de ce brassage de populations et de l’enrichissement dont il peut être l’occasion. Nos communautés chrétiennes s’en trouvent souvent dynamisées.

Le dimanche 19 janvier après-midi, rendez-vous nous est donné à l’église Notre-Dame du Mont pour un temps de fête, de partage, de prière. Nous sommes tous concernés.
Il ne s’agit pas de laisser entre eux les chrétiens venus d’ailleurs, mais bien de faire communauté ensemble pour être vraiment signe, sacrement de ce désir de Dieu de voir l’humanité vivre en fraternité et charité.
La fête de Noël nous faisait célébrer Celui qui s’est fait frère pour nous rappeler que nous sommes tous fils du même Père.
Celle de L’Épiphanie élargira à toute l’humanité les limites de la fraternité à vivre.
Puissions-nous être des artisans de paix et de fraternité, témoins de la volonté du Père, source de toute vie.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Mercredi 22 janvier 2014