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Les Etats généraux de la bioéthique : 18 janvier-30 avril

Les États généraux de la bioéthique veulent établir un débat aussi ouvert que possible. Citoyens, scientifiques, courants de pensée et religieux, associations et experts, peuvent apporter leur contribution.
Dans ce contexte, la CEF a organisé un colloque à Paris, le 20 janvier, pour informer les diocèses des différents sujets abordés lors de la révision des lois de bioéthique, afin qu’ils puissent y sensibiliser les chrétiens. Notre diocèse avait délégué quatre personnes. Quelques échos des échanges.

Mgr Pierre d’Ornellas a introduit la journée en donnant deux perspectives : d’abord, une réflexion anthropologique, et ensuite, comment se situer et agir durant les États généraux, témoigner d’une beauté qui nous illumine ?
La tradition biblique ne nous montre pas forcément ce qui est bien et mal, mais comment Dieu est à nos côtés dans notre condition humaine. Nos débats ne sont pas un combat, mais un lieu de discernement. La découverte scientifique n’est pas un mal, mais doit nous faire trouver le chemin que Dieu nous montre pour le bonheur. L’Écriture sainte est irremplaçable. Nous avons à témoigner d’un Dieu qui nous rejoint dans les situations difficiles.

Plusieurs intervenants ont pris la parole.
▪ Anne-Marie Pelletier, bibliste, sur des « éléments d’anthropologie biblique ».
Après un préambule sur une double révélation dans les Écritures, tout à la fois âme de la théologie et âme de l’anthropologie, elle a développé la notion de relation, de « consentement à la limite » dans les textes bibliques.

▪ Aude Mirkovic, maître de conférences en droit privé, nous a éclairés en nous donnant quelques éléments de droit :

  • Lorsque la loi protège le corps, c’est la personne qu’elle protège.
  • La protection juridique de la personne en son corps s’exprime dans trois principes :
    l’inviolabilité, l’indisponibilité et la non patrimonialité (commercialisation du corps).
    Les deux principes d’indisponibilité et de non patrimonialité sont en cause pour protéger le corps de la marchandisation. Une marchandise, c’est un objet que l’on peut donner ou vendre. Lors d’une GPA, que la femme donne ou qu’elle vende son enfant, dans tous les cas l’enfant est marchandise. C’est une négation de la nature de l’homme.

▪ P. Bruno Saintôt, sj, responsable du département Éthique du Centre Sèvres, a donné des indications sur la façon de participer aux débats :

  • En montrant les conséquences globales de certains choix, en prenant la position des plus faibles comme « point de vue ».
  • En questionnant la cohérence d’un projet global de société.
  • En nous enracinant dans la vie selon l’Évangile, dans l’intelligence de la foi et dans l’exercice de la lecture des « signes des temps ».
  • En développant une culture de dialogue.

Voilà l’enjeu de ces États généraux. Le projet est vaste, nous devons y contribuer en nous informant, en participant aux débats partout où cela est possible, notre parole est importante, car, comme le dit saint Pierre dans sa première lettre (3, 15-16) :
« Soyez toujours prêts à rendre raison de votre espérance, mais avec douceur et respect. »

Mireille Caltagirone
Responsable de l’Aumônerie des établissements de santé

Etats généraux de la bioéthique

Dernière mise à jour : Dimanche 25 février 2018