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Les livres des mois de juillet et août 2017

  • Dom François Grangier, les exils d’un chartreux
    Livre autoédité par l’association « Les Amis de Saint-Giniez ».
    159 p., 9,50 euros.

Le P. Julien Fleury, curé de Saint-Giniez, vient d’écrire un livre sur l’un de ses prédécesseurs, Dom François Grangier, « le bon Monsieur Grangier », comme l’appelaient ses paroissiens. Où l’on découvre un personnage attachant, témoin de l’Église au temps de la Révolution.

Trois lettres trouvées dans les archives de la paroisse de Saint-Giniez sont à l’origine de ce livre. Dans l’une d’elles, adressée à l’évêque de Marseille, Mgr Fortuné de Mazenod, un prêtre du nom de François-Esprit Grangier évoque son itinéraire depuis son retour d’exil en Italie, en 1805. François-Esprit est alors curé de Saint-Giniez depuis 1822. Né en 1755, il a près de 70 ans quand il écrit à son évêque pour lui faire part de ses problèmes de santé. La paroisse est immense, elle s’étend depuis les Catalans jusqu’à Mazargues. Son genou lui fait mal, il est perclus de rhumatismes. Sa hantise : devoir se lever dans la nuit pour porter le viatique à un malade habitant sur les pentes abruptes de Notre-Dame de Garde. Il évoque aussi ses bons et loyaux services pour les diocèses d’Aix et de Marseille, et ses trente ans dans l’Ordre des chartreux. Avec ces informations et les pièces du puzzle apportées par les Pères chartreux, il était facile de reconstituer sa biographie.
A partir des événements qu’il a vécus, des lettres qu’il a écrites, des archives diocésaines, municipales et départementales, nous arrivons même à dresser un portrait assez net de ce personnage attachant. Ses déracinements successifs des lieux où il a vécu font de lui un témoin extraordinaire des Chartreuses de Provence au temps de la Révolution française.

Histoire et actualité
En racontant son histoire, voici quelques questions auxquelles nous nous sommes efforcés de répondre : quelle est la pastorale d’un ancien moine contraint de rejoindre la vie paroissiale pour vivre son sacerdoce ? Pourquoi a-t-il quitté la chartreuse de Bonpas pour celle de La Verne, puis Montrieux, Bologne, Trieste, pourquoi son retour à Salon sa ville natale en janvier 1805 ? Que devient la vie quotidienne d’un chartreux pendant la Révolution ? Comment imaginer la vie d’un curé de paroisse dans la campagne marseillaise, à Saint-Giniez, là où le Père Grangier a laissé le plus de souvenirs ? Quels sont les effets de la Révolution sur la vie paroissiale ?
« Dom François Grangier, les exils d’un chartreux » est un livre d’histoire ecclésiastique qui s’est voulu le plus factuel possible. La parole est donnée au Père Grangier lui-même et aux documents d’histoire. Nous espérons que le Père ne nous en voudra pas de l’avoir tiré de son silence et de sa discrétion toute cartusienne…
On juge souvent avec beaucoup de pessimisme notre époque, traversée par des crises profondes : crise du chômage, de la dette, du vivre-ensemble, crise écologique... Mais remontez quelques siècles en arrière et vous verrez qu’il y a eu une époque où les prêtres et religieux étaient chassés de leur pays, déportés ou exécutés pour avoir combattu par le « prêche et le goupillon ». Telle est la vie du Père Grangier, une vie fidèle, enracinée dans le Christ.

  • Charles de Foucauld, officier, géographe, linguiste
    Chemins de Dialogue, avril 2017, 13 euros.

Pour Charles de Foucauld, c’est une évidence : s’il est devenu le « frère universel », c’est parce qu’il fut d’abord officier, géographe et linguiste, et qu’il le resta jusqu’à la fin. Plus que rupture radicale, comme cela a pu parfois être présenté, il y a véritablement continuité tout au long de la vie de Charles de Foucauld entre « avant » et « après ». C’est cette continuité que s’attachent à souligner les contributions réunies dans ce nouveau livre publié par Chemins de Dialogue. Données dans le cadre d’un colloque dédié au bienheureux à Viviers, en décembre 2016, elles mettent en valeur un aspect un peu oublié de sa vie, faite de conversions successives : « Si j’ai pu faire quelque bien, si j’ai pu m’établir au Sahara, c’est, après Jésus, parce que j’ai été officier et que j’ai voyagé au Maroc. Dieu prépare de loin les choses et il fait servir au salut des âmes les actes qu’on a faits en pensant le moins à Lui. »

  • Dialogue interreligieux : quel avenir ?
    Chemins de Dialogue, mai 2017, 15 euros.

A la demande de la Conférence des évêques de France, le Service national des relations avec les musulmans avait organisé, l’an passé, un colloque : « Quand le dialogue interreligieux se fait difficile. » L’occasion, pour toutes les personnes impliquées dans les relations avec les croyants des autres religions, de s’interroger sur les difficultés nouvelles rencontrées dans un contexte français fragilisé pour diverses raisons : attentats, laïcité mal comprise, visibilité croissante d’un islam plus radical, etc. Une fois nommées les difficultés, il faut avoir conscience des défis que cela pose à l’avenir du dialogue : comment le poursuivre ? Comment repenser ce qui n’a pas porté les fruits espérés ? Comment ouvrir, aussi, de nouveaux chantiers ? Cet ouvrage réunit toutes les interventions données dans ce colloque, aussi passionnantes que nécessaires pour dessiner le dialogue de demain.
Amaury Guillem

Dernière mise à jour : Mercredi 16 août 2017