Les treize desserts

« 13 desserts ?
vous avez dit 13 desserts ? »

« Mais oui ! »

« Et pourquoi cette quantité ? Les provençaux sont-ils si gourmands ? »

Kto nous l’explique en vidéo

Les provençaux sont gourmets... et bien des raisons peuvent expliquer ces traditions culinaires de Noël. Elles sont toujours respectées dans beaucoup de familles, qui veulent conserver à la célébration de la Nativité son caractère de fête religieuse et familiale.
LES 13 DESSERTS

Au retour de la messe, nous voilà aux "13 desserts", présentés dans de petites corbeilles sur la table familiale, tradition assez récente, sans doute, mais à laquelle nous tenons. Et d’abord, pourquoi treize ? En souvenir du Christ et des douze apôtres ? En signe de réjouissance inhabituelle ?

Certains sont, pour ainsi dire, « obligatoires » :
* la pompe à l’huile, « la poumpo » ou « gibassié », qu’il faut rompre, comme le Christ a rompu le pain ; c’est un pain de fête préparé à la maison mais cuit chez le boulanger : huile d’olive qu’on ajoute à la pâte confectionnée de farine, de levain, de sucre, de cassonnade et aromatisée de zeste d’orange et de citron à déguster trempée dans du vin cuit.

le nougat

* les nougats, le blanc et le noir, confectionnés avec le miel de nos abeilles et nos amandes, que l’on peut faire à la maison, mais il y faut « l’attentive, la tendre et la rieuse patience... »
* « li pachichoi », les "quatre mendiants", : figues sèches,

les figues

noisettes, amandes, raisins secs,

les amandes
les raisins

dont la teinte rappelle la couleur des habits
des religieux mendiants (les raisins secs symbolisent les Dominicains, les amandes les Carmes, les figues les Franciscains, les noisettes les Augustins) ;
* une noix ou une amande piquée dans une figue s’appelle le nougat du capucin.
* Il y a aussi les dattes, « li dàti »

les dattes

Marseille les conditionne pour toute l’Europe,et il ne faut pas oublier de repérer sur le noyau le « O » que l’Enfant Jésus aurait prononcé » en voyant ce fruit pendant la fuite en Egypte... On le farcit de pâte d’amande verte, et les pruneaux de pâte rose.
* Au menu, également, les oranges, « lis arange » : elles ont longtemps été débarquées en grand tas ensoleillés sur le quai du port, et les enfants pouvaient récupérer avec une épuisette celles qui étaient tombées à l’eau ;
* et les mandarines si parfumées, un peu difficiles à trouver maintenant, mais qui font de jolies veilleuses dans la crèche ;
* le melon vert, « lou verdau », que l’on conservait sur la paille à la campagne, vient aujourd’hui d’Espagne ;
* on peut encore ajouter les pommes, les poires d’hiver, le raisin, les noix...

Chaque coin de Provence a ses spécialités :
* les tartes dans le Comtat,
* les fruits confits à Apt,
* les calissons à Aix,
* les ganses à Arles,
* les bugnes dans le Queyras,
* de bonnes choses arrosées de notre vin cuit, « lou vin « kiue », toujours fabriquées suivant les méthodes traditionnelles.

Dernière mise à jour : Samedi 21 décembre 2013