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Messe d’action de grâce à la mémoire du cardinal Etchegaray,présidée par Mgr Pontier

En la basilique du Sacré Coeur, l’Eglise de Marseille a rendu grâce pour la vie et le ministère du cardinal Etchegaray

Messe à la mémoire du cardinal Roger Etchegaray
Basilique du Sacré-Cœur , Lundi 9 septembre 2019
Homélie de Mgr Pontier

Le 26 juin I984, le cardinal Roger Etchegaray célébrait la messe des adieux à la cathédrale de La Major. Cela fait un peu plus de trente-cinq ans. Il venait de passer treize années à Marseille comme archevêque. Il s’interrogeait lui-même à partir de cette question : « Qu’as-tu fait de Jésus-Christ ? »

Nous-même, nous sommes là nombreux ce soir en cette basilique du Sacré-Cœur, et nous pouvons témoigner que le cardinal Etchegaray s’est laissé façonner par son amitié pour le Christ et qu’il s’est employé à rendre compte de sa foi et de la lumière qu’elle apporte sur notre destin personnel et collectif. C’est souvent que j’ai entendu parler de lui depuis que je suis à Marseille. Et cette évocation s’accompagnait toujours d’un sourire exprimant le rayonnement de ses qualités humaines, spirituelles et paternelles.

Si j’ai retenu ces deux lectures de la Parole de Dieu, c’est parce qu’elles me semblent rendre compte de la foi profonde du Cardinal et de celle de tous les chrétiens. « Voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu - et nous le sommes -… Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement. Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui parce que nous le verrons tel qu’il est. »
Et dans l’Évangile, l’apôtre Jean mettait sur les lèvres de Jésus cette prière : « Or, la vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »

Le Père Etchegaray a passé sa vie à entrer dans la vie éternelle : il s’est efforcé de connaître le Christ, et par Lui, de connaître le Père. Le Christ était le trésor, la perle précieuse qui orientait sa marche, ses choix de vie, ses réflexions, ses enthousiasmes, son courage, sa persévérance. Tout au long de ses missions, il s’est montré un fidèle serviteur, enthousiaste, serein, infatigable. Il est allé au bout du monde pour des missions de paix, de réconciliation. Il vivait du double commandement de Dieu, du commandement nouveau : « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force, et tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Il savait qu’il n’y a pas de meilleur moyen ici-bas pour aimer Dieu que d’aimer nos frères, les plus blessés en particulier. Il a aimé l’Église, corps du Christ. Il connaissait les faiblesses de ses membres. Mais il savait qu’elle portait dans ce vase fragile un trésor inestimable, qu’elle en avait les clés, qu’elle initiait à cette lumière unique, celle de Celui qui a dit : « Je suis la lumière du monde, Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres. » Et lui-même, le Cardinal, est resté dans cette lumière. Désormais, il entre plus profond dans la vie éternelle. Sa connaissance du Père, du mystère trinitaire de Dieu, s’éclaire d’une lumière définitive. Son être profond est en Christ, introduit dans le bonheur de la connaissance amoureuse de Dieu et de la compréhension de la destinée humaine.

Au terme de son homélie de 1984, il avait voulu laisser ses diocésains dans une parole de vie et d’espérance. Je vous en lis quelques phrases : « Frères et sœurs, ne nous trompons pas de peur, ne nous trompons pas de combat ! "N’ayez pas peur." Du matin au soir, du soir au matin, transmettez ce mot de passe qui court tout au long de l’Évangile, depuis l’ange de l’Annonciation à Marie jusqu’au Christ de la Résurrection à ses apôtres. Nous avons besoin d’espérer dans le combat-même de notre foi. Ne rapetissons pas l’horizon au gré de nos myopies. Ne mesurons pas à nos jambes la hauteur de la barre à franchir ; c’est au Christ lui-même de la fixer, assurés que nous sommes de la sauter, car le Christ passe avec nous… Avec vous, je remercie le Seigneur : "Car tout est de lui, et par lui, et pour lui : à lui la gloire éternellement !" (Rom 11,36). »

Amen.

+ Georges Pontier
Administrateur apostolique du diocèse de Marseille

Dernière mise à jour : Jeudi 12 septembre 2019