Messe de Pâques : 1er avril 2018

Le disciple que Jésus aimait arrive le premier au tombeau. Il s’agit de saint Jean, et c’est lui qui a écrit ce récit. Il note qu’il a attendu l’arrivée de Pierre pour entrer à son tour dans le tombeau.

Il voit le tombeau vide, les linges bien rangés, et il nous dit, parlant de lui-même : « Il vit et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. »

Ressusciter d’entre les morts est difficile à comprendre. Nous aimerions en savoir le comment. La révélation faite par le Christ, vécue par le Christ, montre que la vie continue au-delà de la mort, une vie spirituelle, où le corps n’a plus le même rôle, où une vraie rencontre est possible. Jésus ressuscité a été à la rencontre de ses amis pour leur révéler cette vie nouvelle promise par le Père, accomplie par le Fils et portée par l’Esprit. Jésus vainqueur de la mort, non pas en l’évitant mais en la traversant, a ouvert le chemin pour ceux qui lui donnent leur confiance. Les Pères de l’Église disaient : « Là où est passée la tête, le corps suivra. » Nous sommes le corps du Christ : là où est passée la tête, le Christ, le corps suivra. Nous suivrons.

Chers frères et sœurs, nous sommes faits pour Dieu, pour la rencontre avec Lui. Ici-bas, elle se vit dans l’obscurité, le doute, le voile de la foi. Au-delà de la mort, elle se vit dans la clarté, l’émerveillement, le face-à-face.

La Parole de Dieu nous dit comment vivre ici-bas dans cette foi.
Pierre, dans les Actes des Apôtres, nous offre une belle formule : « Là où il passait, Jésus faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. » Il s’agit pour nous de vivre en faisant le bien et en guérissant ceux qui sont sous le pouvoir de Satan, ceux qui font le mal, ceux qui sont prisonniers du démon. Et Paul écrit aux Colossiens : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d’en haut, non à celles de la terre. »

Déjà, la résurrection du Christ produit son fruit : elle nous introduit dans l’accueil des réalités d’en haut. Ces réalités, nous y accédons par notre vie de prière personnelle, d’amitié avec Dieu, par les sacrements de l’Église et aussi par notre vie de charité pour les autres. Comme le Christ qui passait en faisant le bien a fait de sa vie un don pour la multitude, de même nous savons que nous sommes invités à faire de nos vies des dons. Voici une semaine, le choix de M. Arnaud Beltrame de prendre la place d’otage occupée par une autre personne nous a saisis profondément. Et nous avons aussi compris que sa perception du métier de gendarme et sa foi chrétienne l’avaient préparé à une telle décision.
Nous sommes là dans l’élan d’une vie de ressuscité : faire de sa vie un don pour la sauver. Donner sa vie charnelle pour ne pas perdre sa vie spirituelle, sa beauté de fils de Dieu et de frère des hommes. « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, celui qui perd sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera », avait déclaré Jésus.

Supplions le Seigneur de nous aider à faire le bien, de nous aider à faire de notre vie un don d’amour pour ceux qui nous entourent. Dans ce monde où la peur et la violence ont souvent l’air de prendre le dessus, soyons de ceux qui vivent dans la confiance et la charité fraternelle.

Christ est ressuscité, Alléluia. Oui, Il est vraiment ressuscité, Alléluia !

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille
Cathédrale de La Major

Dernière mise à jour : Jeudi 12 avril 2018