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Messe en l’église Saint-Pierre d’Auriol : béatification de l’abbé Jean-Baptiste Fouque

Chers frères et sœurs,
il était bien légitime de venir ici, à Auriol, célébrer cette eucharistie au début de l’octave en l’honneur de l’abbé Jean-Baptiste Fouque, qui sera béatifié dimanche prochain à La Major.
Il fut vicaire à Auriol pendant huit années, de fin 1877 à juillet 1885. Il avait 26 ans quand il est arrivé. Il avait été ordonné 18 mois auparavant. On a gardé le souvenir d’un prêtre zélé, toujours sur la brèche, s’occupant beaucoup des jeunes. La foi de l’abbé Fouque rayonnait à travers sa propre jeunesse, sa foi profonde, son amour pour Dieu manifeste. Pendant ces années à Auriol, il a su transmettre cet amour pour Dieu. Il a su parler avec des mots convaincants de l’appel à suivre le Christ dans le sacerdoce et la vie religieuse. Il a lutté contre les loisirs dégradants ou l’abus de conduite à l’égard des jeunes filles. On a même pu trouver qu’il en faisait un peu trop et qu’il entravait des projets de mariage ! On garde ici le souvenir des groupes qu’il a créés avec la Pastorale, la musique et les ouvroirs. Vous y êtes attachés. Le cercle Saint-Pierre et La Musique des Amis réunis se souviennent de leur fondateur et la paroisse d’Auriol a pu être appelée « la perle du diocèse »
L’évangile de ce dimanche a dû éclairer la prière et la vie de l’abbé Fouque. On voit les disciples discuter entre eux pour savoir qui était le plus grand parmi eux. Jésus les renvoie à sa vie et à son exemple. Il propose le chemin du serviteur comme le plus beau et le plus grand : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Il ne s’agit pas de dominer, mais de servir. Jésus prend un enfant, le met au milieu du cercle et affirme : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais celui qui m’a envoyé. » Accueillir le Christ passe par le chemin de l’accueil des plus petits, des plus fragiles, comme l’est un enfant qui ne peut vivre sans le soutien, l’accueil et l’affection de sa famille. Nous savons combien l’abbé Fouque a su, dans la suite de sa vie, vivre cet accueil des plus pauvres. C’est cela qui sera à la source des œuvres dont il a été à l’origine. Il avait conscience d’accueillir le Christ en accueillant ses frères en humanité dans le besoin.
L’abbé Fouque a encore ici développé le lien à l’eucharistie et la pratique du sacrement de la confession. Il voyait dans ces deux sacrements deux occasions de faire grandir en nous la contemplation du Dieu bon et miséricordieux, proche de nous et nourriture de notre foi. Découvrir l’amour miséricordieux de Dieu est une bonne nouvelle qui relance dans l’existence.
Chers frères et sœurs d’Auriol, comme je voudrais savoir vous redire à la manière de l’abbé Fouque combien vous êtes, chacun de vous, aimés de Dieu, combien vous venez de Lui et vous allez vers Lui. La foi en Christ est une grande source de joie, de paix, de sérénité. Prenez le temps de prier, le temps de lire la Parole de Dieu, le temps de vous nourrir de l’eucharistie et d’accueillir le pardon du Seigneur dans le sacrement de la réconciliation.

L’appel de Dieu à devenir prêtre ou à entrer dans la vie religieuse est un appel toujours actuel. C’est un chemin de bonheur et de service de ses frères. Notre diocèse propose des rencontres simples pour ceux et celles qui n’excluent pas de réfléchir à cette question. Votre curé pourra vous fournir les renseignements nécessaires.
Les baptisés que nous sommes, nous avons été choisis pour annoncer l’amour de Dieu pour tous et être de ceux qui bâtissent la paix et sont attentifs à ceux et celles qui ont besoin d’accueil, de soutien, de tendresse dans des vies parfois difficiles et dures. Nous devons être fraternels, pas seulement en paroles mais par des actes et des engagements concrets.
L’abbé Fouque avait une confiance absolue en la Providence. Il savait que « tout est possible à celui qui a la foi ». Demandons-lui de nous faire grandir dans cette même foi. Demandons-lui de soutenir notre foi. Demandons-lui de mener des vies généreuses et fraternelles. Qu’il nous entraîne dans l’aventure de la charité.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

23 septembre 2018

Dernière mise à jour : Jeudi 27 septembre 2018