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Messe pour la paix à Marseille le 27 juillet, présidée par Mgr Pontier

En l’église St Ferréol "Nous sommes en communion profonde avec les communautés chrétiennes de Terre sainte, d’Israël/Palestine, de Syrie, d’Irak, de Mossoul, vidé de sa population chrétienne, et de bien d’autres encore."

Nous prions pour l’avènement d’un monde de justice et de paix. Nous sommes marqués par les événements de violence qui frappent ces pays, et nos frères chrétiens tout particulièrement. Nous sommes marqués encore par les violences qui prolongent les manifestations dans notre pays et nous craignons de voir la paix civile qui se vit en France fragilisée par tout cela. Ici, à Marseille, nous connaissons l’importance de ce vivre ensemble dans le respect et la fraternité. Nous en vivons. Nous en savons la fragilité. Nous nous en sentons responsables tous et toutes. Marseille Espérance en est un signe nécessaire.

Et nous voilà rassemblés dans la prière. Voici trois jours, j’étais interrogé par une radio au sujet de ce moment de prière que nous vivons dans notre Eglise de France en ce dimanche. La personne qui m’interrogeait me demanda : « Pensez-vous que la prière puisse changer les choses ? Regardez : le Pape a réuni au Vatican les présidents d’Israël et de l’Autorité palestinienne, et voilà ce qui arrive. A quoi ça sert de prier ? Est-ce que ça peut changer les choses ? » Et je lui ai répondu : « Vous savez, la prière n’est pas faite pour changer les choses, mais pour changer les cœurs. C’est dans le plus profond des cœurs que se trouvent les racines de la violence. Et changer les cœurs est toujours à reprendre. »

Et voilà que la Parole de Dieu de ce dimanche, providentiellement, nous fait lire la prière du jeune roi Salomon. « Je suis un tout jeune homme, incapable de se diriger, et me voilà au centre du peuple que tu as élu… Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien du mal ; comment sans cela gouverner ton peuple qui est si important ? » Le voilà le fruit de la prière : avoir un cœur attentif et discerner le bien du mal ! Oui, nous prions pour que les hommes aient un cœur attentif, intelligent et sage, pour qu’ils sachent discerner le bien du mal. Nous le demandons pour les responsables politiques, mais aussi pour chacun d’entre nous qui avons à gouverner notre vie, notre famille, nos associations, nos engagements, nos paroisses, nos groupes, nos relations avec ceux qui sont différents, nous qui avons à choisir ce qui est le meilleur. Avoir un cœur attentif, attentif à ceux qui n’en peuvent plus des conflits de ce monde ou de la dureté de la vie, un cœur non pas attentif seulement à soi-même, à son confort de vie, à ses intérêts, mais attentif aux besoins du plus grand nombre. Le cœur des hommes est malade. « Seigneur, guéris-le. »

Et dans l’évangile de ce jour, le Seigneur nous invite à savoir choisir le vrai trésor de nos vies, à savoir lui sacrifier le reste. Ce trésor, cette perle précieuse, peuvent se définir de manières diverses. Sûrement, le Seigneur est pour les croyants que nous sommes le trésor le plus réel. Aujourd’hui, pensant à la vie des hommes ensemble, nous voulons désigner cette perle précieuse, ce trésor : et nous les nommons la justice et la paix. Et nous supplions le Seigneur de soutenir les efforts des amis de la paix. Qu’ils ne se découragent pas en Terre sainte, comme en Syrie, en Irak et partout ailleurs. Qu’ils ne se découragent pas à l’ONU, dans les organismes internationaux, chez les grands de ce monde. Que se multiplie le nombre des amis de la paix. Qu’on sache sacrifier à la justice et à la paix tous les autres intérêts, économiques, stratégiques, géopolitiques, nationalistes. Que l’on recherche la justice et la paix pour tous, en commençant par ceux qui en ont le plus besoin.

Nous invoquons le Christ comme le Prince de la paix. En Lui-même, en son cœur, Il a gagné la victoire de la paix : en Lui, pas de vengeance, pas de course au pouvoir, à la richesse, au plaisir. En Lui, le souci des petits, des pauvres, des étrangers. En Lui, la fidélité à son Père qui regarde tout homme comme son enfant. Par son Esprit répandu en nos cœurs, Il vient détruire le mur qui sépare les hommes qui se battent, le mur de la haine. En Lui, le pardon, la réconciliation, le don de la vie jusqu’au bout dans l’espérance que donne la fidélité de Celui qui relève d’entre les morts.

Oh mes frères, prions pour que nos cœurs changent, pour que le cœur des hommes change. Qu’aucune parole indigne ne sorte de nos lèvres, qu’aucune pensée mortifère n’habite nos intelligences, qu’aucun acte de mort ne marque nos choix.

Prions pour nos frères chrétiens les plus éprouvés afin qu’ils demeurent forts dans le témoignage à rendre à Celui qui est un Dieu de vie, un Dieu tendre et miséricordieux qui peut désarmer les violents et qui appelle « Fils de Dieu » les artisans de paix.

Amen.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Lundi 24 août 2015