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Ne laissons pas nos vains espoirs nous voler l’espérance

Dans son exhortation apostolique « La joie de l’Évangile », le pape François invite les acteurs pastoraux à ne pas se laisser volerl’espérance (n° 86).

La célébration de la Semaine sainte va nous permettre de méditer ces moments où l’espérance des disciples de Jésus va être mise à l’épreuve.
Des Rameaux à la Résurrection, que de passages à vivre,que d’espoirs à purifier avant qu’ils n’adviennent à l’espérance ! Eux qui imaginaient un Messie dominateur, voilà qu’ils doivent s’ouvrir au mystère de Celui qui s’est abaissé pour enrichir le coeur des hommes et les rendre capables d’aimer, d’espérer, de pardonner, de servir, et pour les tenir à sa suite dans une confiance inébranlable.

Ne laissons pas nos vains espoirs nous voler l’espérance.

On peut remarquer que le mot espoir est employé très souvent au pluriel, alors que le mot espérance demeure au singulier la plupart du temps. Les espoirs poursuivis peuvent nous satisfaire. Ils nous servent de projets successifs qui tracent des horizons atteignables par nos propres forces et paraissent pouvoir nous combler.
Les espoirs déçus peuvent détruire en nous le goût même d’espérer en distillant dans nos coeurs l’amertume, la déception et même la résignation.
Avec Charles Péguy, admirons la plus fragile et la plus belle des trois soeurs :

« Et au milieu de ses deux grandes sœurs
elle a l’air de se laisser traîner.
Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher
Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle.
Et en réalité, c’est elle qui fait marcher les deux autres.
Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde.
Et qui le traîne. »

« Ne nous laissons pas voler l’espérance ! »
Aux côtés de la foi et de la charité, l’espérance soutient la marche des hommes, celle des croyantstout particulièrement. Car elle n’est pas une invention humaine, elle se reçoit du coeur infini de Dieu.
L’espérance nous est ouverte à Pâques par la résurrection du Christ. Nos vies sont entre les mains du Père : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit ».
Notre force d’aimer nos ennemis et nos adversaires est encore son oeuvre : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
Oui, nous sommes faits pour Dieu.
« Ne nous faisons pas voler notre espérance ! » Ouvrons nous au désir de vivre en Dieu, de Le connaître face à face. Ne nous laissons pas voler l’espérance par les épreuves, les croix à porter, ni même par la mort.
Percevons dans ce coeur ouvert du Christ en croix la source d’amour intarissable à laquelle nous abreuver ici-bas avant d’y être plongés éternellement. Sans nous tenir éloignés des combats pour un monde plus juste et plus fraternel, ne nous laissons pas détourner de l’espérance du jour de Dieu, celui qui s’ouvre au terme de chaque vie humaine, celui qui sera donné quand Il viendra de nouveau dans sa gloire !

Et en attendant ce jour, nous espérons, nous aimons, nous ne nous trompons pas d’espérance. Dans le secret de notre demeure intérieure, nous goûtons la présence de Dieu, sûrs « qu’Il ne peut laisser ses amis connaître la corruption ! »
« Seigneur, nous attendons ta venue dans la gloire ! »

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Dernière mise à jour : Mardi 29 avril 2014