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Homélie lors de l’Ordination diaconale de Marc Padovani et ordination presbytérale de Maximilien Tran : 23.06.2013

« Vous aimez Jésus-Christ sans L’avoir vu, vous croyez en Lui sans Le voir encore ; et vous tressaillez d’une joie inexprimable qui vous transfigure ; car vous allez obtenir votre salut qui est l’aboutissement de votre foi. »
Ces paroles de l’apôtre Pierre décrivent bien la vie chrétienne. Il s’agit de cela, de Jésus le Christ, de Le connaître et de Le reconnaître comme le Fils Bien-aimé envoyé du Père pour nous sauver. Il s’agit d’accueillir l’œuvre de son Esprit répandu dans nos cœurs ! Et nous tressaillons d’une joie qui nous transfigure. La joie qui vient de la foi nous transfigure. La joie qui vient de la foi nous éclaire et nous inspire dans nos vies. Elle nous introduit dans la présence de Celui que nous apprenons à aimer sans L’avoir vu. Quelle joie nous donne la foi !
Quelle joie sur nos visages et surtout en nos cœurs, en ce moment, dans cette cathédrale de La Major !
Joie de célébrer la présence de Celui en qui nous croyons sans Le voir encore, joie de Marc et de Maximilien en ce jour de leur ordination diaconale pour l’un et presbytérale pour l’autre, joie de leurs familles, de leurs amis, joie de notre Église diocésaine qui reçoit un diacre permanent et un nouveau prêtre !

La première lecture qui nous était proposée nous parlait de la vocation du prophète Jérémie et de cette révélation de l’amour que Dieu lui portait depuis toujours, « avant même de le former dans le sein de sa mère ». Le baptême nous a tous introduits dans cette foi en l’amour de Dieu pour nous. Notre vie chrétienne, notre sacerdoce commun comme dit l’Église, consiste à retourner à Dieu cet amour créateur et sauveur, à en vivre et à en témoigner. Toute notre vie, les moments de joie comme ceux de peine, les épreuves subies et les projets réussis, tout cela, « nous le vivons dans la foi au Fils de Dieu qui nous a aimés et qui s’est livré pour nous », comme le disait l’apôtre Paul. C’est ce lien au Christ, ce lien à Dieu qui est la source de notre joie. C’est avec Lui, pour Lui et en Lui que nous rendons grâce à Dieu dans notre cœur, dans nos prières, par notre vie de charité.

Mais ce Christ que nous ne voyons pas et que nous aimons n’est pourtant pas absent, ni de nos vies, ni de ce monde. Il est là au milieu de nous. C’est à son appel que nous sommes venus ici ce soir. Son Esprit est à l’œuvre. Il se rend présent à nous d’une manière particulière et riche dans l’expérience de la vie en communauté chrétienne. Et parce qu’il s’agit de cela, de sa présence cachée mais bien réelle, le Christ a appelé des apôtres pour être avec Lui jusque dans ce moment fondateur de sa mort où Il semblait avoir disparu à jamais, puis de sa Résurrection où Il leur a révélé sa nouvelle présence, et enfin de la Pentecôte où s’est inaugurée cette présence intérieure. Il les a envoyés pour être les témoins de sa présence et les serviteurs des dons de Dieu pour tous, afin qu’ils les distribuent avec générosité à leurs frères baptisés, afin qu’ils les conduisent sur ce chemin de la marche à la suite du Christ et les assurent que Dieu n’abandonne pas son troupeau, ni aucun de ceux qui sont dans le troupeau.

Ce soir, il s’agit de cela.
Marc va être ordonné diacre permanent. Par son ministère vécu en communion avec son évêque, il va rendre proche la présence du Christ serviteur, du Christ soucieux des petits et des pauvres, du Christ accueillant. Il va rappeler cette manière dont le Fils de Dieu a vécu et a sauvé l’humanité. Le diacre nous rappelle que le Christ n’est pas venu pour être servi mais pour servir. Et il rappelle que l’Église est là non pas pour elle-même mais pour le salut de tous, en commençant par ceux qui sont au loin. Il la conduit vers la périphérie, dirait notre pape François !
Par son ordination presbytérale, par sa manière de la vivre en communion avec son évêque et non à son propre compte, Maximilien permettra à l’Église de rendre présent le Christ d’une manière éminente, nourrissante et merveilleuse dans la célébration de l’eucharistie en particulier et dans le sacrement du pardon. Mais aussi dans l’animation de la vie de la communauté, dans la présidence des célébrations, dans le partage de la Parole de Dieu, dans tout le ministère de compassion, de tendresse, d’annonce et d’envoi aussi. Il sera, vous le savez bien, frères et sœurs, un de ceux dont vous attendez qu’ils vous donnent le Christ, les signes de sa présence aujourd’hui pour nourrir votre foi, votre amour, votre confiance et votre joie.

Marc et Maximilien ne font pas carrière ! Ils sont amoureux du Christ qui les a conduits à la connaissance du Père, qui leur a donné son Esprit qui peu à peu les a ouverts à ce chemin du diaconat et du presbytérat pour le service de leurs frères, et en Église pour celui du monde. Leur joie est grande en ce jour. Leur amitié pour le Christ n’a cessé de les combler. Leur amour pour leurs frères a stimulé leur désir de leur donner le Christ, de les conduire à la foi, de leur indiquer le chemin de l’amour et du service comme un chemin de bonheur.

Marc et Maximilien, vous tressaillez d’une joie inexprimable qui vous transfigure, qui laisse apparaître qu’au plus profond de vous-mêmes, il y a la présence de Celui dont vous avez reconnu l’amour qu’Il vous porte, qu’Il porte à tout homme. Au service de la mission de l’Église, vous avez répondu à l’appel à devenir diacre et prêtre. Puisse votre témoignage interpeller de jeunes adultes à avancer sur ce chemin et encourager ceux qui, aujourd’hui, se posent cette même question de servir dans l’Église comme diacre ou comme prêtre.
Amen.

+ Georges Pontier

Dernière mise à jour : Lundi 24 juin 2013