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P.Pascal Sevez s.j, prédicateur de l’Octave, témoigne !

Une semaine de prédication à Saint Victor : une expérience, une retraite spirituelle. Le père Pascal Sevez témoigne

Il répond aux questions de Geneviève Fraysse

P.Pascal Sevez s.j prédicateur de l’Octave de la Chandeleur

Comment avez-vous vécu la prédication de l’Octave de la Chandeleur à Saint-Victor ? Concélébrer et prêcher cinq messes durant huit jours, c’est tout de même une expérience assez unique !
Comme une retraite : dans la répétition des jours et la durée de l’Octave. Certains pèlerins viennent tous les jours, d’autres ponctuellement, je me suis dit qu’il fallait que chacun y trouve de quoi être nourri spirituellement, de quoi faire un pas de plus dans son chemin avec le Christ.

Vous aviez un thème, une trame ?
Oui. J’ai voulu déployer tout au long de cette Octave la profondeur de l’oracle de Syméon à Marie lorsqu’il lui annonce que son fils va être une cause de division, va révéler les pensées secrètes, et percera son cœur d’un glaive.
Pour moi, ces lignes ont résonné, cette année, comme une annonce du combat intérieur que vit tout chrétien quand il se met à la suite du Christ.

C’est aussi un thème qu’a beaucoup développé le pape François au début de son pontificat. C’est une insistance jésuite ?
Oui et non. Oui, au sens que le discernement spirituel, cher à Ignace, le fondateur des jésuites, est une école de prière qui met à jour les mouvements, et donc les combats, spirituels qui nous habitent et nous animent. Non, au sens que tout être humain est pris dans un jeu de mouvements intérieurs et que ces choix doivent être éclairés.

Et donc pour cette Octave, comment cela a-t-il influencé vos prédications ?
Avec l’accord du Père Rast, nous avons gardé les évangiles du temps ordinaire et j’ai essayé de mettre en valeur comment Marc nous faisait progressivement entrer dans la pédagogie du Dieu de Jésus-Christ, une pédagogie bien différente de celle que nous imaginons lorsque nous pensons à Dieu à notre manière, lorsque nous l’enfermons avec notre conception de Dieu, du divin. Les textes évangéliques de Marc sont très riches et très beaux de ce point de vue.

Et alors, cette expérience, après coup ?
Très riche, pleine de grâces ! D’abord, un bain fantastique dans la foi et l’Eglise de Marseille : tous ces visages, ces démarches différentes, ces amis que l’on croise, ces inconnus que l’on rencontre pour la première fois. La fraternité des trois prêtres de Saint-Victor qui m’ont hébergé durant toute l’Octave, l’attention et la prévenance de l’équipe des bénévoles qui tiennent à bout de bras l’organisation de cette Octave. C’est un beau cadeau !
Et puis il y a la beauté, le poids chargé d’histoire de ce lieu.
Quelle gourmandise de pouvoir y prier silencieusement dans la crypte, de pouvoir faire s’élever l’attention au Christ sous ces voûtes.
Enfin, le défi d’avoir à préparer une prédication cohérente, structurée, et en même temps, de tenter de s’adapter à la spécificité de chaque assemblée.

Dernière mise à jour : Mercredi 21 janvier 2015