Accueil > Diocèse > L’archevêque : Mgr Georges Pontier > Paroles de Notre Evêque > Pentecôte : l’Esprit fait des frères

Pentecôte : l’Esprit fait des frères

Les expressions multiples de la violence dans notre monde génèrent un climat de peur, de tensions inquiétantes : Moyen-Orient,Nigéria, Pakistan, Libye, Syrie, Irak et bien d’autres. En ce qui concerne plus directement notre pays, les attentats du mois de janvier ont certes provoqué une réaction d’unité nationale,mais aussi un sentiment de méfiance qui s’exprime parfois à l’égard des Français de religion musulmane soupçonnés de pouvoir devenir, le jour venu, les islamistes sanguinaires qu’à juste titre nous redoutons et auxquels nous nous opposons.

Des chroniqueurs divers accréditent cette crainte,d’autres la resituent dans un contexte plus large,d’autres enfin veulent la dépasser.
Parmi ces derniers,beaucoup s’appuient sur le mot « Fraternité »de notre devise républicaine, remarquant qu’il est le maillon essentiel du vivre-ensemble et celui
qui maintient la recherche de liberté et d’égalité dans un juste équilibre, un équilibre toujours plus humain.

C’est ici que je voudrais puiser dans le souffle de Pentecôte la force de témoigner, dans ce monde, de l’amour universel du Christ qui a fait don de sa vie pour la multitude et qui a répandu son Esprit de telle manière que chacun, en s’ouvrant à Lui, entende sa Parole dans sa propre langue et qu’ainsi les hommes s’émerveillent d’être frères au-delà des diversités qui les constituent.

L’apôtre Paul, converti par ce souffle, n’aura de cesse d’y puiser sa lumière pour abattre les murs que les hommes dressent entre eux, les haines qu’ils entretiennent, les identités qu’ils brandissent comme des épées ou des boucliers.

L’expérience de Pentecôte doit être pour nous,baptisés, une lumière plus brillante que celle distillée par les courants identitaires qui séparent au lieu de rassembler et qui font écran à l’unique destinée qui nous constitue tous.

Nous sommes frères en humanité et nous nous humanisons quand le sort de nos frères nous importe tout autant que le nôtre propre.

Si notre monde manque de quelque chose, c’est moins de richesses, de matières premières d’air pur, que de fraternité, de solidarité, d’amour vécu bien concrètement dans les relations de voisinages et d’alliances vraies et respectueuses au sein
des relations internationales.

Nous autres, chrétiens, nous sommes habités par le souffle de Pentecôte, ce souffle de fraternité qui nous fait puiser dans notre dignité de fils de Dieu l’élan pour devenir des frères universels à la ressemblance du Christ Jésus.
C’est bien concrètement qu’il nous faut vivre cela, dans nos engagements, nos familles, nos pensées, nos propos, nos choix.

N’est-ce pas le chemin de fraternité humaine que le Fils de Dieu fait homme a emprunté pour sauver l’humanité, en révélant que la source de cette fraternité était l’égale dignité de fils de Dieu qui nous caractérisait ?

Lors de la vigile de Pentecôte, le souffle de l’Esprit sera répandu sur plus de 200 catéchumènes.
Il viendra renouveler leur coeur. C’est bien là que se joue la conversion qui fait de nous des acteurs inlassables de fraternité humaine, désireux de témoigner ainsi
de l’amour universel de Dieu pour les hommes.

+ Georges Pontier
Archevêque de Marseille

Edito du 1er mai 2015

Aller plus loin

Dernière mise à jour : Jeudi 28 mai 2015